Histoire des Hautes-Alpes, par Ladoucette
3. Le Briançonnais au commencement du XVIIb siècle, par M. de la Blottièpe, publié par M. de Rochas.
excellence, éclose autour d'un gué que venaient franchir jadis les trafiquants, développée par lesmarchands eux-mêmes et habitée par une population laborieuse et indépendante dont l'ambition était de se haussera l'égal des grands centres. Et puis, dans ses fréquents passages, parmi les sympathies qui l'accueillaient Guérin en avait sans doute distingué une en particulier, et c'était plein de confiance dans l'avenir qu'un beau jour il s'était trouvé, non sans, quelque émotion, en face des murailles derrière lesquelles il allait abriter désormais sa famille et ses deniers.
S'il arriva, comme c'est à peu près certain, par le haut do la ville, il put voir d'abord s'allonger les nouveaux remparts, terminés depuis un siècle à peine, avec les tours et les pontslevis qui s'échelonnaient de place en place. A côté de la porto de l'Aumône — la plus proche — se dressait sur le Mont Ségur* la fameuse tour de l'horloge dont les Romanais étaient si fiers, et qui pointait vers le ciel sa haute flèche fleurdelisée, tandis qu'à l'extérieur de la lanterne, à la hauteur des cloches, un singulier mannequin de bois, taillé comme à la hache, se dressait debout, un marteau à la main, prêt àfrapper les heures. On l'avait baptisé Jacques Marteau par analogie avec « Jacques Bonhomme », le paysan qui supportait les corvées sans se plaindre.
Jacques Marteau était devenu par corruption : Jacquemart, et depuis bientôt un siècle que, fidèle à son poste, il annonçait l'heure à la contrée, l'automate s'était acquis une célébrité qui ne devait point décroître ^
Plus loin, c'était la grande église dont saint Barnard avait été le fondateur, il y avait déjà six siècles, et dans laquelle,
4. Ou Mont de Sûreté. Ce nom avait été donné à une citadelle dont la base de la tour Jacquemart semble être un débris et qui avait été construite par le chapitre à la suite d'une révolte des Romanais. Elle devait servir de refuge en cas de récidive.
2. La plupart des détails qui concernent la ville de Romans sont puisés dans le très intéressant ouvrage de M. L. Vinay : Es<;(n sur les monuments de Romans, dont les éléments scrupuleusement exacts constituent un document de premier ordre.