‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 120 sur 241 · LABDÉ DE TENCIN A ROME · texte numérisé non relu

LABDÉ DE TENCIN A ROME

vénients (jui peuvent arriver, lui écrivit Dubois, il n'y en a pas de comparables à ceux que produit la réputation d'ouvrir les lettres ; ce qui m'oblige de vous supplier de ne plus vous exposer à ce blâme, qui est le plus grand qu'on puisse vous reprocher. * »

On a encore, pensons-nous, interprété trop sévèrement cette aventure contre l'abbé de Tencin, car il est certain que les opérations du cabinet noir étaient loin d'être réprouvées (officieusement bien entendu) sous le ministère Dubois et particulièrement en ce qui concernait la cour de Rome. En voici la preuve : « Gallande ne nous fait pas moins de mal que M. de Boulogne, écrivait Tencin à Dubois au moment de son entrée en fonctions -. Tous ces gens-là ont des commerces en ce pays-ci. II faudrait tâcher de surprendre leurs lettres...

« Nous n'avons pu en ouvrir parce que je n'ai pas le secret pour leier les cachets, qu'il serait bon que vous eussiez la bonté de ni envoyer. »

Il est donc évident que la réprimande postérieure de Dubois était motivée par un détail qui nous échappe — peut-être la maladresse des opérateurs — mais non pas par le fait même de l'opération, au sujet de laquelle Tencin s'était si librement exprimé peu de temps auparavant.

Quand à la violation du secret épistolaire, elle fut pratiquée de tous temps par les gouvernements et l'on peut assurer que si parfois on crut le contraire, c'est que les préposés au cabinet noir étaient alors des virtuoses.

Du reste la correspondance intime de l'abbé de Tencin fait appai'aître un caractère droit, simple et d'une sérénité philosophique élevée. Il semble donc bien que, hors de la diplomatie, il fut en réalité d'une nature toute contraire à celle qu'on lui supposait.

Le 9 août, il écrit au président de Tencin ^ : « Je réponds,

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