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LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES,
MonNSIEUR LE RÉDACTEUR.
Je viens d'apprendre une nouvelle qui m'a chagriné au dernier point. Comme M. Bureau sortait de chez le coitfeur Bansley tout parfumé, le visage orné du haut en bas d'un poil noir d’'ébène, il pleuvait presque à torrents. L'illustre... provincial n'avait pas de parapluie, et son chef auguste, comme celui du plus humble mortel, dut être exposé à l'injure du temps. Soit que le cosmétique de Bansley ne fut pas comme il faut, ou que le poil du ministre, trop gras de parfums accumulés, ne fut pas bien préparé, l’eau qui coulait abondamment du ciel, entraina impitoyablement avec elle, la peinture noire qui devait faire sa fortune matrimoniale, et la distribua en larmes de deuil profondément sombres sur la tisgure, la chemise et les éclatants habits de l’honorable secrétaire. C'était à en perdre l’une des
trois vertus théologales qu'il avait choisies pour bous-:
sole et pour guide. C'est dans cet état pitoyable, que je l’ai rencontré sur les chars à son départ de Québec.
Avez-vous au moins à Montréal, des émules de Bansley, et comme lui des coiffeurs du prince de Galles, car alors le mal ne serait pas irrémédiable, et les vôtres pourraient reprendre le peinturage à son retour de Saint Rémi où, dit le Canadien, il est allé ségler des affaires de famille.
Comment se fait-il que M. Royal trouve Ie moyen d'aller passer des vacances parlementaires à Montréal, tandis que ses confrères traducteurs travaillent si fort à Québec, et que la traduction, au moins, est de beaucoup plus considérable qu'à aucune autre époque de cette session, où même des sessions précédentes ? En télégraphiant à l’Orateur il a, dit-on, obtenu son exil ;
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—Michs
LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES. 181
mais devait-il le demander dans cos circonstances, et lorsque le pays le paie pour ses services £400 par année ou plutôt par session.
Le rapport de M. Simpson au sujet des employés de la chambre, tout court qu'il est, fourmille d'erreurs de faits ; l’on en compte pas moins de quatorze dans une seule page. Il n’a donc pas été plus heureux ici, que ‘dans son appréciation de la dette publique.
Le gouvernement, pour conserver un Votant rétif dans la chambre, passait, | ÿ a quelques jours, un ordre en conseil qui sera cause d’un grand scandale dans le peuple et dans la Chambre, quand la rumeur, aux cent voix, l’aura porté jusqu’à eux.
Un employé du télégraphe, en laissant son logis pour un autre, aurait oublié, derrière lui des documents trèscompromettants pour certains ministres. Ces documents se rapporteraient à la dernière élection du comté de Perth, où M. Thomas Daly a été victorieux contre le candidat du gouvernement, M. MacFarland.
Vous vous attristiez, sans doute, il y a un instant. quand je vous racontais, sur le visage auguste de M. Bureau
&,,..du temps l'irréparable outrage ; ”
mais cette fois réjouissez-vous; la Pâque approche, et les ministres parlent d'aller à l’école. C’est M. Tessier qui à pris les devants,
Il est dans son bureau, taciturne, morose et pensif'; mais par instants, il a des mouvements saccadés et ‘apides comme ceux produits par la bouteille électrique. Il se lève tout à coup, agite violemment le cordon de la clochette.. La porte s'ouvre :——
—M, T'essier.—Michael ?.…
— Michael. —Sirrr ?.….
182 LES CHRONIQUES QUÉBECQUOISES.
M, Tessier.—Michael, go for Mr Thom.
-—Michael.—For which Thom, Sirrr ?
—M. Tessier.—Mr. Thom the schoolmaster, dont you know ?
—Michael.—Yes Sirrr, I will, What will I tell him ?
—M. Tessier.—Tell him to come, I want to speak to him.
—Michael.—All right, sirrr. Is it for you boys, sirrr ?
—M. Tessier,—That is no business of yours; do you want to tell it to Blaise?
Michael, riant et ouvrant les yeux.—Blazes, Sirrr, JT have no talk with that fellow, Sirrr. Heistoo hot for me, Sirrr ?... ah! ah! ah!
Il ferme la porte respectueusement et chemine vers la rue Sainte-Angèle, en passant alternativement par la rue Saint-Dominique, la côte de la prison et traversant la rue Saint-Jean.
Il revient un quart d'heure après, en annonçant M. Thom l’instituteur.
—M. Tessier.—Entrez, M. Thom; il y a longtemps déjà que je désirais vous voir.
—M. Thom.—Qu'y a-til à votre service ?
—M. Tessier. —Donneriez-vous des leçons de chiffres ? .
On dit que vous savez bien les règles de l’arithmétique.
—M. Thom.—Vous me faites là un bien maigre compliment. 3
—M. Tessier.—Diantre, vous êtes difficile, vous. Moi je suis ministre, et je voudrais bien qu'on püût me le faire.
—M. Thom.—Vous voulez rire à mes dépens, car je ne vois pas pourquoi vous m'auriez fait venir, pour me faire de pareilles questions.
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—M. Te les bons.