RAIMOND
nouir un beau jour sans que l'on en pût connaître le germe.
Raimond faisait partie de l'équipe si habilement composée par lord Stairs', dans le but d'aiguiller la politique française vers l'Angleterre. Ces véritables colonels de la cavalerie de Saint-Georges, dont les mondains équipements étaient entretenus aux frais de l'Angleterre, avaient pour mission de « charger » en toute occasion contre la politique espagnole, dont lord Stanhopo- avait grand pour pour son pavs ^.
En 171.-), lord Stairs qui ne perdait pas son temps, assure Saint-Simon avec infiniment de raison, recherchait les liaisons utiles à ses vues pour l'avenir. « Il ramassa donc une de ces « espèces » qui ne peuvent guère être caractérisées sous un autre nom. »
Le monde de Paris avait connu jadis un homme bizarre qui ne sortait jamais que vêtu d'un costume noir à parements rouges. C'était un fermier général du nom de Raimond, auquel on avait ajouté le sobriquet de « Diable » à cause de l'aspect méphistophélique de son costume et aussi de sa physionomie.
Raimond le Diable avait un fds qui ne semble pas avoir joui d'une haute considération, mais dont la nature souple, l'esprit délié, l'instruction et l'absence de scrupules apparurent à lord Stairs comme des qualités de premier ordre pour l'emploi qu'il en voulait faire.