‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 40 sur 241 · L'auteur de l'histoire du Uuuphinê · texte numérisé non relu

L'auteur de l'histoire du Uuuphinê

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si ces dames ne l'en priaient et qu'enfin tout se passerait de manière à ne donner que de la satisfaction ».

En effet, l'évêque sut faire revivre l'ancien aumônier de la Cour et se montra charmant.

Hélas ! Tannée suivante, presque jour pour jour, les chanoinesses effarées recevaient signification d'une ordonnance que l'évêque venait de iaiïve. sur un pré tendu « verbal » de sa visite du 12 avril 1683. Il leur était enjoint « de mettre, en six mois pour toute prélixion et délai, leur maison, enceinte cour et jardin, allées, promenoirs et autres lieux qu'elles voudraient, dans leur intérieur et de faire poser des grilles au |)arloir ».

La nouvelle prieure, Marie de La Ci'oix de Chevrières, en appela immédiatement comme d'abus devant le Parlement de Grenoble et l'affaire rebondit de juridictions en juridictions jusqu'au Conseil du Roi.

On a raconté que pendant ce temps, Tévèque, outré de voir son autorité tenue en échec, aurait voulu imposer la clôture aux religieuses pai' la force et que, se mettant à la tête d'une troupe de maçons qui portaient les matériaux nécessaires, il était monté à l'assaut du couvent, non pas pour y pénétrer mais au contraire pour empêcher qu'on en sortît. Les ouvriers avaient déjà commencé à élever un mur devant la porte, quand la prieure apparut et leur interdit de continuer. Alors l'évêque, voyant ses hommes hésiter, se serait mis lui-même à l'ouvrage. Mais à mesure qu'il plaçait des briques la prieure les enlevait, assure le conteur, et les ouvriers d'un côté, les nonnes de l'autre, auraient assisté ébahis, à cette joute d'un nouveau genre dans laquelle un prince de l'Eglise s'efforçait d'imposer son autorité, tandis que la religieuse oubliait son voile pour ne songer qu'à l'écusson seigneurial de Montfïeury, dont les privilèges relevaient directement du Roi.

Malgré le plaisir que nous aurions eu à admettre cet original épisode, nous devons avouer que nous ne croyons guère à son authenticité.

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Quoi qu'il en soit, la victoire, qui avait semblé d'abord pencher du côté de l'évêque grâce à la cour de Rome, resta finalement aux religieuses grâce à Louis XIV, qui rendit une ordoiniance annulant celle de M. Le Camus. Il est vrai que le Roi avait été froissé d'une grosse maladresse de l'évêque au moment où celui-ci avait été nommé cardinal (1686) ', et (fu'il n'était pas fâché de prendre une revanche.

Depuis cette époque, le royal monastère fut affranchi do toute clôture et le cardinal se consola en se drapant dans sa ])ourprc et en se faisant aimer des pauvres.

Mais, on le voit, les dames chanoinesses de Montfleury n'étaient pas de banales institutrices, destinées à apprendre succinctement à leurs élèves la grammaire et l'arithmétique ; elles étaient capables aussi, grâce à leur intelligente activité et à leurs traditions séculaires, de former ces jeunes cerveaux féminins, issus de l'élite du pays, et de leur inculquer avec l'élévation et la fierté des sentiments, cette simplicité charmante qui fut toujours la caractéristique des grandes dames authentiques.

C'était parmi elles que Mlle de Tencin allait développer ses grâces naturelles et la distinction de son esprit, qui devaient faire de l'arrière-petite-fdle du colporteur une des femmes célèbres du xviii^ siècle.

1. M. Le Camus avait obtenu cette dignité sans avoir été présenté par le gouvernement français, et il avait coiffé le chapeau sans demander au Roi d'aller le recevoir de ses mains, comme cela devait se faire.

François de Guérie de Tencin.

Président à mortier au Sénat de Savoie (1697).

(Galerie du château de Tencin au maj-quis de Monteynard.i

Cliché de Pircardv — Grenoble.

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