ANECDOTES DE LA COUR ET DU RÈGNE D'EDOUARD II
(Œuvre posthume terminée par Mme Elle de Beauraont',)
Gaveston. Gentilhomme de Guyenne, favori d'Edouard II qui le fait comte de Cornouailles.
Duc de Lancastre. Cousin germain du roi et fort jaloux de l'élévation de Gaveston.
Mortimer. Seigneur d'une des premières maisons de Normandie.
Comte de Pembrock. Amoureux de Mlle de Glocestre.
Comte dcVarcich. Seigneur.
Comte d'Arondel. Seigneur.
Comte de Glocestre. Frère de rhéroïne principale.
Le chevalier aux armes noires. Connu plus tard sous le nom de Comte de Saint-Martin.
Isabelle. Fille de Philippe le Bel.
Mlle de Glocestre.
Mme Sterling. Belle veuve, maîtresse du comte de Glocestre.
Mlle de Lascy.
Mlle de Lancastre. Terrible nature.
Juin. Valet assassin.
Nombreux comparses.
C'est la fin du règne d'Edouard I".
1. Anne-Louise Morin du Mesnif, née à Gaen en 1720, épousa en 1750 M. de Beaumont, jeune avocat, qui devint illustre par des mémoires judiciaires. Elle écrivit elle-même divers ouvrages dont le plus connu est intitulé : Lettres du marquis de Rosette.
A l'occasion du mariage d'Isabelle, fille de Philippe le Bel, avec le prince de Galles, on prépare de nombreuses réjouissances en Angleterre et en France. Sur ces entrefaites, une révolte des Ecossais force le roi ii,douard et le prince de Galles à retarder leur voyage à Boulogne ; mais Gaveston est envoyé d'avance par le royal fiancé pour annoncer sa prochaine arrivée. Le courtisan, par simple galanterie, fait la cour à Isabelle, sa future souveraine, et, à ce jeu, tous deux se prennent d'un amour réciproque. Mais bientôt les fêtes commencent, et Mlle d-e Glocestre attire tous les regards, entre autres ceux du sérieux Pembrock et du volage Gaveston. Ce dernier, pour mieux ser approcher de la jeune fille, achète un parc voisin du sien, mais tout ce qu'il peut faire, c'est de lui passer une lettre. Il n'en était pas môme besoin, car les héros de Mme de Tencin n'ont qu'à paraître pour se faire aimer, et Mlle de Glocestre, malgré la méfiance que lui inspire la fidélité de Gaveston, s'éprend follement de lui.
N'était-il pas, selon l'expression de Tauteur, « l'homme le mieux fait de la Cour »"? Cette importance accordée aux qualités physiques n'est pas le trait le moins original de ces romans.
Bref, malgré les avertissements bien sages, mais aussi bien intéressés de Pembrock, Mlle de Glocestre épouserait Gaveston, aujourd'hui duc de Cornouailles, si une bague révélatrice, donnée à une femme de chambre, ne venait dessiller les yeux de la jeune fille. Aussitôt, un mariage est projeté entre elle et lord Pembrock, qui la presse de nouveau. Ici elle a un mot charmant. « La raison était pour lui, dit-elle, mais mon cœur n'en était pas d'accord. »
Elle songeait encore à Gaveston. Tellement l'homme aimé, même infidèle, conserve d'empire sur ce qu'il a eu le bonheur de conquérir.
Cependant Gaveston ne se rebute point et, soutenu par le propre frère de la jeune fille, il essaie de reconquérir le terrain perdu.
Un grand tournoi, dans lc(iuel il bal tous ses rivaux, favo-