‹ Les Guêpes canadiennes [microforme]Chapitre 7 sur 62 · M. DAOUST, DE BEAUHARNAIS · texte numérisé non relu

M. DAOUST, DE BEAUHARNAIS

Belle Philis on désespère, Alors qu’on espère toujours.

Monsieur Daoust a le droit de figurer dans cette galerie, immédiatement après l’Enfant-Terrible. C’est lui qui, en substituant le Pays à l'Avenir a sauvé la démocratie d’un naufrage complet.

De même que M. Dorion de Montréal, n’est autre chose que son petit frère revêtu des foïmes de la civilisation, le Pays n’est autre chose que l'Avenir avec un masque. M. Daoust lui-mème est un grand, rude, vigoureux et pas très-beau garçon, qui ne laisse pas que de se faire aimer et estimer de ceux qui le connaissent.

En chambre, il parait croire que la prudence est la meilleure partie de la valeur, et surtout, préférer les délices du comité de la pipe aux charmes oratoires de ses collègues de ia Montagne. Il est vrai, qu'en sa qualité de journaliste, c'est lui, qui, sur les votes de ces messieurs, est chargé d’arranger, de corriger, de refaire et d'augmenter considérablement toutes ces improvisations, et ce ne serait pas être charitable, que de ne pas sympathiser avec son dégoût.

M. Daoust, la plume en main, malgré beaucoup d’outrecuidence et de rudesse, a généralement montré plus de tact et de bon sens, que la démocratie n’a coutyme d’en admettre. C’est pour celà sans doute. qu’il ne se lance pas dans les débats avec la même ardeur que quelques autros.

Il a porté la soutane, et semble tenir par ses allures, à effacer tout vestige de son ancien état. Il y réussira encore mieux, s’il continue à voter avec M. Brown, M. Papin et les Dorion, contre nos corporations religieuses.

Depuis qu'il est en chambre, il a prononcé un seul discours, dans lequel, ii a répété assez nonchalamment ce que les chefs avaient dit, et il s’est informé, si l’on allait abolir le droit d'appel au conseil privé.

De la part d'un homme qui, dans le Pays, depui: plus de deux ans, désigne tous nos ministres comme des incapables et des imbéciles, qui se plaint sans cesse, de ce que rien ne se fait, et de ce que rien n'avance, le véritable pays est en droit d'attendre quelque chose de plus, et il £ttend patiemment comme un brave homme de pays qu'il est.

M. JOSEPIT DUFRESNE.

“ Que dire ? Que penser ?

M. Vicær.

Cinquante et quelques années, du moins en apptrence, grosse tête, plus large derrière que devant, regard incertain, physionomie débonnaire, démarche à l'avenant, voix forte et ronflante, tel est M. Dufresne, et tel n'était pas sans doute, le marquis de Montcalm, dont ila le premier l'honneur de porter le nom dans notre législature.*

* IL fut, en chambre, le premier représentant du comté de Montcalm.

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M. Dufresne n'est pas aussi béotien qu'il en a l'air. I] parle en français et en anglais, beaucoup mieux que M. Marchildon, mieux que M. Prévost et presqu’aussi bien que M. Papin, ce qui étonnera fort ce dernier. C'est un honnête homme et un homme de bon sens fourvoyé.* . «=

Malgré celà, nous ne pourrons le laisser passer avec le signalement que lui donne le passeport du Moniteur, ni admettre que ce soit ‘un jeune homme d’une iutelligence supérieure, d'une édueation politique accomplie, et d'une indépendance de caractère à toute épreuve.”

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