Mémoires de Luynes, tome 10, p
écrivait en 1711 sur un livre qui lui appartenait : Madame la comtesse de Tencin ^
A cette époque, elle était encore dominicaine et, quoique nous n'ayons pas en main la pièce authentique établissant que le titre de comtesse était attaché au chapitre fondé par le Dauphin, nous croyons pouvoir assurer qu'à l'imitation des autres groupes de chanoinesses, celui de Montflem^y jouissait d'un semblable avantage.
Ce fut donc presque sûrement en qualité de chanoinesse que Mme de Tencin libella son ex libris. Mais quand ses vœux furent annulés, elle no pouvait guèi-e exciper de son ancien état pour revendiquer un titre auquel, de son propre aveu, elle n'avait endroit qu(^ par contrainte.
Les appellations dont la gratifient certains auteurs de mémoires, telles que : « la chanoinesse », « la défroquée », « la nonne », sont manifestement dictées par une antipathie personnelle ou une ironie de médiocre espèce. Pour le titre de « marquise », il faut remarquer que nulle part ses amis, même les plus obséquieux, ne l'ont employé en parlant d'elle. Dans sa famille personne ne l'a jamais pris avant 1772, et des lettres autographes, adressées au frère ahîé de Mme de Tencin, portent simplement en suscription : «A M. le président de Tencin », ou « à M. de Tencin, président au Parlement de Grenoble". »
Quant à la couronne, qui surmonte l'écusson des Tencin dans les cachets de leurs lettres % elle s'explique parla facilité avec laquelle nombre de personnes de bonne noblesse, mais sans titre, se laissaient aller à orner ainsi leurs armoiries. On mettait une couronne sur les cachets comme une femme pique une fleur dans ses cheveux. Cette petite faiblesse, qui n'aui'ait pas été tolérée au xvi'' siècle et qui sest perpétuée
1. Ce livre, qui lait partie des collections du marquis de Monleynard. ,est un grand in-8» trt's épais, relié en veau, contenant une Histoire Universelle manuscrite.