‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 109 sur 241 · Saint-Simon, t. XXXIII, p · texte numérisé non relu

Saint-Simon, t. XXXIII, p

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interprété le jugement par le public contemporain, dont on orienta aussitôt la méchanceté. C'est aussi sur ces pages que la plupart des biographes ont basé leur appréciation sans aller aux sources mômes de l'affaire. Là pourtant on fait de singulières constatations. D'abord l'avocat Aubry ne 2:tlaidait pas contre l'abbé de Tencin, mais bien jjoiir lui ^

Cette lourde erreur prouve surabondamment que Saint- Simon n'assistait pas à l'audience et que tout le luxe de détails de sa relation est le résultat des récits qui lui furent faits. On sait ce que valent, en pareil cas, les narrations des gens satisfaits d'avoir vu un ennemi dans Tembarras. La fameuse pièce, que l'avocat de la partie adverse produisit, était tout simplement une copie de l'insinuation de l'acte enregistré à Beauvaiset nullement un « marché », qui constituerait une absurdité entre cet oncle et ce jeune neveu, obéissant et souple comme tous les jeunes gens de cette époque.

Quant au terrible faux serment, il apparaît qu'il est inventé de toutes pièces, non pas par Saint-Simon qui fut de bonne foi, ayant trop de plaisir à tout admettre sans contrôle, mais par ses amis qui interprétèrent à leur manière et grossirent d'insignifiants incidents. La preuve en est fom^nie par Mathieu Marais qui, lui du moins, assistait à l'audience, et dont la relation impartiale donne une impression bien différente de celle de Saint-Simon -.

« La cause de l'abbé de Tencin a été plaidée et n'a point fini. Il y avait huit ducs. Les avocats ont lâché de bons traits '. » Et plus loin : « M. de Lamoignon, l'avocat général, a très bien parlé et a montré qu'il n'y avait point d' « union » et qu'il y avait « confidence » entre l'oncle et le neveu ; qu'ainsi ni l'un ni l'autre ne devaient avoir le prieuré. Sur

1. Nous possédons des plaidoyers signés de Aubry pour M. de Tencin. L'avocat de Veissière était Julien de Prunay.

2. Journal de Mathieu Marais, 3 avril 1721, t. II, p. 112 et 113.

3. Ce détail sur les méchancetés réciproques des avocats prouve que Veissière n'était pas lui-même -k l'abri do toute critique.

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