‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 186 sur 241 · Le duc de Sainl-Aignan, p · texte numérisé non relu

Le duc de Sainl-Aignan, p

o. C'est-à-dire : un chef d'office, celui qui découpait les viandes.

gent, un suisse, un postillon, quatre charrettes avec des « valledrapés » d'emprunt aux armes de M. le Cardinal, huit coureurs à la livrée de M. l'Ambassadeur, deux de l'abbé de Canillac avec un attelage de ce prélat, fort leste et fort galant : telle fut l'entrée de M. le Cardinal.

« Il faut dire vrai, nos Romains n'en ont pas été contents ; nous avons eu beau leur dire que M. le Cardinal veut vivre en bon ecclésiastique et montrer de l'éloignement du luxe et de la mondanité ; cela ne les satisfait pas. Ses amis, môme les plus intimes, n'ont pas goûté cette grande simplicité ; elle est trop ecclésiastique, disent-ils ; il fallait quelque chose de plus. »

Le mercredi suivant, jour du consistoire, M. de Tencin reçut solennellement le « chapeau » des mains du Pape, dont l'état de santé s'était amélioré et qui lui fît un fort beau discom's .

Dès lors le cardinal, installé à Rome sans titre officiel, renoua ses relations passées et commença les « approches » qui devaient lui faciliter sa tâche de conclaviste et, plus tard, celle d'ambassadeur.

Le président de Brosses, qui se trouvait en Italie, donne de M. de Tencin et de sa situation une esquisse qui peut être tenue pour sincère, car Tauteur était impartial et d'ailleurs désintéressé dans la question.

« L'archevêque d'Embrun, écrit-il, est dur, haineux et vindicatif par tempéraments grave et politique par état; aimerait par goût le commerce du monde et des femmes ; souple et ambitieux à la cour de France, fier et hautain à celle de Rome, représentant bien et tenant un plus grand état que nul autre : très redouté, très considéré, très accrédité. On a ici une opinion de sa capacité au moins égale à tout ce qu'il en peut avoir. Joignez à cela que le nom du Roi de

1. Il est bon de rappeler que le président Ilénault déclare que le cardinal de Tencin était « doux et insinuant », et que le duc de Luvnes (23 juillet 1743) emploie les mômes expressions. Ce qui indique que M. de Tencin à l'étranger prenait une allure plus autoritaire qu'en France.

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