‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 32 sur 241 · Annales de la ville de Romans · texte numérisé non relu

Annales de la ville de Romans

liaires utiles mais peu traditionnels, que le maréchal do Noailles, au x\ iif siècle, appelait des « poêlons » \

Si les Guérin furent des « poêlons », ils goûtèrent du moins, de père en fils, la joie orgueilleuse de voir leur lignée suivre régulièrement pendant deux siècles une marche ascendante.

Henri-Antoine eut sept enfants, dont cinq entrèrent en religion'. Des deux autres un seul, François, émergea dans le monde et continua la progression des Guérin en devenant conseiller au Parlement de Grenoble, tandis que le reste de sa famille disparaissait dans les monastères.

Faut-il voir là toujours le résultat d'appels purement divins ou bien celui de l'influence des parents ? Malgré notre croyance aux vocations sincères et irrésistibles, nous pencherions volontiers pour la seconde hypothèse. En effet, à cette époque oi^i la formation sociale traversa une de ses plus violentes crises, la tendance générale des familles qui prenaient leur essor fut de conserver intact le patrimoine, sans cesse amélioré, afin de laisser à l'héritier le plus apte le moyen de se hausser davantage. On calculait fort justementque, si des parts étaient enlevées aux garçons et des dots rognées aux filles, les uns et les autres trouveraient dans la suite, par le prestige et l'influence du frère bien nanti, une ample compensation aux avantages dont on les privait momentanément. Un homme influent pouvait obtenir des régiments, des charges, des prébendes dont il gratifiait ses proches. Mais pour conquérir et conserver cette influence, il fallait être en état de « faire figure », et l'on a vu des familles s'imposer pendant plu-

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