‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 199 sur 241 · Ministre des Affaires étrangères · texte numérisé non relu

Ministre des Affaires étrangères

« Comment faire pour en instruire le Roi? Voilà la difficulté, car Voltaire ne correspond qu'avec Amelot...

« Maurepas et tous les autres ministres sont toujours plus contraires à mon frère. Pour moi, je suis persuadée qu'ils le desservent autant qu'ils peuvent dans leurs travaux particuliers. Quel remède à cela ? Je n'en vois aucun que de continuer à faire son devoir. »

Cependant Mme de Tencin avait appris depuis le mois de janvier que le contrôleur général, M. Orry*, pouvait bien être à la solde de l'Angleterre. « Ce qui le fait soupçonner, expliquait-elle à Richelieu, c'est qu'il s'oppose toujours à ce que nos armées reviennent sur nos frontières, qui moyennant cela sont exposées aux insultes des Anglais. »

Et puis elle cherchait toujours le moyen d'avertir Louis XV que l'incapacité d'Amelot empêcherait le Roi de Prusse de traiter avec ce ministre. Elle finit par s'aviser d'un moyen très simple et bien féminin.

On fera saisir au cabinet noir, pour quelle soit montrée au Roi, une lettre de Wernck, envoyé du prince des Deux- Ponts. Cette lettre sera écrite par une main inconnue et, pour qu'on ne se doute pas de son origine, on y glissera des phrases allemandes.

« Il faudrait, précise Mme de Tencin -, l'écrire sur du papier de Francfort. Voici à peu près comme j'imagine qu'il faudrait l'écrire :

« Mon cher Ami,

« J'ai fait honneur à la vôtre. L'homme qui avait fait des avances est remboursé. »

Après un début insignifiant sur ce ton, destiné si habile-

1. Et non point Maurepas comme on l'a écrit par erreur. Celte lettre e'st la suite naturelle de deu.x autres (6 janvier et 18 juin). Or, c'est sur le contrôleur cjénéral (Orry, qui occupa ces fonctions de 1730 à 1745), que se portent les soupçons.

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