‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 61 sur 241 · Sur l'emplacement actuel du passage Choiseul · texte numérisé non relu

Sur l'emplacement actuel du passage Choiseul

2. François-Bernard Potier duc de Tresme. gouverneur de Paris, mort en 1739. Il avait épousé Marie-Louise de Seigliére.

3. Nicolas du Blé, marquis d'U-xelles, né le 24 janvier 1652, mort le 40 avril 1730.

et le vainqueur, pour rendre hommage à sa belle défense l'avait prié de rédiger lui-même les articles de la capitulation.

Créé maréchal de France en 1703, il avait abandonné le métier de la guerre pour la diplomatie, et il venait de collaborer avec succès, en qualité de ministre plénipotentiaire, à la paix d'Utrecht (1710) qui assurait enfin, à des conditions presque honorables, quelque répit au pays épuisé.

En récompense, il avait reçu le gouvernement général de l'Alsace. Cette nomination indique qu'il avait des relations et des intérêts de ce côté et fait présumer que, les Ferriol étant de Metz, il les connaissait de longue date. Lorsque Augustin avait épousé Angélique de Tencin, le brillant officier d'Uxelles, qui était alors directeur général de l'infanterie, n'avait pas été une des moindres relations du nouveau ménage. Galant par principe, il s'était montré assidu auprès de la jolie femme; et sa camaraderie avec Ferriol lui avait facilité les approches d'une place qui ne demandait sans doute qu'à se rendre. Quoiqu'il fût gros et lourd avec un visage couperosé, une énorme tête et une physionomie renfrognée', il avait su plaire, car la grandeur de sa taille en compensait la grosseur ; ses traits étaient agréables et ses yeux très vifs. Enfin il avait belle allure et s'entendait en galanterie. Ses cinquante ans importaient peu, puisqu'il était encore plus jeune que le mari.

Bref, l'incident probable s'était produit et la situation était devenue régulière, pourrait-on dire, tellement elle était passée parmi les états connus et acceptés. Cela continuait comme cela avait dû commencer: par une habitude et comme un besoin de no point interrompre celle-ci. C'était une de ces liaisons qui font l'admiration des honnêtes gens, car ceux-ci, en pareil cas, finissent toujours par oublier le mari et n'envisagent plus que la louable fidélité de la femme pour son amant.

4, Saint-Simon.

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A l'époquo où Mme do Tencin arriva chez sa sœur, deux grands garçons encombraient joyeusement Thùtel durant les jours de vacances. L'un, âgé de quinze ans et demi, devait être le comte d'Argental ; l'autre, qui avait douze ans, était destiné à devenir le comte de Pont de Vevie.

Mais ces deux fils, déjà adolescents, n'avaient point vieilli la mère, et quand le maréchal d'UxelIes était à Paris, il franchissait encore presque quotidiennement la petite porto du jardin pour venir causer avec ses vieux amis. Il v retrouvait depuis peu l'ambassadeur à Constantinople, qui revenait de l'Orient (1711) pour la dernière fois et s'était installé définitivement auprès de son frère, dans l'hôtel familial. Il avait soixante-quatre ans et était fort délabré. Frappé d'une sorte d'apoplexie à la fin de son séjour chez les Turcs, il avait passé un instant pour fou, et son propre secrétaire s'était vu obligé de le tenir quelque temps en charte privée. A présent, il était rétabli et il savait faire oublier son âge, car il conservait tout son prestige d'habile diplomate, de courtisan expérimenté et de voyageur aventureux, riche d'anecdotes de toutes sortes.

Depuis longtemps, il était célèbre pour les esclaves circassiennes qu'il achetait en Turquie. En 1684, il en avait déjà ramené une^ Quatorze années plus tard, sa sœur Angélique l'avait vu arriver avec une ravissante enfant de quatre ans qu'il lui avait confiée. C'était Aïssé, maintenant devenue jeune fille et douée d'une « physionomie noble, intéressante, qui la rendait préférable à des plus grandes beautés, car on ne pouvait dire qu'elle en fût précisément une-. »

Des yeux superbes, cerclés de longs cils, une peau très blanche à reflets dorés, des allures souples et la précocité des fdles d'Orient faisaient d'elle un merveilleux objet de convoitises sensuelles pour les hommes galants de cette époque aux mœurs faciles.

1. Voir : Une pefile nièce de Lauzun par l'auteur. Hachette 1907.

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