‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 201 sur 241 · Lo médecin, grand ami de Mme deTencin · texte numérisé non relu

Lo médecin, grand ami de Mme deTencin

avec laquelle il fit tous ses petits compliments à mon frère et avec quel plaisir mon frère les recevait. « Je sens, me dit-il, de la tendresse pour cet enfant. »

«Ils furent bientôt bons amis. M. de Fronsac fit toutes ses petites confidences. C'est la plus aimable créature du monde. Nous sommes peut-être les seuls, mon frère et moi, qui vous aimions assez pour ne lui avoir rien donné à son goûter. Il mange son pain très sec...

« Vous allez juger si nous sommes bien ensemble. J'étais un peu malade ; il j)ria son ami l'abbé Blot de venir le lendemain savoir de mes nouvelles, et cela sans que personne le lui inspirât. »

Cependant, la cabale de certains membres du conseil du Roi contre l'archevêque de Lyon subsistait, et Mme de Tencin s'apercevait avec stupeur que, pour combattre son frère, les ministres hostiles avaient la malignité de s'entendre dans le but de faire systématiquement rejeter pai* le Roi toutes les propositions du Cardinal et de les reprendre ensuite peu de temps après pour leur propre compte.

Grâce à d'insignifiantes modifications. Sa Majesté ne s'apercevait point du tour, et Tencin, par respect pour la présidence royale, n'osait point récriminer.

Heureusement Richelieu était encore un épouvantait pour tout ce monde que, lors de ses retours, il pétrissait à sa guise, et c'était Mme de Tencin qui, pour sa plus grande satisfaction, lui préparait sa pâte.

« Les ministres sont très contents, écrit -elle le 13 août 1743. Aucun ne s'embarrasse de la chose publique.

« Le maréchal ' et mon frère sont les seuls qui s'y intéressent. Il faut bien se servir de votre d'Argenson, quoique vous le connussiez pour mauvais quand vous êtes parti. Il n'est pas devenu meilleur, mais il faut prendre patience et dissimuler. »

L'occasion d'attaquer ce ministre de la Guerre ne tarde

Page 1