‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 177 sur 241 · LES ŒUVRES DE M-"» DE TENCIN 3H · texte numérisé non relu

LES ŒUVRES DE M-"» DE TENCIN 3H

Ccpcndanl il faut se séparer, et le jeune homme est enfermé dans une tour au milieu des pins.

Le fidèle Saint-Laurent, vieux serviteur, veille sur lui avec le désespoir d'être obligé de le garder prisonnier, mais aussi avec la plus scrupuleuse obéissance à la consigne qu'il a reçue du Marquis.

Un beau jour, une lettre attachée à une pierre, lancée du dehors dans la fenêtre de la tour, apporte au jeune homme des nouvelles d'Adélaïde. Elles sont terribles. La jeune fille, sachant qu'on tiendra le jeune homme prisonnier tant qu'elle ne sera pas mariée, s'est résolue à épouser le comte de Bénavidès, pour qui elle n'éprouve aucun sentiment. Aussitôt le comte de Comminge demande à Saint-Laurent huit jours de liberté et le serviteur, bouleversé mais toujours fidèle, hésite, lorsque par bonheur Mme de Comminge vient ellemême chercher son fils. Le mariage d'Adélaïde est consommé. Après un moment de désespoir bien naturel, le jeune comte rentre dans ses foyers, et bientôt il revoit sa bien-aimée.

Reproches, larmes, couplets d'amour et déclaration aux genoux de la dame, tout s'enchaîne normalement. Et voici que Bénavidès en personne apparaît et tire son épée, tandis ([ue son épouse, pourtant toujoiu's pure, s'évanouit.

Comminge tue Bénavidès, ce qui ne laisse pas que de compliquer singulièrement la situation, car on emprisonne le meurtrier.

Mais le beau-frère d'Adélaïde, don Gabriel de Bénavidès, qui fut éperdument amoureux (lui aussi !) de sa belle-sœur, fait échapper par dévouement pour elle le prisonnier, qui se retire dans un couvent. Ici se place un dénouement imprévu.

Le comte de Comminge est moine depuis trois années, lorsque le Supérieur réunit tout le couvent pour assister aux derniers instants d'un religieux, et celui-ci fait sa confession devant les pères. Oh! stupeur! c'est une femme, Adélaïde elle-même qui s'est introduite, à la faveur de la robe de bure, dans ce monastère où vivait celui qu'elle avait toujours aimé. Elle meurt, et Comminge supplie le P. Supérieur de le laisser

se retirer dans Y ermitage. « J'y suis depuis plusieurs années dit-il en terminant, n'ayant d'autre occupation que de pleurer ce que j'ai perdu. »

LE SIÈGE DE CALAIS (1739) PREMIÈRE ET DEUXIÈME PAllTIES

Page 1