‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 82 sur 241 · Et non pas Saint-Nicolas-des-Champs (ibid · texte numérisé non relu

Et non pas Saint-Nicolas-des-Champs (ibid

NAISSANCK DE DALEMBERT 153

D'Alembert se souvint toute sa vie de cette entrevue et de la réponse de Mme de Tencin, qui se leva à l'instant en disant :

« Partons, car je vois qu'il ne fait pus bon ici pour moi^ »

Parole effroyable que seule pourrait expliquer la crainte de se laisser attendrir.

On a raconté que Mme de Tencin aurait changé de ton plus tard, lorsque son fils eut acquis la célébrité, et qu'elle aurait tenté de se rapprocher de lui. A quoi d'Alembert lui aurait répondu, dans une formule un peu mélodramatique : « Sachez, Madame, que je n'aurai jamais d'autre mère que la vitrière ! ».

La vérité est tout autre.

D'Alembert conserva toujours une profonde tendresse pour l'excellente femme qui l'avait élevé. « Il resta auprès d'elle jusqu'à l'âge de cinquante ans et, quand il se mit à vivre avec Mlle de Lespiuasse, il allait sans cesse chercher sa chère nourrice, la consoler de ses peines, faire des caresses à ses petits enfants, et il la laissait heureuse d'avoir un tel

fils-. ))

Mais cette tendresse n'était pas incompatible avec le sentiment qu'il conservait au fond du cœur pour sa véritable mère et dont il s'ouvrit un jour très clairement à Mme Suart :

« Est-il vrai, lui demandait celle-ci dans un temps où il était déjà célèbre, que Mme de Tencin vous ait fait dire par un ami qu'elle serait charmée de vous voir?

— Jamais, répondit-il, elle ne m'a rien fait dire de semblable.

— Cependant, Monsieur, on vous prête dans cette occasion une réponse très fière à une mère qui, jusqu'à votre célébrité ne vous avait pas donné signe de vie ; et j'ai entendu

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