‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 48 sur 241 · Enquête de l'officialité. Arch. de Grenoble · texte numérisé non relu

Enquête de l'officialité. Arch. de Grenoble

père lui défendit encore de se mêler de cette affaire. Alors Angél ique s'adressa au P. Rebuffet, qui l'avait déjà sauvée ellemême en pareille occurrence, afin qu'il fît le nécessaire pour empêcher Alexandrine de prononcer ses vœux. Celui-ci promit à Mme de Ferriol d'aider sa jeune sœur « dans tout ce qui dépendrait d'elle », mais lorsque le bon prêtre, qui avait ses entrées à Monttleury, vint se mettre à la disposition d'Alexandrine de la part de sa sœur aînée, la malheureuse, anéantie, lui répondit qu'il ne lui restait plus c(u'à obéir.

La veille, en effet, son père était venu la voir et l'avait emmenée, seule avec lui, dans la « chambre neuve », destinée aux dignitaires qui s'arrêtaient à Monttleury. Il ne voulait pas être dérangé pendant cet entretien, qui devait être décisif. Au bout d'un certain temps, il eut soif et Alexanch-ine appela Marie Gelle, la servante attachée à son service ', afin qu'elle allât chercher quelque rafraîchissement. Quand celle-ci revint, elle trouva sa jeune maîtresse en larmes à genoux devant son père, le suppliant avec des sanglots de ne pas la forcer à se faire religieuse. La servante, interdite, s'arrêta et elle entendit le président répondre durement « qu'il fallait absolument qu'elle prît ce parti, qu'il n'avait pas d'autre établissement à lui procurer ; que si elle ne voulait point s'y résoudre, il la réduirait à un état qui lui conviendrait encore moins, et que au contraire, si elle suivait son dessein, il lui promettait toutes les douceurs possibles, dont elle serait contente "^ ».

Devant cette férocité, qui semblait sans doute à M. de Tencin un procédé de père prévoyant, Alexandrine sentit naître en elle cette souplesse diplomatique et cette finesse dans l'intrigue qui sont les traits principaux de sa figure dans l'Histoire.

' i. Les dames de Montfleury pouvaient jouir d'un certain confortable. Il leur était loisible de faire arranger leur chambre ù leur goût et même de faire construire un ])avillon spécial qui demeurait affecté ù leur logement pendant leur vie.

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