‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 68 sur 241 · Mémoires de d'Argenson. t. III. p · texte numérisé non relu

Mémoires de d'Argenson. t. III. p

LE COMTE DE DILLON d33

enfants de feu le président de Tencin elle était la moins douée et elle fut aussi la plus obscure'.

A côté de ces personnages de la famille et de l'intimité des Ferriol, on voyait encore chez eux un certain nombre d'hommes de lettres, notamment des mendjrcs de l'Académie, qui trouvaient fort bon de se rapprocher de la Cour par le moyen de la noblesse diplomatique et militaire, et de se faire connaître des riches Mécènes par la fréquentation dans le monde de la finance.

Et puis, les relations du Dauphiné amenaient d'autres amis. C'est ainsi que Mme de Tencin put attacher à son char le lieutenant général de Médavi-, alors âgé de cinquantehuit ans, que les guerres avaient conduit souvent en Savoie et en Dauphiné et qui venait d'être nommé gouverneur de cette dernière province \

Avec lui, le comte Arthur de Dillon \ qui avait commandé pendant trois ans (1710-1713) le camp de Briançon et qui partait pour l'armée du Rhin comme général en chef, se faisait remarquer parmi les plus empressés dans ce milieu où l'on avait de l'esprit et point de morgue. Il avait alors quarante-trois ans. Doué d'une figure admirable et d'une tournure superbe, il passait pour un des plus beaux hommes de son temps. En outre, bon officier et soldat valeureux, il

1. Certains auteurs lui ont attribué, au moment de sa mort, une phrase qui ferait supposer dans sa vie plusieurs aventures galantes. « Mon père, aurait-elle dit tout haut h son confesseur, inutile de demeurer seul avec moi. Je puis faire ma confession générale en public. J'ai été jeune, j'ai été jolie, on me l'a dit, je l'ai cru. jugez du reste. » ^Mais nous trouvons ailleurs que cette phrase, peu certaine du reste, fut prononcée par Mme de Tencin. Ce que nous savons du tempérament et de l'existence des deux femmes nous porte à incliner beaucoup plus volontiers vers cette seconde attribution.

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