‹ Les guerres de la Vendée et de la Bretagne, 1790-1832Chapitre 19 sur 27 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Langage àes conventioandi en miBiloii. — Od donne un mob k Tuneau pour finir la guerre. — Nouveau plan de campagne de ce gënt^ral. —

A II ru n parti n'obtient de succès tU'cisifs. — Pacte fécldratif formé eiilre les généraux vendéens. — Marigny est condamné à mort. — L'abhé Bernier. — Réunion des armées de Charette et de Stofflet. — Leur séparation presque immédiate. — Les républicains forment des camps rctrancb^ — Ttirreau est remplaeé par Vlmei». — Les engagements «tevlennent fort mes. — Réorganisadoo des troapes vendéennes. — Tinteniac apporte des nonTdles de l'AngleieiTe et des princes» Demande des Insurgà» — Expédition de Cbàllans. — Mort de Joly. ^ Suspension d'armes. — Bernier est élu commissaire général. — ï'sage qu'il fait de son pouvoir. — Epuisement des deux partis. — Charclte reprend les armes.

Depuis te commencement de la guerre , diverses

promesses d'aiTiiîistie avaient été faites par des représentants en mission ou par des généraux , et toujours , ces promesses avaient été violées. Aussi, lorsque les coiiventionnels attachés à Tarmée de TOuest protestèrent timidement contre les excès des colonnes infernales et annoncèrent « le règne de la justice, s personne ne les crut. Le passé n'expliquait pas seul cette déliaiice. Au moment où l'on blâmait les crimes récemment commis, il s*en commettait de nouveaux* Les troupes i épublicaines , toujours commaudces par les mêmes chefs, se livraient souvent encore aux mêmes exploits. Le 27 mars i79&t le général Huché

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écrivait à Turreau : « Je fais brûler sans réserve

cl conformément à ton ordre, car je ne sais qu'obéir. Jure, peste, fulmine, <Jis et fais ce que tu voudras, je respecte tes ordres et je t'obéirai« » Le lendemain, Turreau rappelait au général Cambray qu'il devait « brûler maisons , métairies , moulins à eau et à vent, démolir les fours et passer au fil de la - baïonnette tous ceux qui avaient directement ou tnrftdii'ecteimnl pris ]jai t à la i ('bellion. » Le 3 et le 4 avril, Cambray répondait : « L'illumination va plus que jarmais. Tout ce que je rencontrerai sera incendié. » Comme on le voit « le règne de la justice » ne.se faisait encore sentir que dans les proclamations. Les paysans restèrent sous les armes, et la guerre continua. JNéamnoins, elle perdit de son activité. La fati^ gagnait les deux partis et préparaît, mieux que les pathétiques appels de Hentz et de Garrau, une apparente réconciliation. On n'eii avait pas encore fmi cependant avec les moyens extrêmes.

La Convention aimait h décréter la victmre. Bien que cette tactique ne lui eût pas encore réussi en Vendée, elle voulut l'employer de nouveau* Le général en chef reçut l'ordre de terminer la guerre sous un mois. Il répondit que ce ternie était trop court. Puis, de conc^ avec les représentants Hentz et Gar* rau, il forma un nouveau plan de campagne; dont voici les bases : expulser du territoire vendéen les royalistes non armés et les patriotes tièdes ou enclins à la modération ; tuer tout le reste des habitans sans se préoccuper du sexe ou de Page, et repeupler ce

désert avec de purs sans-culottes. Ce plan fut adopté.

Pour en commencer l'exécution , on ordonna aux patriotes vendéens de se réfugier à vingt lieues au moins du théâtre de la guerre. Uarrêté portait, en outre, que quiconque n'obéirait pas serait considéré comme rebelle. En méirie temps, on promettait de gracier et de récompenser les insurgés qui déposerai^t les ar^ mes et livreraient leurs chef^. Les soldats de Gharetle, de Stofflet et de Marigny, ne tinrent naturellement aucun compte de ces nouvelles prescriptions. Quant aux patriotes, beaucoup protestèrent; mais quinze mille environ se soumirent. On no leur donna aucun des secours qui leur avaient été promis, et la plupart d'entre eux tombèrent dans un dénûment absolu. Les hommes les plus dévoués et les plus soumis à la répui)lique lurent donc les seules victimes de cette monstrueuse tentative. Pour les Vendéens, la situation resta la même. La guerre ne reprit même point le degré d'activité qu'elle avait eu au cœur de Thiver* Si les rencontres étaient toujours fréquentes, olles amenakmt rarement de sérieux résultats. Nous devons cependant mentionner quelques excepiions.

Le avril, Marigny, posté près de Tanoien chè^ teau de Lesmire, mit complétemem en dércniter vm

asvsez forte colonne républicaine. Cet échec détermina les bleus à évacuer Bressuire* Au m^fne moment, radjudânt général Ddsirat s'emparait de Mlal» après un combat longtemps douteux. C'était sa cinquième affaire en sept jours et la seule d'ailleurs qui eut quelque importance.

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