‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 56 sur 241 · CHAPITRE Vin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vin

Les dernikrks années de Louis XIV. — Triste état des finances. — Deuils a la cour. — La paix d'Utrecht. — L'arrivée de M™« de Tencin chez sa soeur. — L'hôtel de Ferriol. — Lk quartier Saint- Augustin. — Le voisinage du duc de Gesvres et du maréchal d'Uxelles. — W^° AïssÉ et son « AGA » le co-Mte de Ferriol.

— Mathieu Prior et Bolingbro&e. — Affinités avec M""^ de Tencin.

— L'abbé de Tencin. — Son frère le président. — M""' de Phalaris.

— IjEs Groslée.

Mme de Tencin allait entrer dans le monde en un temps d'anxiété et déjà de décadence. L'astre de Versailles à son déclin donnait la mélancolique impression des crépuscules, et c'était la grande ombre du monarque, encore souverainement étendue sur le royaume, qui seule conservait à la France son prestige.

Depuis douze ans, la guerre de la succession d'Espagne nous avait épuisés et, en dépit de la victoire de Denain^ qui venait de sauver la France, nos désastres précédents avaient été si nombreux que l'on en était réduit aux expédients. On avait fini par créer, pour les vendre, des ofïices inutiles et ridicules, tels que des « conseillers du Roi, rouleurs de vin », et des « visiteurs de beurre frais ». Enfin, au moment où l'horizon s'éclaircissait du côté de la frontière, le malheur s'était abattu sur le Roi lui-même. Le grand Dauphin en 1711, puis la duchesse de Bourgogne, l'enfant gâté de la cour, et le duc lui-même, l'héritier présomptif, si aimé déjà, avaient été enlevés par la mort avec une violence tragique, presque mystérieuse. Dès lors, une tris-

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