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l'administration et ont menacé de résigner, Mais il paraît qu’une entente va avoir lieu.
Entrez avec moi au bureau de l'Evénement, et nous aurons des nouvelles.
—Eh bien! M. Fabre, que pensez-vous de la crise ministérielle ? On dit qu'elle touche à sa fin, et que monsieur C. va accepter le dernier article du pro: gramme ?
—Mais mon cher, il ne s’agit pas de programme.
—Comment cela? Mais la crise n’a-t-elle pas éciaté parce que monsieur C. ne voulait pas accepter le der: nier article du programme.
—Vous n’y êtes pas, mon cher, je vais vous instruire. Vous saurez que madame X., a donné un grand bal le dix du mois courant. Or madame C. voulait aussi en donner un ce jour-là. Les préparatifs étaient faits, une partie des invitations avaient même été envoyées, lorsque madame C. apprit la date malencontreuse du bal de madame X. Ce fut un grand émoi chez les C.; madame et monsieur se rendirent immédiatement chez madame X., et la sollicitèrent de vouloir bien remettre son bal à un autre jour. Celle-ci n'avait pas encore fait ses invitations, et elle avait déjà pensé à différer, parce qu'elle n'avait pus encore reçu de France et d’Allemagne, ses vins fabriqués à Montréal. Mais elle n'a pas voulu manquer l'occasion de se venger de madame C, qui l’a éclipsée au dernier bal de Son Excellence, et elle a refusé net.
Madame C..a insisté; elle a multiplié les compliments et les douceurs, elle a appelé madame X. sa petite amie, sa très-chère, sa charmante, sa toute belle, etc., etc. Peine inutile! madame X. est demeurée ferme comme un roc. Finalement, madame C. un peu excitée, a rappelé à madame X. que la fille d’un marchand
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devrait se montrer un peu moins fière, et plus déférente pour elle. Madame X. a répliqué que la fille d’un marchand n'avait pas tant à s’incliner devant la petite tille d'un cuisinier ; et les adieux se sont faits dans un style moins tendre eucore.
Madame C. a pensé quelque temps, qu'elle pourrait peut-être faire son bal tout de même, et attirer chez elle les invités de madame X. Mais monsieur X. est premier ministre et fort estimé, elle a craint un fiasco, et elle a dû désinviter tont son monde...
— Et puis ?
-— Vous ue devingz pas le reste ? Il faut donc tout vous dire. Monsieur C. est très-lié avec monsieur B. l'autre ministre, et il l’a mis dans ses intérêts, pour se venger de madame X. De là, la crise.
— Vous plaisantez ?
—Je ne plaisante pas. Sous le régime des gouverne. ments responsables, les maris répondent des fautes de leurs femmes, et monsieur X. paie aujourd’hui pour le mauvais vouloir de sa femme. Son embarras est extrème, et monsieur C. profite d'une phrase obscure du programme pour jeter les hauts cris, et invoquer les principes fondamentaux des sociétés et de la religion.
—Mais d’où vient que l’on annonce la fin de la crise ?
—Ah! voici maintenant. Madame C. a un frère à la ‘ampagne, et ce frère a un neveu qu’il aime beaucoup. Or, ce neveu, est intimement lié à son cousin le jeune D., qui n’a pas le sou et qui sollicite un emploi. Le neveu fait tout ce qu'il peut pour servir son cousin, et il a tant insisté auprès de son oncle, que celui-ci est venu à Québec et a décidé sa sœur, madame C., à travailler pour lui. Or, la nomination du jeune homme
est du département de monsieur X. |Il a donc fallu
tenter un rapprochement, et vous pouvez imaginer que monsieur À, ne demandait pas mieux.
A présent, il est certain que madame C. x obtenu de monsieur X. la promesse formelle, que le cousin du neveu do son frère sera nommé. C'est pourquoi on x changé deux ou trois mots de la phrase obscure—qui n'est pas plus claire—et le programme sera adopté par MM. C. et B.
—Et les principes ?
Un éclat de rire est la réponse de M. Fabre; et il ajoute: Monsieur C. me ressemble, il combine un certain scepticisme politique avec une grande Nniveté de conduite.
Tel est l’homme.
En politique, il ne reconnait pas de principes, encore moins de vertus. Il voit des intérêts et des calculs, des hypocrisies et des ambitions, des piéges et des ficelles. Ne lui parlez pas de doctrines, de principes, de probité, de conscience dans le domuine politique ; il vous répondrait: ni vu ni connu.
Un écrivain qui aurait des loisirs et de la patience, ferait un travail je ne dirai pas amusant ni utile, mais curieux, en relevant toutes les contradictions de M. Fabre. Je suis convaincu qu'il n’y a pas une seule question de notre politique, sur laquelle il n'ait écrit blanc et noir, et pas un homme public, qu’il n'ait méprisé et encensé. Il a appartenu à tous les partis, et il les à tous servis dans le même style.
__ Je ne veux pas écrire sa biographie; mais pour fui
connaître le journaliste, il faut bien livrer au public a moins un chapitre de contradictions. J'entends M. Fabre s'écrier: voilà le soulier qui me blesse, ne parlons pas de ça! Maisille faut; prenez patience M. Fabre, je vais abréger.
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Je passe sous silence vos écrits dans le Pays, duns l'Ordre, et dans le Cunadien, et je me borne à l’Evénement. Il va sans dire, que je n'ai pas le courage de parcourir en entier, ce vaste répertoire de vos chefs-d'œuvre; je l'ouvre au hasard, et je mets en regard, quelqnes unes de vos opinions d'hier et d'aujourd'hui :