M"" DE FERRIOL ET M"» AISSÉ
Je n'ai pas le temps de vous en dire davantage ; adieu, je vous embrasse de tout mon cœur. * »
Mais tant d'avis, sévères ou affectueux, ne devaient amener qu'un résultat médiocre ou momentané, et c'est à cette cause que l'on peut attribuer la brouille qui survint un peu plus tard entre l'archevêque et le Président.
Quant à Mme de Ferriol, elle avait joué, assure-t-on, un rôle que les nueurs de son époque faisaient juger moins sévèrement qu'aujourd'hui, mais qui n'en reste pas moins singulier et peu moral.
Mlle Aïssé, pom'tant délicate et prude jusqu'à l'affectation, s'était liée intimement avec Mme de Parabère. Le duc d'Orléans, l'ayant vue, en fut enchanté et, « peu fait au refus, raconte Boisjourdain, il l'entretint de sa passion, ne doutant pas quelle n'acceptât avec joies ses propositions brillantes. Mais qu'elle ne fut pas sa surprise quand elle lui répondit avec une fermeté respectueuse que jamais elle ne consentirait à devenir sa maîtresse. »
Pourtant son « aga », M. de Ferriol, était mort" et le souvenir de ce protecteur, en admettant qu'il ne fût point limité à un sentiment filial, ne devait pas confiner au désespoir chez Aïssé.
Peut-être le refus de celle-ci était-il dicté par un sentiment de délicatesse à légard de son amie Parabère, à qui elle se serait fait scrupule d'enlever son amant princier, pourtant bien volage. Toujours est-il cjue le duc d'Orléans ne perdit pas toute espérance. Il ne douta point qu'appuyé par Mme de Ferriol, à qui Aïssé avait de grandes obligations, il ne réussît enfin.
« Cette dame, continue Boisjourdain, bien plus étonnée que le duc que l'on pût refuser de telles offres, employa les motifs de l'intérêt pour engager Mlle xVïssé à les écouter;
1. Lettre inédite de Mme de Tencin au président de Tencin, 2 mars 1725. Collection du marquis de Monteynard.