Hallebardes
ANTOINE GUKRIN 15
Roi et la cour du Parlement il leur fut interdit à son de
I rompe, sur peine de punition corporelle et de confiscation de biens' ».
A la suite de cette déclaration, le conseil décida de demander du secours au gouvernement du Dauphiné, et le
II avril, le baron de Vinay, délégué par le lieutenant général de Grenoble, arriva à Romans. Ce qu'il apprit lui parut sans doute grave, car il mit des gardes aux portes de la ville, posa des sentinelles dans les tours pour faire le guet de jour et de nuit et s'assura de sa compagnie de soldats pour être en état, en cas d'émeute, a d'arrêter l'impétuosité des rebelles », selon l'expression même du P. Archange. « Puis, après avoir découvert les principaux auteurs des monopoles et séditions qui se faisaient, il tâcha de les gagner par douces paroles et remontrance de leur devoir. Mais après avoir beaucoup travaillé, il trouva qu'il perdait son temps et qu'il avait affaire à des gens insolents et sans crainte de Dieu ni respect du Roi. C'est pourquoi, voyant que la gangrène était à la plaie, il jugea qu'il en faudrait venir au fer et au feu'. »
Devant ces dispositions énergiques, les fauteurs de désordres se tinrent cois. Malheureusement l'entretien de M. de Vinay et de sa compagnie coûtait terriblement cher, et les consuls s'en ouvrirent à M. de la Motte-Gondrin, « qui avait été créé lieutenant de M. de Guise, gouverneur pour le Roi en Dauphiné, et se tenait à Valence ». Ce seigneur énergique et pratique les déchargea en effet des deux tiers de la compagnie de M. de Vinay, mais en même temps leur recommanda d'empêcher les séditieux de se réunir et leur ordonna, si cela arrivait, de jeter les contrevenants à la rivière, ajoutant, pour couvrir la responsabilité de ces timides bourgeois, « qu'ainsi faisant, on ferait service au Roi et à lui, plaisir. »
Mais voici qu'au mois d'octobre on s'aperçut qu'il se glis-