Collection du marquis de Monteynard
-2. Bibl. Mazarine, M« française 220i f» n6. Cette lettre a été imprimée d'autre pan avec l'indication quelle serait une réponse à Fontenelle. La copie de la Bibl. Mazarine, (|ui est du .wiii» siècle, a fait foi Jusqu'ici auprès des bioj,'raphes. Mais nous avons des doutes séricu.x. (Voir la noie suivante.)
CHEZ LES FERIUOL H7
le cœur lour envoie. ,To place l'aîribition après l'amour; elle n'est pas si près du cœur que la première; aussi la chaleur iju'elle en reçoit lui donne un peu moins de vivacité.
« L'ambition n'aura pas moins de satellites que Jupiter, mais ils deviendront différents selon les différentes personnes qui composent les tourbillons. Dans l'une, la vanité. la bassesse, l'intérêt, les inquiétudes seront les satellites de l'ambition ; dans l'autre, ce sera la véi-itable valeur, la grandeur d'âme et l'amour de la gloire. La raison aura aussi .sa place dans le tourbillon, mais elle est la dernière ; c'est le bon Saturne; nous ne sentons les effets de sa révolution qu'après trente ans', » La lettre se termine par la déclaration que les effets de l'âge peuvent être comparés aux taches du soleil auxquelles est due la diminution de la chaleur.
Cette cosmographie psychologique est bien un peu recherchée, mais elle ne manque pas d'ingéniosité et surtout elle dénote une intelligence habituée à s'exercer et un stvie déjà formé à traduire élégamment la pensée.
Quant au charme physique de Mme de Tencin, il émanait plutôt de sa tournure, de ses mouvements et de la vivacité de sa physionomie que de la régularité de ses traits. « Elle était grande, avait le cou long et bien fait, la bouche un peu grande mais fraîche ; sa gorge était peu sensible et .ses jeux étaient plus spirituels qu'agréables, mais l'ensemble de sa personne faisait une assez belle femme qu'animaient une âme vive et un esprit très distingué. ' »
Cette esquisse, tracée plusieurs années après l'annulation des vœux, dans un temps oiî Mme de Tencin était déjà célèbre, correspond assez bien à ce que nous connaissons de sa personne, sauf pourtant en ce qui concerne le détail de la
1. Une telle réflexion indique que Mme de Tencin devait avoir atteint la trentaine quand elle écrivit cette lettre. Ce fut donc vraisemblablement au moment de sa rentrée dans le monde ; et, en ce cas, nous pencherions plus volontiers vers l'idée qu'elle répondait à Fontenelle plutôt qu'au P. Maniquet, demeuré à Grenoble.