‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 12 sur 241 · Agents de police · texte numérisé non relu

Agents de police

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côté qu'ils vinssent, et qui s'efforçaient, souvent avec sagesse, parfois avec naïveté, de mettre d'accord les partis les plus opposés. Antoine, grâce à l'influence de son beau-père, avait obtenu le poste de lieutenant auprès de M. Charles Velheu, juge royal de Romans, et nul ne doutait qu'il ne fût appelé à succéder à son chef^ C'était lui en effet qui supportait la plupart du temps le poids des affaires, et il conduisait toujours celles-ci avec infiniment de tact et d'impartialité pour la plus grande satisfaction des bourgeois et des commerçants de Romans. La population utile de la ville, composée de i^ens travailleurs et économes, ne désirait rien tant que le maintien de l'ordre au prix même de quelques concessions d'amour-propre, et, grâce à la modération des magistrats et des consuls, tous ces bons citadins se flattaient de ce que, malgré les luttes voisines, la paix de la cité ne serait point troublée. Mais tant d'aménité ne devait passer que pour de la faiblesse aux yeux des adversaires, et ceux-ci n'en prirent que plus d'audace. Ils en arrivèrent à déclarer qu'ils s'empareraient des églises et y feraient monter leurs ministres en chaire. Devant de pareilles menaces, le 25 mars 1560, à la fin de l'Assemblée qui venait selon l'usage de nommer les nouveaux consuls, M. Charles Velbeu, assisté de son lieutenant Guérin, ayant ouvert audience, « démontra qu'on ne pouvait pas ignorer le trouble qui était dans la ville, provenant de certains séditieux, qui se bandaient contre l'autorité du Roi et de sa justice, dogmatisant avec port d'armes, même avec arquebuses, pistolets et longs-bois - ; faisant la nuit des assemblées pour faire prêcher une nouvelle doctrine contre la sainte Eglise et ce, nonobstant que de par le

i. Les fonctions de juge royal ou juge-mage équivalaient à celles de lieutenant général. Le magistrat qui les remplissait avait les mêmes attributions que le lieutenant civil à Paris. Il jugeait les affaires civiles en première instance et dirigeait la police. Plus tard, quand Louis XIV établit des lieutenants de police dans les provinces, les attributions des lieutenants généraux perdirent beaucoup de leur importance.

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