Il reçut tous les ordres le mCme jour
L'ABBl' DE TENCIN A ROME :201
cesseurs, et il osa se risquer à dire la messe pour devenir un prince de l'Eglise, puisqu'il lui était impossible d'acquérir cette qualité par des moyens temporels. Cet homme intelligent eut, comme tant d'autres, le vertige des grandeurs et ce fut avec frénésie qu'il brigua le « chapeau ».
Lapourpre de Dubois, vaguement promise par Clément XI, devint une des conditions principales de l'élection du nouveau Pape et ce fut Tencin qui mena cette affaire.
Le cardinal Conti avait de nombreux partisans dans le Sacré-Collège. « On sonda sur sa canditature les cardinaux français qui n'y firent aucune difficulté, pourvu qu'il voulût s'ensrairer à deux choses : l'une à faire M. Dubois cardinal, l'autre à ne rien dire sur la Constitution pendant lammorité du Roi \ » Cette promesse, dont l'espèce est d'ailleurs défendue par les bulles, causa dans la suite le désespoir d'Innocent XIII et le conduisit au tombeau, dans une crainte effroyable du jugement de Dieu". Mais Dubois eut le chapeau. Pourtant ce ne fut pas sans peine, et le Régent lui-même dut s'en mêler en posant au Pape un véritable ultimatum'.
Quant à l'abbé de Tencin, il avait apprécié à quels moyens corrupteurs ou pouvait se risquer dans une certaine catégorie du clergé italien, où des princes peu fortunés vivaient en gueux et où des gueux faisaient figure de piMnce.
Le conclaviste du cardinal Conti, l'abbé Scaglione était devenu entre ses mains un merveilleux instrument d informations et d'insinuations.
« J'ai Ml presque chaque jour M. Scaglione, écrivait Tencin à Dubois, et une fois qu'il me montrait ses appartements, lesquels sont grands et mal meublés, en me disant qu'il lui faudrait cinq cents pistoles pour se meubler, mais qu'il fallait prendre patience, qu'il le ferait petit à petit, je lui dis :