‹ Les Guérin de Tencin, 1520-1758Chapitre 89 sur 241 · Lettres inédites. Collection du marquis de Monteynard · texte numérisé non relu

Lettres inédites. Collection du marquis de Monteynard

mais pourtant celles-ci en arrivèrent à dépasser toute mesure à l'égard de Dubois.

Noce, avec son inconstance habituelle, détestait maintenant l'abbé après l'avoir comblé d'amitiés, et il lui appliquait en public les dénominations les plus infamantes. Madame et Mme la duchesse d'Orléans, qui n'aimaient point le vieux roué, firent entendre au Régent « qu'il était de conséquence, pour la nation et pour le bien de l'il-tat, que le ministre des Affaires étrangères ne fût pas traité ainsi. »

Il fallut sévir, et le Régent, la mort dans l'âme, signa l'ordre qui exilait Noce à Tours (12 avril 1722) '.

Il apparaît que Mme de Tencin dut cabaler, elle aussi, pour obtenir cet éloignement, car l'année suivante. Noce à son retour d'exil manifesta par une amusante réplique son animosité contre elle. Quand il parut devant le duc d'Orléans, ce prince lui dit :

« Ne parlons plus du passé, je n'ai pu faire autrement ; mais à présent demande-moi ce que tu voudras, je te l'accorderai. »

Sur quoi Noce lui répondit :

« Je supplie Votre Altesse Royale que la Tencin soit mise à la Salpêtrière, la Destouches-Ganon aux Petites Maisons et la Raimond à la potence ! »

Ce qui fit rire le prince de bon cœur -, cai" il connaissait bien les trois amants de la dame.

Le dernier personnage, dont la plaisanterie de Noce dénonce avec tant d'assurance la liaison avec Mme de Tencin, mérite une mention particulière.

Raimond ^^ était un de ces sous-ordres de la diplomatie, sortes de champignons, poussés en des temps d'obscurités internationales, dont on voyait la faveur et la fortune s'épa-

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