‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 153 sur 241 · Lyon. Fonds Morin, — Pons. 206, f · texte numérisé non relu

Lyon. Fonds Morin, — Pons. 206, f

2. Ablon est un village situé auprès de Villeneuve-Sainf-Georges, à trois lieues de Paris. Il comptait à ce moment di.x-huit feu.x seulement. Mlle Aïssé, dans ses lettres, nous apprend que Mme de Ferriol avait là une maison de campagne et nous nous demandons si Mme de Tencin n'alla point tout simplement chez sa sœur plutôt que chez Mme d'Augny. Celle-ci est désignée par M. Le Dran dans un document des Affaires htrangères de la fin du xviip siècle ; mais au moment où ce document fut rédigé, les lettres de Mlle Aïssé n'avaient pas encore paru et M. Le Dran, ignorant alors que Mme de Ferriol avait une maison à Ablon, fit aller Mme de Tencin chez M. d'Augny dont il connaissait sans doute la pro-

fermier général du Dauphiné. Là, forte de sa soumission immédiate, elle écrivit au cardinal pour essayer de se justifier, déclarant avec ingénuité qu'elle ignorait la cause de son exil. Elle suppliait également son Eminence de l'autoriser à restera Ablon, afin de se soigner plus facilement, car sa santé était toujours chancelante .

Avec une courtoisie exquise, doublée pourtant d'une certaine malice, le bon cardinal lui répondit que l'on ne s'était décidé à prendre contre elle une pareille mesure « qu'après des preuves bien certaines qu'elle entrait dans des intrigues peu agréables à Sa Majesté ». Le Roi avait pourtant bien voulu lui épargner le chagrin d'un ordre de sa part, et l'aiïaire s'était ainsi passée avec ime discrétion pleine d'indulgence. M. de Maurepas \ M. Hérault- et le cardinal étaient seuls dans le secret avec Sa Majesté ^ .

(c Si vous voulez me donner votre parole, continuait M. de Fleury, de n'avoir aucun commerce ni direct, ni indirect avec MM. les Evèques qui sont ici, sur quelque sorte d'affaire que ce soit, et de no vous occuper que de votre santé ou de vos intérêts personnels, je tâcherai d'obtenir du Roi que vous demeuriez à Ablon à cette condition. Si vous gardez le secret de votre côté, il sera du mien rigoureusement observé. Je n'ai aucune envie de vous faire de la peine, mais je vous avoue que le public murmure si fort du nombre trop grand de personnes de tout état et condition avec qui vous avez des liaisons particulières qu'il ne faut pas que vous soyez étonnée que le Roi en eût été informé. »

Ces « liaisons » d'une femme de quarante-huit ans ne prenaient naturellement dans l'esprit du cardinal aucun

priété. Tout en livrant ces réflexions au lecteur, nous avons cependant respecté la teneur du document et maintenu Mme de Tencin chez Mme d'Augny.

A. Alors secrétaire d'Etat, ayant le déparlement de Paris.

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