‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 151 sur 241 · LE CONCILE D'EMBRUN · texte numérisé non relu

LE CONCILE D'EMBRUN

à la déconsidération qui aurait pesé sur « l'indigno juge de Soanon ». Cette assertion de leur part est sûrement inexacte, car on trouve de divers côtés que le cardinal de Fleury ne manqua jamais de donner à M. de Tencin « des témoignages d'estime et d'affection ' ».

Mais pour le succès de sa politique d'apaisement, le Premier Ministre avait fait savoir, en 1729, qu'à la prochaine Assemblée du clergé, les discussions sur le temporel seraient seules tolérées. Cette restriction ne convenait pas aux jésuites qui désiraient achever l'écrasement des jansénistes, encore dangereux.

Mme de Tencin, à qui le goût de l'intrigue était revenu avec la santé, trouva en l'absence de son frère une excellente occasion de le suppléer. Elle ne se consolait point de ce que l'éloignement de l'archevêque d'Embrun la piivât de se mêler des affaires de l'Etat. Ses liaisons passées l'avaient gâtée à cet égard et elle se résignait mal à en être réduite à quêter les nouvelles, alors que jadis elle en était la première dispensatrice.

Et puis, à côté des hommes de lettres, toute une coterie ecclésiastique fréquentait chez Mme de Tencin, car celle-ci se trouvait naturellement la correspondante principale de son frère, et sa demeure passait à Paris pour être le bureau de l'archevêché d'Embrun.

Dès que les intentions du Premier Ministre furent connues touchant les limites qui seraient assignées à l'assemblée du clergé, une certaine effervescence se manifesta dans le parti jésuite, et ce fut le salon de Mme de Tencin qui devint le foyer du mécontentement naissant.

Le cardinal de Fleury fut renseigné dès les premiers symptômes, et l'immixtion de Mme de Tencin dans les affaires religieuses lui parut Inquiétante. Il fit surveiller la demeure de celle que les amis de Soanen surnommaient déjà « la papesse », et le rapport de son agent donne quelque

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