Saint-Simon
3. Document autographe inédit. Collection du marquis de Monteynard.
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Son mari la suivit dans la tombe à un an de distance. L'indifférence de ce financier avait amené le mauvais état âo ses affaires et la ruine de sa santé. La question de la bulle Unigcnitiis seule le passionnait. « Il se mettait dans de grands emportements quand il trouvait quelqu'un qui ne pensait pas comme lui. Il n'en dormait pas et sortait à huit heures du matin pour faire part de ses réflexions ou de quelques riens qu'il avait ramassés. * »
Par exemple, ses fils étaient loin d'être aussi ardents que lui pour la cause de la religion. D'Argontal était même devenu l'ami et le confident de Voltaire. D'abord conseille)' au Parlement de Paris, il avait abandonné ces fonctions pour celles de ministre du duc de Parme près de la Cour de France. Il était d'ailleurs « le plus joli garçon du monde avec des yeux bien ouverts m"^. A vingt-sept ans (1727), il avait eu l'idée de se marier, mais cinq ou six projets s'étaient trouvés ébauchés sans résultat. « On aurait voulu, déclare Mlle Aïssé, avoir la dot et point la femme ^ . » Ensuite, d'Argental avait été fort épris de lune de ses cousines, fille du président de Tencin '*, mais bientôt il s'était tourné vers Mlle Adrienne Lecouvreur (1728), puis vers la Pellissier® dont il avait été follement aimé. Enfin, à trente-sept ans, il épousa une veuve, Mme Armand de Caumont, marquise de Montpouillan, née du Bouchet, qui eut l'avantage de fixer, momentanément du moins, ce rejeton des Tencin dont la nature ressemblait si bien à celle de ses ascendants et de ses collatéraux.
Son frère aîné, Pont-de-Veyle, de trois ans plus âgé que lui, ne s'était jamais résolu à endosser la robe de magistrat qu'on lui destinait et il avait accepté l'office de lecteur du
\. Lettre de Mlle Aïssé. août 1727.
,2. Idem., 10 juin 1728.