Il avait alors trente-cinq ans
« Adieu, Monsieur, je suis avec un véritable attachement votre très humble et obéissante
(( BK Tkncin. »
Pourtant ces « conversations de philosophes » étaient devenues si célèbres qu'à Tétranger on considérait le salon de Mme de Tencin comme une « cour du royaume des lettres », aussi intéressante à connaître que celle de Versailles.
Lord Chesterfield, l'illustre homme d'Etat anglais et le modèle du bon ton avait été présenté par Montesquieu, en 1741, chez Mme de Tencin, et Tannée suivante il écrivait à celle-ci pour lui recommander une de ses amies, Mme Cleland qui sollicitait l'honneur d'être admise dans le cénacle. La déférence de lord Chesterfield, quoiqu'elle puisse être attribuée à une extrême politesse, n'en indique pas moins quelle haute situation personnelle et bien particulière occupait alors Mme de Tencin.
« A Londres, ce 20 août 1742.
« Combattu par des mouvements bien différents, j'ai longtemps balancé avant que d'oser me déterminer à vous envoyer cette lettre ; je sentais toute l'indiscrétion d'une telle démarche et à quel point c'était abuser de la bonté que vous aviez eue pour moi pendant mon séjour à Paris que de vous la redemander pour un autre...
ce Je sais par expérience, Madame, car j'en suis moi-même un exemple, que ce n'est pas la première affaire de la sorte à laquelle votre réputation, qui ne se renferme point dans les bornes de la France, vous a exposée, mais je me flatte aussi que vous ne la trouverez pas la plus désagréable.
« J'ai suivi l'exemple de la plupart des voyageurs qui, à leur retour, se font valoir chez eux par leurs prétendues liaisons avec tout ce qu'il y a de plus distingué chez les autres.
« Ayant donc franchi le pas, je voudrais bien en profiler