Fonds Morin-Pons, 206. Bibl. de Lyon
2. Peintre et poète, né à Paris en 16j6, mort à l'hospice des Incurables en 1745. Il se livra d'abord à la peinture et fit, entre autres, un bon portrait du cardinal de Fleury. Vers l'âge de soi.xante ans, il se mit à travailler pour le théâtre et donna plusieurs pièces assez médiocres au théâtre italien et au théâtre français (biogr. d'Hœffer).
3. La Motte (Ant. Boudard de) littérateur, né à Paris en 1672, mort en 1731, était fils d'un chapelier et étudia chez les jésuites. Il est l'auteur d'opéras, de fables et de comédies : Le Magnifique, L'Amant difficile, etc.
i. Saurin (Joseph), géomètre français, né en 1659 à Courthéson (principauté d'Orangei, mort en 1737. Il collabora au Journal des Savants.
Enfin, pour terminer la première série des erreurs qui s'accréditèrent sur le compte de Mme de Tencin, il faut signaler celle qui fit d'Alexandrine une chanoinesse de Neuville. Il y a là un des exemples les plus extraordinaires des méprises que les contemporains eux-mêmes peuvent commettre et que les historiens confiants reproduisent tout naturellement.
Dans de nombreux mémoires du temps, on trouve que Mme de Tencin, après avoir été renvoyée plus ou moins précipitamment du couvent de Montfleury, se retira au monastère de Neuville et se fit recevoir chanoinesse. D'abord le chapitre de Neuville, un des plus sévères pour la naissance, exigeait des preuves de noblesse jusqu'à la sixième génération, et Mme de Tencin n'en pouvait fom'nir que jusqu'à la cinquième. Il ne saurait d'ailleurs être question d'un autre monastère de Neuville aux environs de Lyon. Il n'en existe pas. Mais la preuve absolue que Mme de Tencin n'y entra jamais est fournie par le registre capituIaireV Ce document pourrait être comparé au livre de bord d'un navire ou encore au recueil des procès- verbaux d'une société. Il contient la vie même du couvent avec tous les battements de son cœur, ses joies, ses tristesses, ses réformes, les décisions du chapitre, le compte rendu de toutes les réceptions de dames et de novices, et même les entrées des pensionnaires. En marge de chaque alinéa quelques mots, avec des noms propres s'il y a lieu, permettent de voir rapidement à quel sujetfut faite la rédaction de la page. Tous les feuillets portent des numéros d'ordre et chacun de ces chiffres a été préalablement paraphé sur le registre neuf par le supérieur du monastère, de telle sorte que la soustraction d'une page ne pourrait être dissimulée qu'au moyen d'un faux et d'un travail de remplacement très délicat. Le capitulaire de Neuville fut commencé en 1665 et terminé en 4762.
A ce registre sont jointes dans un dossier spécial les
1, Arch. de Bourg-en- Bresse, H. 725.
LA CllANOINESSE DE NEUVILLE 111
preuves de noblesse et les autorisations des parents pour los novices et les dames. Or, nulle part on ne découvro in moindre trace de Claudine Alexandrine de Tencin...
En revanche, on trouve en 17^6, avec pièces du second dossier à l'appui, que Françoise-Alexandrine, Louise-Ursule, et Claudine-Sophie de Guérin de Tencin furent reçues au noviciat puis, semble-t-il, au chapitre.
C'étaient trois nièces de Mme de Tencin qui continuaient, comme on le voit, avec ensemble la tradition de la famille. On imaginerait volontiers que ce nom de Tencin, aperçu dans les listes des chanoinesses, lut la cause de la méprise. Celle-ci s'expliquerait en effet de cette manière pour les historiens modernes, mais pour les contemporains d'Alexandrine, elle demeure incompréhensible, puisque l'entrée des demoiselles de Tencin n'eut lieu qu'après la mort de leur tante. Voici pourtant une hypothèse. Il existe dans les faubourgs de Lyon un endroit qui s'appelle Neuville et qui formait jadis un joli bourg séparé, dans lequel plusieurs habitants de la grande cité allaient en villégiature. Il est possible que, pendant son séjour à Lyon, Alexandrine de Tencin ait habité cet endroit et ait daté quelques lettres avec le nom de Neuville. Ceux qui virent la correspondance établirent un rapprochement entre l'état religieux d' Alexandrine et sa résidence, dont ils firent le monastère de la Bresse. Et depuis lors, l'erreur se répercuta.
Pourtant, le duc de Luynes, qui était fort méticuleux, ne s'est point trompé. Il a écrite au moment de la mort de Mme de Tencin : Elle était chanoinesse de Montfleury . Cette indication, fournie par l'homme qui connaissait le mieux les dignités et les titres des personnages de son temps, suffirait à indiquer l'erreur, si le registre capitulaire n'était point là pour la prouver.
Ce nom de chanoinesse de Montfleury, donné par le duc de Luynes à Mme de Tencin, explique pourquoi celle-ci