‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 57 sur 241 · juillet 1712, gagnée par Villars sur le prince Eugène · texte numérisé non relu

juillet 1712, gagnée par Villars sur le prince Eugène

tesse lourde avait pesé sur Versailles et tous ceux que le plaisir occupait jadis s'étaient mis à calculer, augmentant ainsi prodigieusement le nombre des ambitieux et des aigrefins. Jamais aucune époque n'avait été plus favorable à l'assouvissement des convoitises comme à la satisfaction des instincts de toutes sortes. Mais d'abord la pauvreté générale allait amener la soif immodérée de Tor.

Telle était la situation, lorsqu'à trente ans 'Slme deTencin j)énétra dans le monde, armée seulementde son esprit et de son charme. Il est vrai que son esprit était fort cultivé. Depuis l'époque où elle avait quitté, sinon l'habit de Montfleury, du moins le couvent, elle avait pu se livrer à l'étude de l'histoire, voire de la philosophie. C'est ainsi que nous lui voyons annoter une volumineuse et très complète histoire ancienne manuscrite ' et que nous trouvons dans une lettre au père Maniquet ses impressions sur Descartes ^

« Je ne sais, écrit-elle, si vous m'avez fait du bien ou du mal de me donner quelque connaissance de la philosophie de M. Descartes. Il ne s'en faut guère que je ne m'égare dans les idées qu'il me fournit : tous les tourbillons qui composent l'univers me font imaginer que chaque homme en particulier pourrait bien être un tourbillon.

« Je regarde l'amour-propre, qui est le principe do tous les mouvements, comme lu matière céleste dans laquelle nous nageons. Le cœur de l'homme est le centre de son tourbillon : les passions sont les planètes qui l'environnent ; chaque planète entraîne après elle d'autres petites planètes qui sont à son égard ce que la lune est à notre terre. L'amour par exemple emporte la jalousie ; elles s'éclairent réciproquement et par réflexion ; toute leur lumière ne vient que de celle que

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