‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 75 sur 241 · Vie (lu comte Iloym, l. II. p. i · texte numérisé non relu

Vie (lu comte Iloym, l. II. p. i

LE CHKVALIER DESTOUCHES l4o

L'intéressé, à (|ui l'on s'était empre'ssé, l^ien entendu, de montre)' cette safir(^, n'avait jamais pu s'en conso!er\

Pourtant il ne comptait ([ue des amis. Mais précisément comme il entendait n'inspirer que de la sympathie, il trouvait là une cruelle déception ; et peut-être la méchanceté du poète à son égard le chagrinait-elle plus que les pointes du couplet.

Détail très curieux de sa vie, il avait été le grand ami de Fénelon, et c'est dans la correspondance de l'archevêque de Cambrai (pi'il faut chercher les traits principaux de ce type séduisant d'ofticier français, aimable et vaillant.

Voici dans quelles circonstances s'était faite la liaison bizarre de ce joyeux vivant, aussi galant qu'irréligieux, avec le saint prélat ^

Cambrai était un lieu de passage et de séjour pour les troupes, et le 16 mars 1711, Fénelon écrivait au duc de Chevreuse : « Voilà le torrent des militaires qui va fondre sur nous; je vais être le maître d'une grande hôtellerie pleine » \

Destouches passa, confondu dans « la troupe dorée », puis il revint en 1712. Mais cette fois, blessé d'un coup de canon, il fut ramené à « l'évêché-hôtellerie », souvent transformé en « infirmerie », et il fut soigné dans une petite chambre grise où il gronda médecins, chiriu'giens et religieuses hospitalières \ qui le retenaient au repos quand il aurait voulu rejoindre l'armée.

Fénelon s'aperçut alors que ce militaire, si vif et parfois si rude, citait Virgile à tout propos ; il découvrit que son blessé était un lettré, un poète, un philosophe... ou plutôt un ami de la philosophie, car la profondeur intellectuelle de

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