‹ Les guerres de la Vendée et de la Bretagne, 1790-1832Chapitre 22 sur 27 · CHAPITRE XXUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXUI

Pufstye en Angleterre. — L'Agence royale de Paris. — Les faux assignat*. <— Situation de la Bretagne. — Arrestation de Conitatiii et de. plu.siours autres ciicfs. — Mort de Boishardy, du comte de Silz et de Coqueieau. — Nouvelle prise d*annçs. — Lelirc du lîdgenl à Ciiarelle. — Mission du marquis de Rivière eu Vendée. — Réconciiiatiou entre Gliarelte et Stoflleu Projets des républicains. lis tentent de surprendre Cha* relte. « Renonvellement des hosUlllés dans le Bas4*Qltoa, — Succès des Ipsufgés. — Attitude de la populailoa.

Tandis que Cormatin reconnaissait la République , Puisaye décidait le gouvernement anglais à remplir enfin quelques-ânes des promesses qu'il avait si souvent prodiguées aux insurgés de TOuest. L'organisateur de la chouannerie montrait à Londres, comme partout, un esprit fécond en ressources et une rare activité. Au lieu de se poser en négociateur et en chef de parti» il se tenait à Técart, paraissant désirer surtout qu'on ignorât sa présence. Cette attitude plut beaucoup aux ministres du roi d'Angleterre ; ils comprirent qu'ils n'avaient point affaire à Tun de ces innombrables aventuriers qui inventaient chaque jour quelque nouveau moyen de renverser la République. Les plans de Puisaye furent examinés avec attention, et Ton s'occupa de les réaliser en partie* Au lieu des dix mille hommes de troupes anglaises qu'il deman-

dait, on lui promit plusieurs régiments composés d'émigrés, et Ton cil dressa immédiatement les cadres. La commission ) chargée de faire des enrôlements à Jersey, rédigea une formule d'engagement que chaque volontaire dût signer. On y promettait d'oublier tout intérêt personnel, de ne faire valoir aucun titre ; « de punir sévèrement toute personne qui se permettrait des plaisanteries sur le culte et les prêtres : notre sainte religion, et les ministres des autels, éuint kk seide cause pour laquelle se sont armés les habitants des cam^ pagnes, » Gonune ces préparatife prenaient nécessaire- - ment beaucoup de temps, on fit, à diverses reprises, passer aux insurgés des armes , de la poudre et de Targent; le tout en petite quantité.

Dès que Puisaye eut obtenu l'appui du gouvernement anglais, il entreprit de régulariser sa position. M. du Dresnay était toujours, en effet, le chef nomi* nal des insurgés bretons. Ce titre gênait le chef réel et pouvait, dans certains cas, lui créer de graves embarras. 11 ne demanda rien, mais il écrivit au comte d'Artois, qui se tenait alors à Âmheim, pour Tinstruire de tout ce qu il avait fait et de tout ce qu'il espérait. Peu de temps après» le prince lui répondit : ' c Les pouvoirs de M. du Dresnay sont retirés, et je vous adresse aujourd'hui le brevet de lieutenant-général.., C'est vous, et vous seul, que je charge de té- ^ moigner à vos intrépides compagnons d'armes tous les sentiments qui m'animent, et le désir brûlant que j'éprouve de me mettre à leur tête. »

Cette nomination avait d^autant plus d'importance

pour Pui9Ay«« qu'iia grand nombre de royalistes me(* Uàsti Bon dévouetnânt en douté et cherchaient à te

perdre» Les membres de l'Agence royale de Paris lui étaient surtout très-hostiles. Cette Agence, composée de quatre ou cinq intrigants, avait pour itiûision de correspondre avec les princes. Son directeur était Tabbé Brôttier, prêtre assermenté dont le cardinal Maury di«- Bait ! c S*il âe iTagk que de tout brouiHer, on ne saurait mieux faire que d'employer Tabbé Brottier î il désu* nirait les légions céleste?. ^ Cet homme et ses col-* lègues» DespomelleSy Le Maiiré et de Presle, se tin-t» teni parfaitement trai^uilles tant que dura la terreur, ïftais, dès qu'ils purent parler sans trop de crainte , ils ramassèrent toutes sortes de commérages et les eu^ V(!)yèreiit àu comte de Provence (Louis XYIII) avec deâ coitimentaires de leur façon. Ils présentaient Charette comme un lâche , Stoillet comme un c certain monketir » dont on pouvait espérer quelque chose, et

Puisâyè eomme un jacobin mal converti , qui voulait révolutionner la Bretagne, afin d'y faire proclamer le duô d'York roi de France. On leur accordait beaucoup de confiance. Néanmoins, Charette et Puisaye, dont on avait besoin, triomphèrent de toutes ces calomnieSé Ou reâte, Tabbé Brdttier savait changer d*opinion. Quand il le jugea nécessaire, Charette devînt un héros adoré d'une armée « de soixante mille hommes, » et Puisaye fut un « pur royaliste. » Néanmoins^ 1* Agence fit beaucoup de mal au parti qu*elle prétendait servir ; elle souleva des défiances contre les hommes d* action,

mit la désuniou entre eux, et entretint une foule d'er-

reuré ûêAè Tespril des prinoei* Incapable de rendre

aucun service, et jalouse de toute entreprise qu'elle ne dirigeait point, elle ne s*occupa, pour ainei direi qwe de totit ehimyfef . Quand èlte sut que Puisaye négociait avec TAngleterre, ello entreprit de décider Ghâk^ttô et pluaieuM ohefig brtdtons à refuser tôut autro appui que celui de l'Espagne; Lldée était assurément bizarre. On ne s'en occupa point dans T Ouest, mai» à Vérone^ où résidait rhéritier préâomptifdeLouiBXYii^ fnA ta ptii kVL sérim. Le due d*Ye»rk parut inqttiè^ tam.

Tfttit (ju^ la Yeûdée était restée soUë tes armeB f éite n'avait fait A^pel qu*ft son éourage et à son bon

droit. Puisaye, au contraire, fondait de grandes espérancea sur Tintrigue ; il ne songeait pas séulement à Vàinere tes républicains, fl sono:eait atlfiSi à les adhe^ ter *, Le 20 novembre 1794, deux mois environ après Mû arrivée à Londres, il prit, au nom du conseil M* litaire de l'armée catholique et royale de Bretagne, un arrêté dont lé premier article fera comprendre toute ^importance :

t II sera établi une manufactura d*assignats, en tout semblables k ceux qui ont été émis ou qui le seront par la suite, par lâ ioir-disàrU CmvenHùn, Ces assignats porterôni un caractère ëécrot do recottnais-

* Un Skssei grand nombre de soldau républitains passèrent aux chOiiaOB, dans reqMir d*Ctre mlevi nouirl* et mieux payés. Quant aux olDclen, vold le témoignage que Puisaye leur a rendu : « U me faut dëdarer que tianM les chefs rëpubllMIiIft que fal tVoitvé» dl4Màéi à eeucourlr afii nous à la délivrance d'une patrie commune, U ne l'en est fas trottfâ ttn seul qui n'eût rougi de vendre ees servloea* »

saaoe» pour que le rembounemeni en soit fait à bureau ouvert, aussitôt que les circonstances le permet*

Iront. »

Puisaye décida qu'il serait émis pour trois miUiards de ce papier* It se réservait, d-ailleurs, de limiter ou d'accroître cette émission, selon que les circonstances l'exigeraient. On a beaucoup discuté sur la moralité de cet acte. Il nous semble que c'était tout simplement user du droit de la guerre. Puisaye avait besoin ' d'argent pour lutter contre la République, et il en faisait, coimne elle, avec du papier. Les assignats, qui déjà perdaient énormément, pm^dirent beaucoup plus encore. La fabrication n'en marcha que plus vite.

Les dispositions pacifiques que montrèrent les ré--

publicains peu de temps après le départ de Puisaye, loin de déranger ses plans et de détruire ses espérances, leur donnèrent une nouvelle force. Il avait formellement recommandé, en effet, de cesser toute hostilité. « Ne tii-ez pas un seul coup de pistolet, » écrivaitnil de Londres. Il espérait .que la Convention, trompée par ce calme apparent, enverrait sur la frontière une partie des troupes qu'elle avait dans l'Ouest. Mais s'il voulait que l'on crût à un affaiblissement de rinsurrection, il était en même temps opposé à tout traité de paix. Dès qu'il connut la conduite de Cormatin , il s'empressa de la désavouer et fit de grands efforts pour empêcher une transaction définitive. On ne récouta point. Les renseignement que lui avaient transmis les chefs du Morbihan, auraient dû lui faire

prévoir ce résultat et rengager à (juitter immédiatement TAngleterre. H attachait une trop grande importance au concours de Tétranger pour prendre une telle résolution. A Londres comme en Bretagne, on ne vit, du reste, dans le traité de La Mabilais, qu'une sorte de trêve, et les préparatifs de gume ne furent

pas interrompus.

Les hostilités ne cessèrent complètement sur aucun point. Les chouans ne faisaient plus de grandes eotreprises, mais ils continuaient de traiter les bleus en ennemis. Les cultivateurs refusaient, presque tous, de vendre leurs grains aux fournisseurs de Tannée républicaine. Quand, à force de peine et de dépense *, on réalisait quelques approvisionnements, il était trèsdifficile de les transporter : les paysans avaient caché les essieux de leurs charrettes. Si Ton parvenait à vaincre ces premiers obstacles, il fallait craindre encore les attaques à main armée. Nul ne pouvait montrer impunément des sympathies pour la République. Les propriétaires de biens nationaux étaient mis régulièrement à contribution pour le service de Tarmée royale; on faisait des enrôlements dans tous les villages, et de nombreux émissaires provoquaient les soldats républicains à la désertion. Les lettres des représentants et des généraux constatent que ces provocations étaient souvent couronnées dti succès. « Les désertions , écrivait Hoche , sont on ne peut plus fréquentes dans Tarmée. » Notre position t est des plus

^ La monnaie cl*or ou d'argent frappée à l*efi|^e de Loub XVI, avait aeule cours daaa let campagoea*

alarmantes, » ajoutait le conventionnel Brue, î.es bleus ne restaient point en arrière. Partout où ils b6 trouvaient en force ^ le pillagè était organisé, et lei femmes qu'ils pouvaient saisir n'échappaient à aucun outrage. Les chefs des deux partis échangeaient de vivée réoriminationB, et s'en tendent là. G'tot que, dè

chaque côté, on poursuivait un but supérieur : lefe chouans attendaient que Texpédition préparée sous i«ê yeuK de Puisaye eût mis à la voile ; les bleufc VOUlaféilt inspiref une ^ande e^fiafice à leurs ennemis < afin de pouvoir arrêter tous les chefs d'un seul coup« Il était impossible qu*une telle situation se pro^ longoàt plus de quelques semained» Dès le dO avril, deux des principaux chefs des insurgés du Maine, L^Hermite et Geslin, furent mamiAtéè sur la route dé lavai ati Matis , par une patrouillé républicaine. Ho« che protesta , dans un ordre du jour, contre « cet atroce assassinat commis au mépris du droit des gens et de la fôi jurée \ » cependant les coupables ne furent poittt punis. Bien que Ce crime pût être présenté comme un fait isolé et accidentel, les défiances s'accrurent et il devint évident qué la guerre allait recommencer» Cormatin avait établi son quartier général au châ^ teau de Cicé, à deux lieues seulement de Rennes. Il tenait ded conseils dé guérre , donnait des audiences» présidait dé nombreuse;^ réunions, et paraissait enfin, selon l'expression de Puisaye, se croire le gouverneur de la ptovince de Bretagne pour le compte de S. M. Louis XYIL A Rennes , où il se rendait souvent, il faisait la police dans les églises, pour assurer

\e libre exercice du culte. Son . unique but, en agissant aiD»U élàit dd i|e populariser. Comme Hoûhe» il na coitaprenait de la religion que Tinfluence qu'elle peut donner» 11 vivait dans le désordre, et la plupart de ses Journées étaient marquées par dee oripiee» C'est olom qtiMl perdait toute DneeUre et qu'on fentendait es van« ter de jouer les représentants et d'avoir des agents pfttmi les officiers supérieurs de i*armée républicaiaet On le lnisSft dife il faille tant que Ton cfut avoir quelque intérêt à le ménager. Le 23 mai , Un de ses émissaires, Balié, fut saisi à Ploërmel et conduit à Vfttines déVàM les eonventionneld Guezno, Ouermeuir et Brue. Il était porteur d'une lettre adressée à mon* sieur le comté de âilz, dans le Morbihan* 6ous le pré^ texte que les titres de tidblesse n'existaient plus, Guexno déclara cette lettre suspecte et l'ouvrit. Elle prouvait, ainsi que l'on en élâit convaincu èk IV vsjice, qu'unè tiouvellé prise d*aiimes se préparaitt

Deux jours après, Cormatin, Soliîhac, Ghantcreau, Jarry et quelques autres chefs, étaient prisonniers des bleus. Plusieurs divisions républicaines Sd Jetèrent immédiatement dans les campagnes. Le comte de Silz, chef des insurgés du Morbihan et i'un des signa-tàires du ti*aité de La Mc^aaiS» ftttiuiué le 28 msi à Grand-Champ ^ soti quafUer général , par dedx colonnes républicaines, fut mortellement frappé de plusieurs balleS< 6a correspondance et M approvisionnements , qui étaient c(MisldéràbldSf ' tombèreftt au pouvoir des bleUs. Georges Gadoudal êt Mercie^-lÀ^Yendée purent mettire cependant un peu d'or-

dre dans la retraite. Défaits dans un nouveau combat, les chouans se reformèrent aussitôt, et huit jours

après la mort du comte de Silz, Cadoudal , retiré dans la forêt de Camors, se trouvait à la téie de quatre ou cinq mille homméi. Bois -Hardy* le jeune et intrépide général des Côtesnlu-Nord, fut surpris le 15 juin, près de la Yille-Héné et tomba, sans pouvoir se défendre, sous les coupa de ses ennemis. Les soldats, ûm de leurs succès, lui tranchèrent la tête et la portèrent au bout d'une baïonnette, dans les rues de Lamballe. c Je suis indigné, écrivit le général Hoche, de la conduite de ceux qui ont soufiert que Ton promenât la téte d*un ennemi vaincu ; pensent-ils, ces êtres féroces, nous rendre témoins des (lorribles scènes de la Vendée. » Goquereau, un des divisionnaîres les plusVedoutés du Bas-Maine, fut tué le 29 juin. Tl n'avait que trois ou quatre hommes ^vec lui. Malgré la mort de Bois-Hardy, de Silz, *de Goquereau et Tarrestation des principaux officiers de rille-et- Vilaine, le plan des républicains avait échoué. La plupart des chefs, avertis à temps, s'étaient sous- ^ts aux premières recherches et avaient pu reprendre les armes. Aimé du Boisguy, Sol de Grisolles, Lantivy, Leissègues, Le Chandelier, Jamhe-d' Argent, de Scépaux, signalèrent même leur rentrée en camrpagne par des succès marqués. La guerre n'avait jamais été plus active, ni plus meurtrière. Hoche demanda des renforts.

La paix était également rompue en Vendée.

Au moment où Gharette signait le traité deLa Jau-

nais, le comte de Provence lui écrivait ( i" février 1795) : «Vos expk)it8 vous rendent le second fondateur de la monarchie, t Si le chef du Bas-Poitou eût été indécis, cette lettre seule eut suffi pour lui faire reprendre les armes. Le 10 juin, il répondit ; Peutêtre» monseigneur, ar^on essayé de jeter des ombres sur quelqu'une de mes démarches? Peut-être a-t-on donné une interprétation étrangère à leur vrai motif; mais si je rentre en moi-même, je retrouve au fond de mon cœur cet honneur des vrais chevaliers français qui ne s'effacera jamais; cet honneur qui fut toujours mon guide, qui me conduisit quelquefois aux champs de la victoire; je retrouve en caractères de feu, cet attachement inaltérable que j'ai voué à Tillustre sang des Bourbons Fort de ma conscience, je dirai à mes censeurs : « Politiques profonds, vous qui n*avez jamais connu les lois de la nécessité, qui jugez sur les apparences, venez apprendre les circonstances impérieuses qui m^ont déterminé, ainsi que mes braves compi^nons d'armes; venez peser l'avantage qui en peut résulter pour nos succès sous tous les rapports. »

Char elle avait long-temps espéré que l'expédition préparée en Angleterre aborderait sur les côtes du Bas-Poitou. Le marquis de Rivière, aîde-de-camp du comte d'Artois, fut chargé de lui apprendre que l'on avait préféré la Bretagne, mais que l'on attendait une puissante diversion de la part des chefs vendé^s. Charette réclama vivement contre cette décision, et finit néanmoins par promettre son concours. Stofflet,

tout en montrant peu de eonfiaiice dans le Buooès d*une nouvelle prise drames, déclara que l'on pouvait cgaiement compter sur lui. Le marquis de Rivière s^occupa ensuite de réconcilier ces deux che^ Il y parvtot, du moins en apparence. La mort de Delaunay fut le premier résultat de cette réconciliation. Après avoir protesté contre le traité de La Jaunais et entrepris de s'opposer, par la force, aux intentions de ^ Charette, Delaunay s'était réfugié près de StotUet. Ce dernier le livra à son ancien général, qui le fit tuer à coups de sabre. Vers la même époque, les insurgé» du Morbihan condamnaient et exécutaient, comme coupable dfl trahison et de concussion, le comte de Boulainvilliers-Groî, qui avait été un instant leur gé-* néralissinie

Ën Vendée» comme en Bretagne, les deux partis

s'étaient constamn^ent accusés de déloyauté, d*exaction et d'assassinat. Il est certain que les hostilités n'avaient jamais cessé complètement. Néanmoins, on peut dire que la Vendée avait eu quelques semaines de repos. Les actes de violence y étaient beaucoup plus rares qu'en Bretagne et n'y oiTraient point le même caractère de gravité. Sî les gardes de Charette et les chasseui^^ de Stolïlet appelaient la guerre de tous leurs voeux, Ja masse de la population se montrait, au contraire, favorable au maintien de la paix. Du reste, les défiances et les haines ctaiçnt toujouis fort grandes. Cieu3i;-là même qui redoutaient le plus de nouvelles

. * Go a souvent attribué eelto exécution a des jalousies particulif^Q*^ Les néinoires de Puisaye dooiieui ^uelquQ auiorit^ jt cette opinion.

luttes les regardaiqit fioim&e inévitableg; flealemâni

ils oherchaient à loi retarder. Une telle situation ne pouvait longlomps m mainteair. Les V«Ddéeaii» iah ment des Fecruas et des approvisionBementa; la» bleiw demandaient dea renforts, afin de pouvoir arrêter toitt las cbefa en même tenapa. repréeentaoU Jary, Chaillon, GaUdin, Doniier, Buelle et lieBweao» écrivaient, le 9 juin, au Comité de salui public : «Nouft scaDmes bien déddéa k l'arreatatia» de toua lea obefa; maiB il faut, pour réussir dans le même jour, au moniA quarante milioi honiuieê. a Ce plan, que Ga^nolaux dér sapprauvait, ne réussit pas mieux en Yeodée qu'en Bretagne. Allard, qui emnmandait Tancienne diviston de Joly et de Delaunay, fut ie seul chef important dont les bleus purent e^assur^. Charette protesta contre cette violation flagrante du traité de La Jan* nais, maië ne voulut pas encore recourir à la force , eraignant de- ocoDqftfometftre le soulèvement général do r Ouest, qui devait avoir Meu dans les premiers jours de juillet. Le soin de sa propre sûreté lui commanda d^agir avant Tépoque convenue. U apprit que les ré» publicains avaient fonné le projet de le sur^n i^ndre * dans son quartier générai de iielle ville, ou ils croyaient ne trouver avec lui qu*un petit nombre de volontaires* Son plan fut bientôt arrêté. Il ne mit aucun obstacle à la marche du détachement envoyé contre lui , se réservimt de Tenvelopper dsns 9elleville même. Les républicains entrèrent sans obstacle , et prirent posi-> tion soua les halles. Leur chef, le capitaine Marions dt quelque pas au-derait de Chàveite qui s^avan^ ^

suivi de son étai-malor^ et Im enjoignit, au nom dé la Bépublique, de rendre ses armes et de quitter la cocarde blandie. « C'est vous, lui répoiidit Ghareite» qai inel;trez.;ba8 la cocarde tricolore et rendree vos armes! Voyez si vous voulez résister? » A ces mots, les chasaetini vendéens-^ s*avancent, et les bleus sont faits prisonniers. Cette troupe était composée, presque tout entière, d'officiers de différents grades qui avaient pris pour ce coup de main l'uniforme de simples soldats. Charette rendit la liberté au chef du dé* tachemeiU, mais lit fusil 1er le paysan qui avait servi . de guide. Quant aux autres prisonniers, ils passèrent, pour la plupart, sous le drapeau vendéen. La paix était ouvertement rompue.

Le 26 juin, le général du Bas-Poitou résuma, dans un long manifeste, les nombreux griefs qui le for^ çaient à reprendre les armes, et promit de ne les déposer « que lorsque l'héritier présomptif de la couronne de France serait sur le trône de ses pères; que lorsque la religion catholique serait reconnue et fidèlement protégée, n Gomme on venait d'apprendre la mort de Louis XYil, on proclama le comte de Provence roi de France et de Navarre, sous le nom de Louis XYllL

Le 28 juin, quinze à dix-huit cents insurgés se portent sur le camp des Essarts et Tenlèvent. Des mujiitions, des équipages de cavalerie et cinq cents paires de souliers furent le fruit de cette victoire. Le même jour, Guérîn et le frère de Charette, qui venait de rentier en France, attaquent un convoi de vivres

protégé par une escorte de quatre ceots hommes» et s'en emparent malgré une vive résistance. « Douze

hommes seulement sont rentrés, » écrivit le lendemain le conventionnel Gaudin. Il ajoutait que la position de Palluau avait été abandonnée, et qu'en se rapprochant des Sables, « la troupe avait commis beaucoup d excès, » Ces excès, et ceux qui les suivirent, furent d'un grand secours à Çharette. L'ordre de reprendre les armeb avait été froidement accueilli. Les chefs eux-mêmes manquaient d'enthousiasme et de confiance. Mais quand on vit que les bleus, fidèles à leur ancienne tactique, pillaient et massacraient ceux qui restaient tranquilles comme ceux qui se battaient, on se jeta plus facilement dans les hasards d'une nouvelle lutte. Le et le 4 juillet, deux nouveaux convois tombèrent au pouvoir des Vendéens. Malgré ces premiers succès, Charette ne poussa point la guerre avec vigueur. Stofflet et Sapinaud s'abstinrent de tout acte flagrant d'hostilité , et Ton put croire qu'ils voulaient rester en paix^ Quant aux bleus, ils se bornèrent à protéger les points qu'ils avaient con-

* n a cependant été puMlé, août la date da 22 juin 1795, un tfè»4Q0g aanUeste à la aaite duquel ae trouvent les signature» de StoCBet, de Bcrnfer et de Sapinaud, comme celles de Clinrctte et de presque tous les

officiers de la Vondi^o, do la Rrotafîne, du Maine et de la rive droite de l'Anjou. Nous doutons (jue cette pièce soil duo aux généraux vend(5ens ou chouans. Elle diffère beaucoup, par le slyle, de toutes les proclauia- Uons et autres documents émanés det» chefs de insurrection. D'ailleurs, dans son manifeste du 26 juin, Charette déclare qu'il se décide enfin à ronupie la pali et à déchirer le voile qui couvre, depuis trop lonctemps, le traité de padflcatton. C'est donc 14 son premier appeL Quant à Stofflet, sa conduite est en contradiction absolue avec ce document, qui nous parait devoir être attribué aux écrivains de l'Agence rofale de Paris.

•ervéA» La Bratogna féelamait tente leur alte^Uim ei

presque toutes leurs forces. Le général Canclaux dut envoyer des secours à. 11 o< lie et augmenter 1^ g^nisoa de Nantee. 1« résultat de rexpéditioBt û longuemenl préparée par Puiaaye, devait bieniùl permeitre k là République d'éefaier la Vendée,

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