‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 110 sur 241 · L'AFFAIRE DE MERLOU · texte numérisé non relu

L'AFFAIRE DE MERLOU

ces conclusions le prieuré a été adjugé au sieur de Veissière par l'arrêt qui a été rendu fout d'une voix. »

Mais il n'est question ni du geste théâtral attribué faussement à Aubry, ni de l'admonestation du Président dont la mise en scène est vraiment excessive.

Enfin il ne s'agit plus de « simonie » mais de « confidence » et ceci mérite explication. La confidence est une convention illicite entre un « collateur » et un « collataire » ou entre un « résignant » et un « résignataire », par laquelle le titre du « bénéfice » est séparé de la perception des fruits. En sorte que le c collataire » ou le « résignataire » ne possède qu'un vain titre pendant que le « collateur » ou le « résignant » perçoit les fruits.

La simonie, beaucoup plus grave et toute différente, est une convention illicite par laquelle on donne ou l'on reçoit une récompense temporelle pour quelque chose de saint et de spirituel, ou quand on trafique des choses saintes.

A cette époque, où tant d'abbayes étaient considérées comme de simples terres par l'abus que l'on commettait en les octroyant à des laïques, était-il possible d'assimiler à une chose sainte le prieuré de Merlou dont le caractère temporel était seul en jeu dans le procès?

Doù provient donc l'accusation de simonie, si nettement portée contre l'abbé de Tencin? Elle a pu naître de ce qu'en réalité le mot fut prononcé par la partie adverse et voici dans quelles conditions :

« Comme la confidence ainsi que la simonie, est toujours déguisée sous de faux dehors, déclara l'avocat de Veissière, elle peut être reconnue et condamnée sur des présomptions et des conjectures*. »

Ce paradoxe a suffi à certaines oreilles distraites ou à des esprits prévenus pour crier ensuite à la simonie, dont nul ne songeait à accuser l'abbé de Tencin. Mais la « confidence », blâmable en soi, exista-t-elle en fait ou simple-

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