‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 88 sur 241 · Saint-Simon, t. XXIV, p · texte numérisé non relu

Saint-Simon, t. XXIV, p

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désespoir parce que, après lui avoir pris sa mère, il lui avait pris encore Mme de Stratford, qui était sa maîtresse.

Cette inconstance en amour, Noce l'appliquait à toutes choses. Paresseux, ne se gênant pour rien, ne se refusant rien, ce bohème grand seigneur changeait de place suivant le climat, les saisons, les morceaux rares qui ne se trouvaient qu'en certains temps et en certaines provinces \

Depuis longtemps il était veuf et n'avait jamais voulu entendre pai'ler de se remarier, « estimant désormais la liberté par-dessus toutes choses ». Il en usait d'ailleurs sans aucune suite dans les idées.

Un jour, il résolut de se retirer à Montpellier, y loua une maison, la meubla, se mit en chemin, s'arrêta à quinze lieues de Paris et revint.

En 1717, il venait encore de sacrifiera sa manie d'avoir toujours de nouvelles maisons en achetant à Asnières une jolie habitation à porte cochère, avec jardins et dépendances, moyennant lu 000 francs, payés comptant, et une rente viagère à M. Faget, le vendeur'.

Mme deTencin y fut certainement reçue, car Noce l'invitait souvent à dîner avec ses amis^. Cet original avait d'ailleurs infiniment d'esprit et, sous ses dehors d'homme léger, il s'y entendait bien en affaires. Il fut un des premiers à flairer le danger du système de Law et, avec sa brutalité ordinaire, il ne s'en cacha point au Régent.

Lorsqu'un peu plus tard celui-ci eut signé l'arrêt du 3 juin (1720), qui donnait un nouvel ordre aux actions, il dit : « Enfin me voilà accouché et bien délivré ». Noce lui répliqua : « Monseignem', j'ai bien peur que l' arrière-faix ne vous demeure dans le ventre ».

Le Régent ne se fâchait point des boutades de son favori,

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