Il était né en
2. Extrait des Portraits intimes du XVIII* siècle, par les Goncourt.
la plaisanterie : « trône bas, mais stable », assurent les expéditeurs :
Où vous aurez ceci de doux Qu'à la barbe, au nez des jaloux Vous y serez en paix profonde, EL que si le tonnerre gronde Ce ne sera que dessous vous.
A côté de ces cadeaux pratiques, dont le divertissement pour des esprits sérieux, pai-aîtrait étonnant si Ton ne connaissait la bonne gaieté française, on voit l'assemblée choisir des présents plus artistiques, tels que « boîte à quadrille, marteau pour casser les amandes, ou encore une balance en émail sur laquelle Mme de Tencin est peinte seule du côté qui penche et, de l'autre Junon et Minerve avec leurs attributs. » Ce joli bibelot est envoyé soi-disant par le Grand Mogol, et Piron a encore rédigé la plaisante lettre qui accompagne le paquet.
Tout serait pour le mieux, dans ce milieu intelligent dont les éléments s'unissent si bien en une même afïection pour une femme supérieure, si quelques personnages de moindre envergure ne gâtaient le tableau par leurs tendances intéressées. Tel est Astruc, l'illustre médecin, successeur de Chirac, lumière incontestée de la science médicale mais aussi, comme on le verra, assez attaché à l'argent pour accepter un héritage dans des conditions où un galant homme l'aurait refusé \
Tel aussi son gendre Silhouette, dont le nom même semble un portrait, tant ce contrôleur général fut un personnage falot, qui dut sa situation non pas à ses capacités mais à des influences habilement mises en mouvement. Celle de Mme de Tencin fut une des plus puissantes.
Malheureusement Silhouette était sans caractère, et la disgrâce ne se fit pas attendre. Sa nature éclate dans la question
4. Nous n'avons pas pu établir par des preuves officielles la race de cet Astruc, mais nous avons tout lieu de penser qu'il était Israélite.