‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 205 sur 241 · Mémoires de Barbier, t. IV, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Barbier, t. IV, p

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l'égard de la Reine; elle a eu les conseils de sa mère, qui a de Tesprit comme quatre diables, et de Mme de Tencin, sœur du cardinal, qui est devenue son amie et qui est plus parfaite politique encore que son frère.' » Dans le peuple on appelait Mme de Tencin « la marraine de la Pompadour».

Mais la filleule, devenue « presque reine », se déroba finalement à toutes les influences, et dès lors les deux Tencin, lassés, elle des hommes et lui de ses collègues, aspirèrent an repos.

Mme de Tencin se remit à écrire, et c'est aux loisws forcés de ses dernières années que l'on doit l'une de ses meillem^es œuvres : Les malheurs de l'amour, comme aussi : Les anecdotes de la cour et du règne d'Edouard II, roman laissé inachevé, que termina Mme Elie de Beaumont.

Après avoir recherché au Palais-Royal la vie à outrance et l'activité des sens, après avoir ensuite savouré dans les intrigues de Versailles les délices des victoires secrètes et parfois l'angoisse qu'éveillait la découverte des cabales, cette femme si puissamment organisée sentit enfin 1 âge s appesantir sur ses épaules, sinon sur son cerveau. Elle avait déjà du goût pour la philosophie, elle en eut pour la solitude. Avec sa petite maison de Passy, où elle s'isolait déjà de certaines de « ses bêtes », elle possédait dans l'île de Ré unejolie villa', la Grenetière, où elle se rendait fréquemment. Là, elle se reposait, se reprenait et donnait aux

1. Mme d'Etiolés devait Otre elle-même assez bien préparée à l'événement, car lorsqu'elle avait neuf ans, une diseuse de bonne aventure lui avait prédit qu'elle serait un jour la maîtresse du Roi. Faisons observer que cet emploi, fort recherché et point déshonorant à cette époque, faisait partie des lieux communs utilisés par les magiciennes pour satisfaire leur clientèle. Tout le monde connaissait la galanterie de Louis XV, et lorsqu'une très jolie femme demandait son horoscope, on avait chance de tomber juste en lui promettant qu'elle serait remarquée par le Roi. Mais Mme de Pompadour ne raisonna point de la sorte, car on trouva dans le relevé des pensions payées par elle : « six cents livres à la dame Lebon pour lui avoir prédit à' l'âge de neuf ans qu'elle serait la maîtresse de Louis XV ».

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