‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 20 sur 241 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Les paysans s'assemblent, achètent des armes et s'organisent. — Ils courent sus a tous les gens de guerre. — Le parti des

VILAINS , GUIDÉ PAR LA CORPORATION DES DrAPIERS DE ROMANS, choisit un CHEF NOMMÉ POMMIER. — CeLUI-CI VEUT JOUER AU TYRAN,

MAIS Antoine Guérin lui tient tète. — Catherine de Médicis PASSE A Romans. — Son entrevue singulière avec Pommier. — Discours d'Antoine Guérin. — Ses habiles manœuvres pour préparer LE parti des hommes d'ordre. — Organisation du premier

« REYNAGE », BIENTÔT SUIVI D'UN AUTRE, PLUS SOLENNEL. — Le BAL

COSTUMÉ. — L'attaque des vilains. — Les amis d'Antoine Gl'érin

PRENNENT l'oFFENSIVE ET TUENT PoMMIER. — IIeUREUSE PANIQUE QUI ÉLOIGNE NEUF CENTS PAYSANS. — EXÉCUTION DES MENEURS ET PACIFICATION DÉFINITIVE DE LA VILLE.

Malgré l'édit de pacification dont la majorité des Français attendaient pourtant un lieureux effet, les guerres de religion se succédèrent furieusement, répercutant de trêve en trêve comme un vilain cri de haine dans l'écho de l'Histoire. En Dauphiné, Lesdiguière, Thabile et redoutable petit partisan devenu grand capitaine, donnait le branle aux protestants ; Maugiron, lieutenant général du Roi dans la province, tenait la campagne contre lui. Tandis que huguenots et papistes se disputaient les places fortes et saccageaient les campagnes, voici ce qui se passa au commencement de l'année 1570 dans le voisinage de Romans.

Les habitants de Chantemerle et ceux de Marsas s'assemblèrent au mois de janvier, sous couleur d'un « reynage ». Cette fête populaire, qui était de tradition, consistait en des joutesdont le vainqueur était proclamé Roi'^ de la Jeunesse et

1. D'où le mot reijnar/e ou regnnçie, car on le trouve écrit des deux façons.

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