‹ Les guerres de la Vendée et de la Bretagne, 1790-1832Chapitre 20 sur 27 · SI · texte numérisé non relu

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Stoftlet, sans cesse inquiété par les garnisons de Saint-Florent et de Saumur, avait formé le projet d^occuper divers points sur les bords de la Loire« Mais, au lieu d'attaquer, il dut songer à Be défendre, • car à peine était-il en marche que les divisions de Grignon et de Dusirat essayèrent de pénétrer dans les' forêts qui lui servaient de refuge et oii il avait su créer des magasins, des ateliers et des hôpitaux. Il put sauver en grande partie ces précieux établisse^ ments. Les bleus lui rendirent la résistance assez facile. Yoici, en effet, comment Dusirat parle de ses troupes : « le cri de voilà lés brigands! inspire une telle terreur h nos soldats, que, même h Saint-Florent, derrière des retranchements, on éprouve Telfet de ces termes magiques. » Les autorités de la Loire-* Inférieure écrivaient, à la même époque : « Le pillage a enrichi les soldats et ils jettent leurs annes pour se sauver avec leur butin. » Ce n'est point là toi des ré^ sultats les mdns significatifs de Tatrooe système de Turreau *.

Tandis que Grignon et Dutirai s'efiorçaient de pé» nétrer dans tes forêts de YeaôDs et de Mautevrlerf le

* Si Ton s'en ttipportait aveuglément aux récits officiels des génénUt républicains ou aux détails donnés plus lard par les insurgés , il faudrait adincltre quo clutnmc des intîombraMt s îfncotitrcs qui constituaifnt alors la guerre de la \ i tni<"e, coiMall au moiiis (|Uel(|iif; centaines (t'hoiinnes ft l'utt des d^ux parus. Au fond, ceë reacuiilres élaient^ en général, assex peu meurtrières. Dusirat, dont les bulletins se distinguent par un liicon> (cSfaMe «aradtte detéraeité» rendttrtcodfpie, tO«*la reift,d'niw yicloire <pi*ll ftf ^ nmpartM le itetiii el d^ine 4éfaHt ^ii*! aT«ll' essayée le soir, iait i a Tai eu trente blessés et une vingtaine de tués. Les Ih-lgand& n'ont pds perBa autant fine mal* » '

général Dutruy attaquait le Marais. Gharette essaya

d al)urd de prévenir cette invasion, mai? après quelques tentatives sans résultat, il se retiia dans le Bo* cage. Les insurgés du Marais, réduits à leurs seules forces, opposèrent une vigoureuse résistance. .Néanmoins Dutruy put occuper les points les plus importants de ce pays si difficile; il y trouva des vivres enabondance et les fit porter à Nantes, que la famine menaçait. Vaincu dans le Marais, Gharette triomphait dans le Bocage. Le 19 avril, il parut devant le bourg de Moutier-les-Maufay, où se trouvait un cantonnement républicain, et s'en rendit maître, après un combat acharné. La caisse du district, des munitions et une assez grande quantité de fusils tombèrent en son pouvoir. C'était partout , comme on le voit, une suite non interrompue de succès et de revers.

Bien que jaloux les uns des autres, les généraux républicains manœuvraient avec ensemble, car ils avaient un chef. Gharette, Stoillet et Mahgny, ne mettaient, au contraire, aucun ordre dans leurs opérations. Chacun d*eux agissait seul et pai^aissait s^inquiéter fort peu des périls que pouvaient courir ses frères d*annes. Néanmoins les circonstances commandaient si impérieusement de e^unir, que Ton voulut au moins le tenter. Des ( oiiférences eurent lieu. Gharette, qui disposait déjà de la division du Centre, formée par Sapinaud, désirait être nommé général en chef. Aussi s'empressa-t-il de faire remarquer c[ue pour obtenir de Tunité dans les efforts, il fallait d^abord en mettre dans le commandement.

IjC premier jour cette idée fut accueillie avec froideur; le second, elle fut vivement repouasée, surtout par StofiOet. On croit qu'en agissant ainsi le chef

de }a division angevine céda aux conseils de Tabbé Bemier^ Charette nlnsista point et Ton se contenta de conclure une sorte de pacte fédératif. Chaque générai restait maître de son armée, mais s'engageait, sous peine de mort, à suivre les plans formés de con* cert Ces conventions répondaient parfaitement aux besoins du moment. Les insurgés étant trop faibles pour tenter de grandes entreprises et devant presque toujours agir à l'improviste et par petites divisions, ne pouvaient se soumettre à l'autorité absolue d'un généralissime. Il suiiisait qu'il régnât quelque accord dans leurs opérations et qu'ils ftissent tenus de se secourir. On arrêta que Ton commencerait par expulser les bleus de tous les postes qu'ils occupaient sur les bords de la Loire. C'était Stofflet qui devait recueillir les premiers bénéfices de l'alliance. Les différents chefs firent immédiatement publier dans leurs paroisses Tordre de se rendre en armes à Chemillé, d'où l'on se porta sur Jallais.

Les incidents qui signalèrent cette nouvelle réunion sont diversement rapportés. Il paraît positif néanmoins que Charette et Stofflet , jaloux des derniers succ^ de Marigny et de l'iullueuce qu'il exerçait sur

^ Aprèi la déroule de SaTenay, raiwien anmônier général de Ul grande ajrmée eaOollqiM erra quelque temps en Bretagne, puis il réussit à t»?

verser la Loire. Depuis sa rentrée dan» le Bocage, Il s*était oomplét^menl emparé de l'eq»rit de Stofllet*

^ 3sa ^

les paysans du Haul-Poitou, désiraient qu'il se con^ tentât du commandement général de l'artillehe, fono Uon qu'il avait remplie dans la grande année. Mari* gny pouvait d" autant moins accepter cette déchéance que l'artillerie vendéenne ne jouait plus qu'un fort misérable rôle« et relevait de diflër^ts chefs. Un autre événement vint compliquer la situation. Les soldats de Marigny, prétendant, à tort ou à raison, que StoiUet ne leur avait pas lait distribuer une quantité suffisante de vivres, quittèrent Tannée en tumulte. Lom de chercher à les ramener, leur généi'al les suivit. Quelques ofi&ciers» envoyés à sa poursuite, lui rappelèrent vainement qu*il s*était en^ gagé à ne point abandonner les autres duisions. Il regagna son quartier général. Charette et Stûûlet formèrent immédiatement un oonaeil de guerre afin de juger « le déserteur. » L'office de rapporteur fut r^pli par Chaietie : il insista sur la nécessité d'un temple et conclut b> la peine de mort ; ses conclusions furent adoptées.

Marigny ne croyant pas que sa vie fût vraiment en danger, accueillit ce jugement avec indifférence; il ne voulut y voir qu'une menace ayant pour but de détruire son nifluonce, en le réduisant à l'inaction. La conduite de Uharette et de Stofïlet, qui semblaient ne point songer à Tesiécution de Tarr^t qu*ils avaient rendu, vînt accroître sa sécurité. Il pensa que l'on t>e iéservait au moins d'entendre sa déionse. Les choses en étaient là depuis plus de deux mois, lorsque StoOlet, instruit de la présence de Marigny dans

— 3il —

U3) obàteau voisin de Gerisay, charge douza ou qqini»

déserteurs allemands commandé» par Savary, de le preodre et de le fusilkr. Aiisftitôt, quelque» offîoiere lui représentent quMl va porter un coup funeste à la cause vendéenne et commettre un véritable crime, que Marigny n'& mémo paa été jugé régulièremeut) il hésite, revient sur son ordre et enfui le donnai de

nouveau.

Malade et surpris, Mangpy n'oppose aucune résis» tanoe; il demande, pour toute grâce, un prêtre et le

temps de se confesser. Ciiose inconcevable et qui remplit le cœur d'amertume, on refuse d'écoute cette suprême prière I A Noirmotttlers, les républicains avaient été liioiiis cruels pour d'Elbée. (lunliant en la miséricorde divine, qui lit au fond des cœurs, Marii> gny conserve tout son courage. • Ma mort, dit-il, 119 diminuera pas les divisions et prouve, que notre parti oourt à sa perte. » Puis, s' adressant aux soldais qui vont le frapper, il leur crie : « Yi&es au oœqr» tiret juste; feu! » Et il tombe atteint de plusieurs balles. C'est là, certes, un des faits les plus uavraaitb dç cette navrante histoire. Catbelineau, Bondiamps, Lescure et d'Elbée, sont tombés sous les coups de l'ennemi; d'autres amont le même sort, mais Marigny meurt assassiné par ses oonq>agn<ms d'armes, et leur colère eberohe à le poursuivre jusque dans Té* ternité.

A peine cette exécution était^Ue o<amQe que cha«* cun en rejeta la responsabilité. Stofflet prétendit qu'on

avait abusé de sa confiance et qu'il était innocent du

sang versé ; Cliarotte aflirma qu'il avait offert un asile à Marigny. Les principaux officiers et plus tard les panégyristes de ces deux chefs se sont efforcés de disculper leur mémoire. D'un commun accord, ils ont accusé Tabbé Bernier, dont Stoiilet n'aurait été que Tinstrument. Nous ne prétendons point contester la grande et souvent désastreuse influence que Bernier exerçait sur le général de l'armée d'Anjou ; cependant, nous croyons qu*ici cette influence n'explique pas tout n est certdn que Stoiflet et Charette étaient jaloux de Marigny et le condamnèrent à mort sans y être excités par personne* Les lois de .la guerre, rigoureusement comprises, pouvaient leur donner ce droit, mais on avouera que ce n'était point le cas d*ea user. On a dit qu'ils regrettèr^t d'avoir prononcé une semblable sentence* (Test possible; néanmoins, Tun d'eux la fit exécuter, et l'autre ne chercha guère à prévenir cette exécution. Quant à Fabbé Bernier, tout en refusant de le regarder comme le seul coupable, nous croyons, sans peine, à sa complicité, il ne faut pas oublier, du reste, que la conduite tenue par cet ecclésiastique, au moment de la dernière pacification et sous l'empire, lui attira la haine des royalistes, sans lui rallier aucune sympathie parmi les bleus. Aussi , en même temps que nous signalerons les fautes réelles et très-graves qu'une déplorable ambition lui fit commettre , nous saurons nous rappeler qu'après la guerre, les deux camps Tont traité en ennemi Marigny ne $*^it pas trompé s sa mort fut une

cause d'affaiblissement pour \eM Vendéens. Les paysans, habitués à le suivre, refusèrent de combattre sous un nouveau chef. Les officiers se disposèrent dans les autres divisions , mais sans cacher une indi* gnation que partageaient d'ailleurs la plupart des amis de Stofflet. C'est alors que ce dernier comprit rétendue de la faute qu*il avait commise et mani* festa les regrets les plus vifs et les plus sincères. On rapporte qu uu jour, accompagné seulement de deux soldats, il rencontra plusieurs insurgés du Haut* Poitou; ceux-ci s'écrièrent en le voyant : « Yoilà l'assassin de Marigny. » Stofflet mit pied à terre et dît, d*une voix pleine de tristesse et d'amertume : « Vous m*accusez d'un crime que je déplore, que je n'ai point voulu commettre; mais, si vous me croyez CQupable, fusillei-moi. » Les anciens soldats de Marigny se retirèrent en silence.

Le triste événement que nous vejions de rapporter fut, pour ainsi dire. Tunique résultat des conférences de Jallais. Quelques jours après la condamnation de Marigny, Stofflet et Gharette avaient marché contre une colonne républicaine, campée près de Saint* Florent C'était leur première opération, et déjà ils ne s'entendaient plus. Au milieu de l'action , Stofflet avait disparu, et sa troupe s'était dispersée. Cette étrange conduite avait indigné l'armée du Basr^Poitou et, pour ne pas rompre immédiatement l'alliance, chaque chef était rentré dans ses cantonnements. Néanmoins, avant de se s^^er, on avait arrêté qu'on se réunirait de nouveau pour attaquer Challans-

De jour en Jour, du reste, la guma devenait moine active, La Convention , forcée d'envoyer de nouvelles troupeti sur les frontières , avait demandé vingt mille homniM à Tannée de FOuesi. Turreau, qui se trouvait déjà trop Mb\e, essayait d*éluder cet ordre, mais , comme il ne se dissimulait point qu*il faudrait obéir, il arrêta et fit approuver un nouveau plan de campagne. Au lieu d'occuper les )>oints les plus importants de la Vendée et de tenir sans cesse tout le pays en alerte par le passage d*un grand nombre de colonnes mobiles, il enferma ses troupes dans des camps retranchés , et les expéditions , autrefois si nombreuses, devinrent comparativement assez rares. Les choses en étaient là, lorsqu'un arrêté, rendu le 13 mai 179 A par le Comité de salut public, suspendit Turreau et confia le commandement provisoire de Farmée de FOuest au général Yimeux. Cet officier porta de cinq à sept, puis à quinze, le nombre des camps retranchés, et s'en tint là. Le ih juin, un mois après sa nomination, il écrivait au Comité de salut public : « Il y a mcore des combats à livrer et bien des brigands à détruire. Non-seulement nous les trouvons, en force, mais encore ils nous attaquent. Que cette guerre ne eoît plus dangereuse, ni politique pour la république, cela duit être; mais vous répondre de sa fin pour tant de décades, il n*y a qu'un ignare ou un charlatan qui puisse tenir ce langage. »

Les insurgés étaient à peu près tranquilles au centre du Bocage. Stofilet et Charette profitèrent de cette sorte de trêve pour faire le dénombrement de

leuFB forées, et leur donner la meilleure organiaation

possible, Gharette forma onze divisions dont il confia le- oommandeineiit à ceux de ses officiers qui i'exer-* çaient dé}à de fait, ou que la confianee des soldats désignait comme les plus dignes. Stoiïïet se montra moinfr Impartial et, per conséquent, moins habile. Bien, qu'il eût dans scm armée des gentilshommes ai-* més des soldats, et qui se battaient depuis le commenc^oient de la gueiTe, il prit ses huit chefs divisionnaires parmi les paysans. MM. de La Bouère, de Fleiiriot, de Bérard, les frères Soyer et quekjues autres, formèrent son éUtrmajor. Leurs foncUons avaient souvent de Fimportance, mais ne leur donnaient pas une iriiluence directe sur les soldats. La Roberie commanda la cavalerie de Gharette, et Eostaing, celle de Stofflet Ghaqute général devait^ en outre, être constamment accompagné d'un ceilain nombre de cavaliers et de fantassins, que Ghai'ette appelait ses gardes, et Stofilet ses chasseurs. On organisa en même temps une administration civile et militaire.

Gharette venait de battre les bleus sur la route de Montaigu, et attendait Stofflet ponr se porter avec lui contre Challans, lorsque Tînt^niac parut de nouveau en Vendée. Le gentilhomme breton était porteur de diverses dépêches du gouvernement anglais et du comte d* Artois. Il y avait quinse mois que la Vendée était sous les armes, et, pour la première fois, un membre de la famille royale venait lui dire qu'On n'ignorait ni ses efforts, ni ses souffrances. Le prince annonçait, qu'après avoir surmonté tous les obstacles,

il allait se faire précéder, dans le Bocage, par le dac de Laval et le comte d'Hervilly. Il ne disait point, du

reste, à quelle époque il comptait arriver lui-même. Le gouvernement anglais demandait des rensdgnements, cherchait à jostifiér la conduite qu*il avait te* nue au moiiient du siège de Granville, et promettait des secours, .à la condition que les insurgés s'emparerai^t d*un port de mer. C'était toaj<mrB le même langage. Les Vendéens répondirent au cabinet de Saint-James qn'il leur fallait trente pièces d'artillerie, dcB munitions et dix mille honomes pris parmi les émigrés français. La racte de FAiguilloB fut indiquée comine le lieu le plus favorable à un débarquement. Gharette, Stofilet, Sai»naud et tous les autres; cheii», chargèrent en outre Tinténîac, de déclarer au comte d'Artois que sa présence était indispensable.

L'arrivée de Tinténiac avait ranimé des espérances à peu {Mrès éteintes, et doublé Téncrgie des Vendéens. Ils attaquèrent Challans le 6 juin. Guérin, qui commandait Davant-garde, culbuta assez facilement les postes avancés; Stofflet obtint aussi quelque succès; mais les bleus parvinrent à rétablir le combat, et les insurgés durent battre en retraite. La troupe de Gharette fut trè^maltraitée; celle de Stofilet, dont une partie seulement avait donné , se retira au contraire en bon ordre, ne laissant qu'un tr^s-petit nombre de morts sur le champ de bataille. Gette journée porta le dernier coup à l'alliance de Jallais. Gharette et les siens attribuèrent leur défaite aux Angevins, et dirigèrent les plus violentes accusations contre StolUet ,

qui avait réduit une partie de ses soldats au rôle de spectateurs. A toute autre époque, on n'eût vu là qu^une faute de tactique, mais les circonstances justifiaient une accusation de jalousie , et c'est peut-être avec raison qu elle fut portée : la prise de Challaus aurait donné à Obarette une grande supériorité sur StdHet.

Charette avait enfin discipliné son armée. Parmi les officiers qui combattaient sous ses ordres, un seul encore prétendait à Tindépendance; c'était Joly. Cette dernière résistance devait s'éteindre d'une étrange et triste façon. Joly, par son humeur farouche et par sa promptitude à punir d'un coup de pistolet la moindre résistance, s'était fait beaucoup d* ennemis. Des bruits de toutes sortes furent répandus contre lui ; on attaqua même sa probité. Les uns demandaient qu'il fût mis en jugement, les autres proféraient des menaces de mort. Charette n'encourageait point ce mouvement, mais on ne voit pas non plus qu'il ait essayé d'y mettre obstacle. Enfin Joly, inquiet, ou seulement irrité, quitta son coJDaïaaiidemeut et se réfugia dans la forêt d'Aizenay; il y resta quelque temps, puis se dirigea vers TAnjou, avec Tintention, sans doute, de quitter la Yendée.. Les liabitants de Saint-Laurentsur-Sèvre le prirent pour un espion, et trois ou quatre paysans se mirent à sa poursuite aiin de l'arrêter. Joly, qui n'aimait point à donner des explications , brûla la cemehe du premier qui s'avança sur lui, et fut immécUatement massacré. Quelques instants plus tard, sou cadavre était reconnu pai* un ofhcier de

Tarmée d'Anjou. La nouvelle de sa mort atlligea profondément les insurgés du Bas-PoHoui car déjà les soupçons qui s'étaient élevés contre hii n^existaient plus, et l'on ne conservait que le souvenir du rare courage dont il avait donné tant de preuves. Le cornmandement de ëa (j^vision fai donné à Delaunay t beaucoup de ses aiiciciis soldats iciuscieiil d'obéir à ce nouveau chef.

La paix n*était paê ^core possible; mais déjà tout la pr(^parait.* Les coimnidsions nrwlitaires, établies par les généraux ou par les représeiitanUî, étaient supprimées; les 6rdres du jour commandaient le respect des propriétés et la protectim des indimâust on menaçât de punir sévèrement tout acte de pillage, et eniiu Vîmeux essayait de suspendre les opérations raititaires pendant une partie du mois de juillet, afm de fitciliter les fmissons. Dojà même le mot de rebelles tendait à remplacer celui de brigands, iùi mémo temps^ il est vrai, que le général en chef tenait ce Itftgâge^ quel^ ques-uns de ses subordonnés se livraient à des oxc('*r dignes des colonnes infernales; Huché continuai l, pai* exemple « de tuer indistinet^ent amis ou aïoeiDis, hommes ou femmes; néanmoins les idées d« justice gagnaient chaque jour du terrain. Le crime, après avoir longtemps été la règles comnuaiçait à devenir l'exception.

• Les dcuj^ principaux chels de la Vendée employaieiU très-diversement les loisird que leur donnait Finactioii des troupes républicaines. Le quartier géDéral de

Chareltc était devenu un lieu de plaisirs et même de

plaisirs ams libres. Le chef du Bas-Poitou, (quoique prêt à reprendre les armes, vivait comme si la paix eût été assurée. Stolllet, au contraire, s'occupait constamment de régulariser et d^accrottre ses ressources. Il n'était du reste, sous ce rapport, que rinstrument docile de l'abbé Bemier. Cet ecclésiastique, doué d'un esprit essentiellement organisateur, entreprit de coiistiluer en Vendée un véritable gouvernement. Pour donner plus de foroe à ses arrêtés et ne pas dépendre de tel ou tel chef militaire, il voulut devoir à rélection le titre de commissaire civil général du pays conquis. Chaque paroisse fut invitée à se faire représenter dam une réunion convoquée au château de Mazière. Les ofliciers des diverses divisions reçurent une invitation semblable. Gharette n'en tint nul compte, et engagea ses partisans à l'imiter. Néanmoins l'assemblée fut nombreuse; elle compta sept à huit cents membres, appartenant presque tous à TAn^ jou. Bernier obtint à l'unanimité, moins une voix« le titre qu'il désirait, ni fit mettre son unique adversaire en prison. Par ce vote, il se trouva régulièrement investi d'un pouvoir immensoé Voici quelles étaient \eÉ attributions du conseil dont il avait la direction souveraine.

« Le pays conquis sera provisoirement gouverné

par le conseil militaire général des armées catholiques et royales. Tout acte d'autorité, tout exercice du pouvoir émanera essentiellement de lui.

« 11 entretiendra, tant au dedans qu'au dehors, telles relations qu'il jugera nécessaires, pour le bien

général, et ne sera comptable de ses opérations qa'au roi ou régent du royaume et à leurs conseils.

« 11 rendra tels arrêtés, règlements ou ordonnances qu'il jugera convenables^ et tous olliciers, militaires ou civils, seront tenus de veiller à leur exécution. »

D'autres articles réglaient les pouvoirs « des conseils particuliers des diiïérentes armées. »

Dès que sa position fut nettement établie, Bemier

redoubla d'activité. Il arrêta que des secours seraient régulièrement donnés aux veuves et aux enfants des paysans morts sur le champ de bataille ; il organisa r administration dos propriétés appartenant aux émigrés, publia diverses ordonnances relatives au commerce, aux subsistances, à la police et interdit aux réfugiés* la libre entrée du territoire vendéen. Si quelques-unes de ces mesures étaient inapplicables, plusieurs, en revanche, offraient de grands avantages, et toutes rencontraient une approbation unanime parmi les insurgés. Mais Dernier ne s'en tenait point là. 11 étendait son autorité sur les opérations militaires, voulait que tout se fit d^q)rè8 ses ordres, et aimait à prouver que personne ne pouvait lui résister impunément. De là, dans le camp du malheureux StofQet, toutes sortes de divisions et dMntrigues.

Du reste, malgré cette complète organii^ation de

< On appelait réfugiés cois des habltanto du Poitou et de PAnJou qui, eonrorménient aux ordres des généraux et des représeotantSfavalttttquIlté ie pays insurgé, afin (|ih> Ton pilt ensuite y détruire indistinctement tous ceux que Ton y rencontrerait , le ddpart des patriotes prouTUltque cette terre n'était plus lialnlée que par des lurigands.

radministration et des forces militaires, malgré les vingt chefs divisionnaires de Gharette et de Stofilet,

malgré les gardes et les états-majors de ces deux généraux, l'enthousiasme, c'est-à-dire la grande force de la Vendée, allait chaque jour en s^affaiblissant. Quand on voulait combattre, on rassemblait difficile^ ment quelques milliers d'hommes«

Les mois de juillet et d'août ne furent marqués, sous le rapport militaire, que par un petit nombre d'engagements, sans importance réelle quant à l'ensemble de la situation. Les paroles d*oubli et de concorde revenaient plus fréquemment dans les proclamations des autorités révolutionnaires, mais les in* surgés, instruits par une longue expérience, refusaient de prendre ce langage au sérieux et d'y accorder la moindre attention. La chute de . Robespierre fut même accueillie en Vendée avec nne complète indifférence. On crut à un changement d'hommes beaucoup plus qu'à un changement de système. La nouvelle tactique des républicains portait néanmoins quelques fruits : les paysans s'habituaient au repos. Charette, voulant prévenir cette nouvelle cause d'affaiblissement, convoqua ses soldats et leur dit : Livrez vos chefs et vos armes, et vous pourrez obtenir le pardon des bleus; ils vous le promettent dans leui^s proclamations, c Nous préférons mourir avec vous, » lui répondii- (MQ de toutes parts. Fort de cette manifestation, qu*il avait habilement provoquée, le chef du Bas-Poitou recommença immédiatement la guerre. Le 8 septembre, il enleva le camp retranché de La Roullière, et

bâittit une colonne républicaine, acdoorue au aecours de ce poste Infi^ôH&At Six jottfd àprèâ, il ôbtint un

succès plus décisif encore : le camp de Frélignc, défendu t>ar une division assez nombreuse et où se trouvaient, m abottdancéi dés armes ét des munitions tomba en soh pouvoir. Les bleus pcrdii ont leurs principaux olTiciers et mille h douze ceiits soldats. Depuis la Gompagné d^Outre-Loire, aucUtte Victoire aussi complète n'avait été réimportée par les armes ven»déeniies»

L*exempte et lèé Huccfts de Famée du Bas^PoitOU ft*eiltratnèreht point Stofllet. Il resta t)*anquiI1é, et

Charette, qui ne pouvait tenter seul de grandes en- - treprises, rentra dans Son quartier général de Beileville. La sburde hostilité qui àVldt toujours régiié lîntre léJi déUx chefs vendéens, ne devait point tarder à dèvëllir publique.

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