Revue des Soc. sav. des départ. 1863, t. s. p
Sa Majesté et lui rendit compte des derniers événements.
Catherine de Médicis déclara qu'elle prierait le Roi son iils de vouloir bien pardonner aux habitants de Romans de s'être élevés contre lui, pourvu qu'à l'avenir ils fussent plus sages, ajoutant que s'il en était autrement, le roi de France saurait bien les faire châtier et leur imposer leurs devoirs.
Antoine Guérin, comprenant à qui s'adressaient ces menaces, saisit l'occasion pour entamer avec la Reine un rapide colloque dont la répercussion fut considérable, à tel point que, s'il eût été concerté d'avance, il n'aurait pu se dérouler en termes plus opportuns.
Ce serait enlever toute saveur à cet incident que de changer un mot à la relation qu'en fit Guérin lui-même.
« Madame, il y a tant de gens de bien on cette ville qui ne sont en rien consentants en cette élévation ^ qu'ils voudraient bien supplier Votre Majesté qu'advenant une punition, il n'y fussent compris, déclarant qu'il ne tient qu'à eux que Sa Majesté et sa Justice ne soient reconnus, comme vrais sujets doivent reconnaître leur Roi et prince souverain ».
A quoi Sa Majesté répondit :
« Quand l'on veut faire une punition d'une ville ou d'un lieu rebelle, on ne va pas choisir ceux qui sont cause du mal, car l'on punit tous sans en faire différence; tellement que le plus souvent les bons pâtissent pour les mauvais. »
A quoi répliquant, le juge dit :
« Madame, nous vous supplions donc de nous commander ce que nous avons à faire pour éviter la dite punition. »
Lors, Sa Majesté répondit :
« Pour éviter tout cela, il faut que les gens de bien se rendent les maîtres. Il n'est pas raisonnable que pour une vingtaine ou une trentaine de séditieux, qu'il y a en cette ville, tout le reste des gens de bien en endurent. »
Ces paroles, proférées de la bouche de Sa Majesté avec une commisération qu'elle montrait avoir des gens de bien de