SAINT-FERREOL DEVOILE LE COMPLOT
d'emporter la belle écharpe de soie de l'abbaye de Bongouvert...
Saint-Ferréol, avec sa compagnie de cent hommes de pied, se chargea de la garde de Romans, dont il fut nommé gouverneur Tannée suivante en récompense de sa belle conduite. Dès le lendemain de la prise de la citadelle, la démolition de celle-ci fut commencée. Les matériaux servirent à réparer plusieurs églises, et l'emplacement fut donné aux capucins pour rétuhlissemontd'un couvent. Enlin \'d maison du Roi, habitation du gouverneur, fut rasée par ordre du Parlement. Ainsi se termina cette aventure dans laquelle Romans avait failli passer à la Savoie, momentanément du moins.
Dès lors, aucune secousse guerrière ne devait plus pendant longtemps troubler la cité laborieuse et, lorsqu'en 1599 l'édit de Nantes fut publié à Romans, le calme y régnait déjà depuis deux ans. A présent, il est bon de remarquer, comme le fait très judicieusement M. le D"" Ulysse Chevalier ^ que les guerres civiles du xvi" siècle, sous prétexte de la liberté de conscience, avaient pour but l'anéantissement de l'autorité royale et, qu'après quarante ans d'horribles excès, elles aboutirent au triomphe du pouvoir absolu. ^Nlais Henri IV et ses successeurs ne devaient pas oublier quel danger avaient fait courir à leur trône les ambitions de la noblesse féodale et, par opposition, quel appui dévoué avaient apporté à la cause de l'unité de la France les petits gentilshommes et la bourç^eoisie.
Richelieu, par sa politique d'écrasement des grands seigneurs, précisa les tendances de la monarchie à chercher sa force parmi ceux qu'une élévation progressive devait attacher au pouvoir, dont ils attendaient tout pour eux-mêmes et leurs descendants ! — Là est la clef de la prospérité si rapide de certaines familles, dont les membres intelligents, mais de noblesse récente, atteignaient de hautes situations : auxi-