‹ Les guerres de la Vendée et de la Bretagne, 1790-1832Chapitre 23 sur 27 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

QuUieroii. •

Puisaye avi^t triomphé de tous les obstacles. Les

calomnies de TAg^ncç royale , Içs défiances de^ pnaces, roppositioQ dos émigrés* s'éttâent brisées contre sa persévérance et son énergie. Le 10 juin 1795, il sortit de Portsmoulli a,vec trois vaisseaux de ligne* six frégates* és^ chaloupes canonnières, deux cutters et deu]| lougres. Cette escadre, dont le commodore Warren avait la direction, ne portait que trois mille six cents hommes de troupes de débarquement, mais Sombreuil se prépariUt à partir avec quinze cents émigrés et une autre expédition, composée sui^tout de soldats anglais, devait suivre h deux ou trois se* maires de distance. Enfin le comte d'Artois avait promis de rejoindre, dès que d heureux résultats awaient été obtenus. Ces forces étaient sufiâsantes pour former le noyau d'une armée régulière. Puisaye n'en avait jamais demandé davantage, li savait que les voiontaiffls ne lui maupiaraient pas, et il espérait pouvoir les organiser promptement à l'aide de cadres préparés à* Tavanoe. D'abondantes ressources en armes et «I mumtûNis àê toutes sovtèa i^taionl à s« een*'

fiance. Le commodorc Warren avait ordre de lui remettre, aussitôt après le débarquement, vingt-sept mille fusils et balomiettes, avec des cartoudies en proportion ; dix pièces de campagne, avec les ustensiles, caissons et munitions nécessaires; six cents barils de poudre de cent râgt livrer chaque ; dixrsept mille sept cent dix umfonries complets d'infanterie, quatre mille de cavalerie; des selles, bottes, souliers, sabres, pistolets, pitres à fusils dans des proportions considérables; et enfin des vivres pour nourrir trois mois une armée de six mille hommes.

Les régiments qui faisaient partie de cette première expédition étaient t Royal-Emigrant, Royal- Louis, Royal-Marine, Dudresnay et Royal-Artillerie, ils étaient commandés par le major d'Haise, le lieutenant-colonel d*AUIly, le colonel comte d^IIector, ancien chef d'escadre; le comte de Talhouet, licutenantrcolonel, et le comte de Rotalier, colonel, qui avait pour second du Portail-Nom, Le comte dMIérvilly, colonel de Royal -Louis, fut promu au commandement supérieur de ces différente corps, sous les ordres de Puisaye. Il reçut le titre de maréohal-général-des-logis. C'était un ancien militaire, fort brave mais froid, exigeant et ne comprenant pas que Ton pût faire la guerre autrement que ne le prescrivent les règles. Un assez grand nombre de gentilshommes, parmi lesquels on retrouve les noms les plus illustres de France, se joignirent à Fexpéditîon comme simples volontaires. L'évêque de Doi, Mgr de Hercé, ses grands vicaires^ dont Tua était son frère, et beau-

coup id'antres ecolMaflHquefl voultireiit appuyer de

leur présence et de leurs exhortations cette solennelle tentative. Déjà, sur les instancea de Puisaye, M. de Hercé avait publié un mandement dans lequel il exhortait les Bretons à ne reculer devant aucun sacrifice pour la défense de leur foi.

Les troiq>es mises à la disposition de Puisaye, et soldées par TAngleterre, n'étaient point seulement composées d*émigiés ou de déserteurs, ayant tout à craindre de la Convention. Il s^y trouvait aussi un grand nombre de prisonniers républicains. Ces hommes avaient préféré la cocarde blanche aux pontons anglais, mais il ne fallait point compter sur leur dévouement. La victoire pouvait les aiïeiTnir dans leur nouveau parti ; la défaite devait en faire des traîtres. Ce danger n^échappa complètement ni à Puisaye, ni à d'Hervilly; néanmoins ils s'en inquiétèrent assez peu.

Pussaye avait reçu de lord Dundas un paquet quMl ne devait ouvrir qu'en pleine mer. 11 contenait des instructions portant que si le débarquement s'efieotuait en Bretagne , toutes les troupes seraient sous

les ordres du lieutenant-général comte de. Puisaye. £n cas d'obstacles graves, on devait se porter sur Bourgneuf, rive gauche de la Loire. Après avoir pria

connaissance de ces différentes dispositions, d ilerviliy dit froidement : « J'ai aAissi des instructions. — Elles ne peuvent être que pour le cas où vous ne dé-

• barqueriez pas en Bretagne? répondit Puisaye. » Elles soui,pour . t<^s les ca^, j:é|^qu^. 4'HeryiiLly^

en» fiy Hi spécifié. * Puis it produisit Ufl ordre de lord Dttiidas* pAf leqael les troUpeé de Texpéditioii

étaient mises sous sôn commatidement. « Vous commanderez les troupes soldées, mais vous les comman-^ derez âotis mes ordrès« objecta Pcddaye, vos instnw-

tîons s'expliquent par les miennes, et vous voyez qu'il y est clairement dit que j'aurai la direction su-

péHeure et générale de Tarmée. » D'Hervilly con» vint qne ee' cônt&t était très-ftcheux et n'en persista

pas moins dans ses prétentions , disant qu'il lui importait surtout de mettre sa responsabilité à couvert. Cependant on se promit de mutuelles concessions. On a voulu voir dans le vague des instructions données à d*Hervilly une profonde machination de la politi- (fue anglaise. Noos ne pouvons partager cet avis. Les lettres de service produîtes'par Puisaye devaient trancher le débat II était d'ailleurs impossible de prévoir la désastreuse infhience que la crainte de compromettre sa prétendue responsabilité exercerait sur d'Hervilly.

Après avoir échappé k la flotte républicaine, qui

fut battue, le 25 juin, par l'amiral Bridport, le convoi du Commodore Warren jeta l'ancre dans la baie de Quiberon. CTétait le S5 juin. A rentrée de la nuit, le comte de Bois-Berthelot et le chevalier de Tinténiac, qui étaient en Bretagne depuis quelques jours, abordèrent la flotte et dirent à Puisaye que tout était préparé pour le recevoir. Ce dernier demanda que le débarquement eût lieu sans aucun retard. D'Hervilly s'y opposa, voulant faire une reconnaissance en plein

jour afin de côtivrir sa responsabilité* Le iendémalA il fit le tDtir de là baie àveo line lunette ôtkppMA^^ ûè vit rt«i i ét ftCOimut que Von pouvait débarquer ; Le reste du jdUf f\it employé en préparatifs et la âeeeentd n'eut lieu que te tondettialn. On Avait poitkl vingt-quaife heute».

La garnison de CarnaC, forte d'environ deux centë' hmtûeê, pfthit i'tibotû Vouloir e'^ppoe^ m débats quement, mais elle dut bientôt prendre la fuite de* vant les chouans, qui arrivaient en armes de toua

Qùiêêi ïlntéiiiâo, d'Allègre, Oeorgee Gmloudftl et

Mercier-la^ Vendée, avaient déjà rassemblé Télite de leurs divisions et repoussé deux ou trois détache* mente fépublioal&i qui ee dirigealint eur 1» côte* Lee troupes artîetlées par fuisaye n'eurent pas un coup de fusil à tirer» La descente fut une véritable féte« Les pftyeani Méeuf aient de um eMê avee dee M«

tiaux et des voitures chargés de pain , de fruits et de légumen. Chacun s'empressait d'aider les soldats à tratisportef leurs anites et leui^ munltloAs. Les femme»

et lofi enfants voulaient avoir leur part de ce travail et de tous côtés, on éfifendait crier i Vivenoirr^ religion! 4nOe notre M! Ce fut uu beau Jouf ptm JhûÊkft, èl il dut se livrer h de bien grandes èspérances ! Tout lé monde cependant ne partageait point cet enthotl-

siasme. D'HerviUy craignait qu'il ne ceimpremlt la discipline, et beaucoup d'émigrés montraient du dé^ dain pour les chouans.

Gommé les volôntaîree se présentaient en foule, on 8*ôceup6 de leë (n^gaiiieer. En moins de tt^is jours^ on

distribua dix-sept nâle fusils. Tinténiac, Bois-Berthe* lot et le comte de Yauban, se portèrent en avant, avec tnâfi jcolpiuies imiqiiemmit composées d'insurgés» pour occuper Mendon, Auray et Landevan. Les bleus se replièrent partout k leur , approche. La garde natio-' nale d* Auray, son commanduit en téte, vint raéioe se ranger sous le drapeau de rinsurrection. Tons lee cbefe bretons s'accordaient à dire qu'il fallait pénétrer dana Tintérieur; Puisaye était convaincu, comme eux, que le succès dépaidait de la célérité; il voulait marcher sur Vannes et sur Kennes, mais d^Herviily , toujours eiDaré de sa recponsabilité , se prononçait obstinément contre toute mesure qui ne lui paraissait pas conforme aux règles de la tactique. Il lui semblait indispensable de bien s'établir à Quiberon et d'attendre des renforts avant d'aller plus loin. Les chouans, qui occupaient tous les postes avancés, ne se voyant pas soutenus, conmiencèrent à s'inquiéter. Boi»*Berihiriot dut abandonner Auray. Il y rentra sur Tordre de Puisayc et en repoussa les bleus, qui déjà, s'y présentaient. Quatre cents hommes de troupes soldées, et deux pièces d'artillerie, se portèrent en avani pour soutenir cette division. La confiance revint, et chacun parla de prendre vigoureusem^t l'offensive*

On était à Gamac depms six jours, et la presqu'île de Quiberon n'était pas encore au pouvoir des insurgés. Une garnison républicaine, forte de sept cents hommes, occupait le fort Penttiièvre. Le 8 juillet, on résolut d'attaquer cette position par terre et par mer.

La résistance était à peu près impossible ; aussi ies bleus demandèrent-ils à capituler dès qu'ils virent que Ton songeait enfin à les conibatfcre. La plupart d'entre eux entrèrent dans l'armée royale ; ceux .qui voulurent rester fidèles à lear drapeau furent transportés sur les vaisseaux anglais. Par un inconcevable oubli de toute prudence, la garnison du fort Penthièvre fut composée , en partie, des soldats même qui venaient de le rendre, et d'anciens prisonniers républicains. Une autre faute signala cette facile expédition, D'Hervilly, craignant de n'avoir pas assez de monde, avait rappelé les quatre cents 'hommes postés près d'Auray. Les chouans virent dans ce nouveau mouvement rétrograde un acte de trahison; beaucoup se débandèrent, tous se montrèîrent extrêmement irrités. Les conséquences de ces dispositions ne se firent pas attendre. Tinténiac, Yauban, d'Allègre et Bois-Berthelot , qui commandaient les colonnes avancées, ayant été attaqués au moment de la reddition du fort Penthièvre, ne purent rien obtenir de leurs soldats. La plupart prirent la fuite sans avoir tiré un coup de fusil. Il y eut dès lors deux partis bien tranchés : celui de d'Herviily et dos troupes k la solde de T Angleterre; celui de iPuisaye, des chouans et des goiililshommes venus comme simples volontaires. Ces derniers s'étaient mêlés aux insurgés et avaient facilement obtenu leur confiance,

J/ armée républicaine de Bretagne ne comptait alors que soixante mille hommes, dont six mille environ dans les hôpitaux; les villes maritimes exigeaient

d'àsêet fortes garnisons, ët l'on S'attendait à un re^ doublement d*étiergie de la part de toUà les insurgés. L'inquiétude était générale, les tribunaux n'osaient plus condamner les chouans, les révolutionnaires notoiréâ se cachaient, les magasins në contenaient que

pour quelques jours de vivreè. A la première nouvelle du débarquement dé Quiberon, les autorités d'Hennebônt s^étaient repliées sur Lorient, ët Padministra* # tion départementale du' Morbihan avait transféré ses archives de Vannes à Ploërmel. Lorient et Saint- Malô, ob Pttisaye avait depuis longtemps noué de

nombreuses intelligences, donnaient de vives inquiétudes. La situation était des plus difficiles. Mais les républicains n^avaiént qu*un chef, ét c'était un homme doué d'autant de capacité que d* énergie. Tandis que d'Hervilly s'effrayait de l'indiscipline des chouans, et que Puisaye essayait inutilement de faire reconnaître son autorité, Hoche agissait. Il concentrait ses trou-, pes, demandait des renforts à Canclaux et à Dubayet, visitait les points les plus menacés et se portait au devant de Tennemî. Quand on sut quMÎ occupait Auray, les craintes se calmèrent. D'ailleurs, contre toute prévision, le Morbihan seul avait pris les armes; le reste de la Bretagne, le Maine et 1^ Anjou, ne faisaient que des démonstrations insignifiantes et partielles.

Bien des chances de succès étaient déjà, perdues pour les royalistes. Cependant ils pouvaient encore espérer. Puisaye conjure d'ïTfîrvilly de faire au moins une tentative pour reprendre les postes perdus dans la journée du â juillet D*Hervilly se rend, et Puisaye

s'émpreéiê dô dOfillei* cette nouvelle aux chouàîis ttï^ il' ne pêat ni les calmer, ni \&i convaincre. Ce*

pendant Ils pi^enrient les armes. Le général en chef court au devant des troupes soldées pour presser leur màrche : elles tournaient le dos à l*enneffli et fen* traient dan» la presqu'île. «1 Eèt^ ainsi qué VôtlS

exécutez les dispositions convenues? » s'écrie Puisaye,

ne pouvant plus contenir son indignation. «Je ne veut pft» comproitiettre tnà responsàbilîté,* répond d'Her-

villy, et il se répand en reproches contre la mauvaise

tenue milit&ire des insurgés. €eui-ci fur^t obligés de suivre les émigrés dans leur tnouvertiont de retraite.

Hoche, qui avait déjà réuni treize mille hommes, prit

immédiatement l'offensive. Les chouans décourftgés et embarrassés, d'ailleurs, par une foule de femmes

et d* enfants qui fuyaient devant les bleus, faillirent essuyer une déroute complète. Gadoudal et d*Âllègre parvinrent à les rallier, en leur disant : « Prouvons aux troupes de ligne que nous sommes aussi capables qu'elles de combâ,ttre régulièrement. » Ils prirent position près du fort Penthîèvre. Moche s'établit immédiatement sur les hauteurs de Sainte-liafbe , et fit , avancer sa droite jusqu'à Lentel ; sa gauche jusqu^à

Lomariaquer. La presqu'île de Quiberon, où toute Tarmée royale se trouvait refoulée, a environ deux lieues de long sur une demi-Iieué de large. lé fort Penthiévre, qui la défend du coté de la terre, est situé k l'entrée d'une langue de sable nommée la Falaisê. C'est â.u bout de cette falaise que se trouve Sainte-Barbe, Hoche, satisfait des résultats déjà ob-

tenus, s'occupa de fortifier l'excellente position que l'ennemi lui avait â facilement abandonnée. 11 ne voulait pas compromettre pur trop de précipitatioo un succès qui lui paraissait certain. « Les anglo-émigréschouans, écrivait-il au général Ghérin, sont, ainsi que dcB rats, renfermés dans Quiberon, où l'armée les tient bloqués. J'espère que dans quatre jours nous en serons quittes. » Les soldats républicains parcouraient les campagnes ^viromiantes et s'y livraient aux plus épouvantables excès. Yoid sur oe point le témoignage du général Hoche lui-même : « J'ai Tâme déchirée de voir la conduite de la malheureuse armée que je commande. Tous mes ordres, tous les arrêtés possibles n'en changeront pas l'esprit. C'est la peine de mort qu'il faut faire subir sur-le-champ aux scélérats qui sont familiarisée avec l'assassinat, le viol et l'inceiH die. La loi n'a mis aucun pouvoir dans mes mains, et c'est cependant à moi qu'on s'en prend des désordres des autres qui me tuent, v Gillat, commissaire du département, dit de son côté : « Le meurtre, le pillage, le viol, la dévastation et le deuil, régnent dans toute la partie du district d'Auray, entre la grande route et la mer* » Hoche ajoute : « Il n'est sorte de crimes que n'aient commis des soldats de l'armée. » Que l'on se reporte maintenant au 27 juin« jour du débarquement, et Ton ^somprendra les sentiments qui agitaient les insurgés. « Les monstres I s'écriait Gadoudal, en pariant des soldats de d'Hervilly^ ils auraient dû être engloutis dans la mer avant d'arriver à QuiberoB*>».>- ... . .. v . . ..

Los blew, ooBvaineiis cpa^Us iCw^dû^Mome aUar

que irninûdiatc à redouter, gardaient assez mal leur camp. Puisaye s'ea aperçoit et décide d'Hervîlly à tenter un coup de main dan» la nuit du 6^au.7. juUlQt» Une première colonne, coinpubce d'insurgés et de Eoyai-EnxigraQi, pénètre jusqu'aux avant-posteâ et met renoemi.en désordre. Mais» au liçu de .la soutor nir, d'ilerviliy ordonne de battre en retraite, voulant punir, par ce mouvement rétrograde, quelques-uns de fies soldats, d*avoîr mal supporté le premier &u des rcpublicaiDS. Les coupables demandent à charger, pour réparer leur faute. « Non, messieurs, leur répond le marécbal--géiiéral-desrlogis, je ne suis paa assez content de vous aujourd lmi pour vous donner ce plaisir. » Vainement Puisaye lui représente que Ton ne fait plus ia guerre avec des. madrigaux; c^êst encore une entreprise avortée.

Hoche recevait chaque jour des renforts et se préparait évidemment à une attaque dédsive sur la pree^ qu'île. Les ingénieurs royalistes affirmaient que le fort Penthièvre et les autres travaux de défense qui protégeaient Tarmée royale, pouvaient temrsix semaines au moins. Les chouans crovaient médiocrement à. cette assurance et demandaient que Von fît quelque eflfort pour sortir de la position périilevae où l'on se trouvait. Puisaye et d'Hervilly convinrent d'attaquer tout à la fois les bleus en face et sur les derrières^ Pour exéculer la dernière partie de ce plaoi on plaça deux divisions d'insurgés, fortes, Tune de t|:ois miUe cinq cents hommes, l'autre. de tro^ miUe^

flout tai oférai de Tliiffalaç» ti dâ Jaa» Jai!, Tini4e8

chefs de division du Morbiiian. Tinténiac fut débar^

de Peutre cdté de Quiberai» prôe de liOrient Toub

deux avaient ordre de s'enfoncer dans le payt^, d'y lAÏre recnies et de ie réunir k Baud , d^où ils deiraient rnavehep eor le eamp ré]raMieaiii« de manière à pouvoir aUaquer le 16, à la pointe du jour. Une autre diveriion devait être tentée eur un point piuf^ fepproohé par le eomie de Vanbaa» Le i& , quelques navires furent signalés. Ils portaient le conite de Sembreuil et quinze cents émigrés. Ce rmkffi ne imi être débarqué assez tôt pour prendre part à Faction du 16, mai^ Bon chef voulut au moins s'y trouver comme volontaire. Puisaye reçut, le même Jour, une letfape par laquelle le miniaire Windbam lui déclarait qu'il était le seul chef de l'expédition, et que les troupes soldées étaient entièrement sous ses iurdrea. D^Hervilly ne songea plus qa'à eiécuter le^ iM'dres du général en chef.

Les troupes restées dans 4a presqu'île se mirent en marehe le 16, deux lieuree avant le Jour, afin d*ettv quer au moment même éti Tinténiae et VatdMui slgna»leraient levu: présence. Une fusée part 2 o'était le stagnai eenveQu avee Vauban, eas de aaeeèei i4«nt^ on entend le tHruit d*ane fosiUade lointaine. ■ C'est Tinténiac ! s*écrient à la fois plusieurs olïiciers, en avant I et ebargeonsU Ho<^e eonnaissait le plan de Fennemi, et toutes ses mesures étaient prises. Ses avant-postes plient sous le premier- akoe des insurgés, et eeiunei

chargent aV3Q un rôdoublement d'audaoe et de vi- 4{ueur. « Ûa yQit bien que ^ont des Français, » di« sent lei bleu^. Tout k eoup, uii egoaiiron.répulilioaia ouvre ses rangs et démasque deux foririidables batte-» ' ries. Les asëaiiiaiiië iàgni pra^Q eaveluppéâ daoi un eerelo da fmi 6t dd mitnûUa. Capandaiit, ils ne reeuit lent pas. D'Hervjlly fait avancer quelques pièces de map^gnQ et chercha à déniûntar l'artillarid républi» cm»* Hooiui, étMifié d'ima telb réiiilanoe, iff^oaiift

une charge de cavalerie, mais elle ne peut ébranler des hommes que iea boulets déciment §^ les mettre #9 désordre. Puiiuiye ne tarde pte h eemprendre ce**

pendant que les républicains n'ont aucune autre attaque à soutenir, et ii demie Tordi'e de battre en retraite. An moment ed eetle bataille déjà si dëeaa* treuse va finir, d*Hervilly est iVappé d'un biscaien diMi» la poitrine ( en le met i^r un brancard, et bom^ fareuil prend le eoBunandenient de ea eolonne. Lee

royalistes, protégée par le l'eu des ciiaioupes anglai-^ ies, reutrèrent en bon ordre dans la presqu'île. Le réginml Royal-Marine eoinptalt einqnaate-treie officiers hors de combat. Le commandeur de La Laurende avait eu les deui euiesee mportées. Le oomte 4e ïallieuet) lientenant^colonel de la légion Dudres^ nay, était resté parmi les morts, et l*élite de ses soldats avait partagé son sort. Les antres eorps étai^t moins maltraités, mais tons eependant pouvaient dé-* plorer des pertes irréparables. Sur les dix pièces de campagne amenées d'Angleterre, cinq étaient tombées au pett¥^ de l^enneml.

I! faut expliquer maintenant pourquoi aucune diversion n'avait eu lieu. Vauban, suivi de deux mille hommes, devait enlever avant le jour le poète avancé de Smni-Glément, et se porter 'ensuite sur la gauche du camp républicain. 11 avait été convenu quune seule fusée annoncerait la réussite et deux un échec. Arrivé trop tard pour surpr^idre les bleus, Yauban s^abstint de toute attaque et lança deux fusées. Une seule fut aperçue. Du reste, on attachait peu d^importanoe à cette diversion; le succès de Tratreprise reposait bw^ Tinténiac, <pie Ton s'attendait à voir paraître avec vingt mille insurgés.. On avait compté sans T Agence royale de Paris.

Les princes, et surtout le coiiile de Provence, que la mort de Louis XYII venait.de faire proclamer roi de France, s*étaient laissés complètement circonvenir par Brottier et ses collès2:ues. De simples nouvellistes, ces intrigants avaient été transformés en chefe du parti royal. Ils possédaient de pleins pouvoirs et n*agissaient plus qu'au nom du roi. Charette, qu ils avaient d'abord calonmié, était devenu leur héros; ils publiaient des brochures anonymes en son honneur, exagéraient ridiculement sa puissance et le représentaient comme le seul général de l'Ouest que la Bépublique eût k redouter. Le chef de U Basse-Yendée n^étaît point insensible à ces éloges ; S2Uis reconnaître l'autorité souveraine de i Agence, il montrait beaucoup de déférence pour ses avis. Brottier reporta toute sa haine sur Puisaye. Il lit de très-grands efforts pour obtenir que Texpédition prjépajiée à Portômouth

foi envoyée sur le» tdtos du Poitoa; pois, lorsqu'il

*sul qu'elle devait aborder en Bretagne, il ne s'occupa que de la faire échouer« QueiquoB jour» a{Nrès rentrée du commodoro Warren dans la baie de Qoiberon, les chefs du Maine, de l'Anjou, de la Vendée et de la Haute-firetague reçurent, au nom du roi. Tordre de ne point bouger. Les affidés de TAgence déclarèrent partout que l'apparition des émigrés, sur les côtes du Morbihan, n'était qu'une ruse de guerre. Gomme Puisaye avait envoyé des émissaires dans tout le pays insurgé, afin de généralisa l'attaque, on fabriqua un contre-ordre au bas duquel on c<Hitr^t audacieasement sa signature. Quelques chefe marchaient déjà au secours des émigrés; ils rentrèrent dans leurs canton ne nu iits. L'intrigue ne s'en tint point là. Dès que Tinténiac«eut enlevé le poste républicain de Sarzeau, un des correspondant de l'Agence (il s'en trouvait dans l'entourage même de Puisaye) lui ât dire, au mm du roi, de se porter à Ëiven. Il obéit, espérant que ce retard ne l'empêcherait point d'exécuter les ordres de Puisaye. Les républicains essaient de défendre Ëlvea; ils sont battus. Un eor

voyé de l'Agence se présente avec un billet du chevalier de La Yieuville, portant cpie les instructions annoneées ne peuvent être remises qu*att château de Coetlogon. Tinténiac cède encore. Les républicains essaient de l'arrêter à Josselin ; il les chasse de la ville et des iMibourgs, mais perd cinq heures en ten* tatives inutiles pour s'emparer du château. Près de la Trinité» une nouvelle colonne s'oppose à sa mar-

che, il la repousse comme les deux autres. Le lendemain, 15 juillet, il arrive à CoëUogon. Tandis qu*il eei à taUe» areo las émi80aireB de TAgence, les bleua attaquent ses avants-postes et sont repoussés par Ca^ doudal et d'Allègre. Cependant quelques tirailleurs cherchent à protéger la retraite. Tinténiac» qui vient de parattre sur le ohamp de bataille, aperçoit Vim d'eux derrière une haie, et lui crie de rendre les armes; le républicain le met en joue et le chef des ehouans est mortellement frappé. Le meurtrier tombe, au même instant, bous les coups de Julien Cadoudal, qui espérait sauver son général et qui ne put que le venger. « Aînn périt, dit Puisaye, un des hommes les plus intrépides et les plus loyaux que j'aie connus. » Le vicomte de Pontbelianger^ homme tout dévoué k TAg^ce, prit le commandement et dirigea sa troupe vers Saint-Brieuc.

Aussitôt après son déb^urquement, Jean Jan, comme Tintéiitae, avait reçu^ aa nom du roi» un ordre tout opposé à celui que venait de lui donner Puisaye. H avait consulté &&& chouans, qui déjà, remplis de défiance» s'i^iaienl immédiaUment dispmés.

Le plan de TAgencc réussissait. Les émigrés, bloqués dans Quiberon^ ne pouvaient rien entreprendre et allaient sans dente se rembarqua pour Mn une tentative sur les côtes du Bas-Poitou : le efédlt de Puisaye était perdu. Cependant ce dernier croyait encore le sucoès possible. Il demandait des troupes anglaises et se promettait de reprendre roffimsive dès qu^les seraient airivées. Aim d'entraîner Pitt, il

osait lui écrire : « Je préférerais maintenant deux mille Anglais à six mille Français. » Le péril continuait de s'aggraver. Les fréquentes escarmouches qui avaient lieu aux avant-postes, ne servaient qu'à prouver que les bleus étaient en force. Déjà de nombreux cas de désertion étaient signalés parmi les anciens soldats républicains enrôlés sous le drapeau blanc, Puisaye le sut, et cependant il ne songea point à confier la garde du fort Penthièvre à des troupes dont il fût parfaitement sûr.

Hoche devait attaquer- le 19 juillet, avec toutes ses forces, mais un transfuge lui ayant promis le mot d'ordre pour le lendemain, il attendit. Le 20, il sortit de son camp k onze heures du soir; le temps était épouvantable et favorisait la marche des soldats, car le bruit du vent, de la pluie et du tonnerre couvrait celui de leurs pas* Quelques déserteurs, qui avaient découvert dans les rochers un sentier assez praticable, guidaient T avant-garde des bleus, dont Humbert avait le commandement Ce générai devait c tourner le fort Penthièvre et le village de Kérostin, marcher rapidement sur sa droite, franchir les palis-sades et égorger tout ce qui ne se joindrait pas à lui. » L*adjudant génial Ménage avait pour mission « d'escalader le fort et de passer au fil de la baïonnette tout ce qui oppos^ait de la résistance ; » il était dé-* fendu de tirer «m seul coup de funL lom ces ordres ftirent exécutés avec promptitude, énergie et succès. A deux heures du matin, les soldats de Ménage, qui <mt marohé dans Teau jusqu'à la ceinture, escaladent

lé fort, aidés d*une centaine de ODnjurés appartenant

aux légions Dudresnay et d'Hervilly. M. de Folmont, commandant de Penthièvre , voit le premier les bleus et crie aux annesl il est immédiatement massacré, ainsi que tous ceux qui refusent de déserter la cause royale. Une autre colonne républicaine s'empare au même moment des ouvrages avancés; mais lÀ, quelques coups de fusils se font entendre et signalent la présence de ^rennemi. Une décharge d'artillerie met les républicains en désordre. Le général Leradne les rallie en leur monti ant le drapeau tricolore sur le fort Penthièvre. lis avancent de nouveau et grossissent leurs rangs de tous les anciens soldats enrôlés parmi les émigrés. Le comte d'Atilly, lieutenant-coîonel de lloyai-Louis, est tué par les hommes qu'il veut mener au combat. Les royalistes se rassemblent dans le fond de la presqu'île; mais la confusion est extrême, car des femmes, des enfants, des vieillards et des paysans sans armes fuient péle-méle au milieu des combattants. Néanmoins la division de Sombreuil, qui campait loin du fort Penthièvre, est encore intacte et peut protéger le rembarquement. On n'a plus d'autre ressource. Puisaye monte dans une barque et va presser le Commodore Warren d'envoyer ses embarcations» La présence du général en chef n'était plus» sans doute, d*une grande utOité; cqsendant cette dé-marche pèsera toujours sur la mémoire de Puisaye. Sa vie tout entière» et la confiance que lui mmitraient les chouans les plus braves, le défendent du reproche de lâcheté; il faut donc admettre que T attaque im-

prévue des Meus toi avait fait perdre la téie^ oa qae

le désir de sauver ses malheureux compagnons d'armes ne iui permit point de comprendre que quand le danger est si grand, le général doit se conduire en

soldat.

Puisaye avait recommandé à Sombreuil de n'accepter aue«me capitolation. Ce Jeune officier ne sut

pas agir avec décision. Il resta soUs le feu de l'eHnemi sans donner aucun ordre, sans jurofiter de 4*é^ nergie de ses soldats, qui demandaient à chargé.

Hoche, heureux de sa victoire, semblait désirer que les émigrés pussent regagner la fkÀJ^ anglaise. Au lieu de les poursuivre avec son activité habituelle, et de les écraser sous ses dix-sept mille hommes, il ne fit marcher contre eux qu'une partie de son avantp-garde, huit cents hommes environ. Le reste de l'armée resta sous ses ordres près du fort Penthiëvre. Humbert avançait lentement et soute* naît, contre Sombreuil, un feu de tirailleurs dont les résultais étaient assez insigrii liants. Le général royaliste, qui se tenait constamment au poste le plus périlleux, eut un cheval tué sous lui, et se replia sur le port Aliguen, bien que sa division fût trois ou quatre fois plus forte que celle qui le poursuivait; mais il voulait faciliter le rembarquement. Plusieurs chalonj^rs approchaient enfin de la côte, et une corvette anglaise dirigeait un feu tr^vif sur la colonne républicaine. Sombreuil recule jusqu^au fort Neuf. Une foule de fuyards se jettent à Teau pour gagner les embarcations; trois ou q^tre cents se noient. Toutes

iM'iHurqoii eumnl été submergées si ceux qui d^'à les occupaient n*avaient pas eu Tatroce courage dV battre, à coups de sabre, les mains des malheureui^ qui §*y aocrocbaient. Yauban et quelques autres émigrés disent à Sombreuil de reprendre Toffensive afin de donner aux cinq mille paysans qui se pressent sur le rivagOt et peulr^tre k euxHD&nes* si leur teiH tative réussit I le temps de s'embarquer» Soiid»reuil hés^tei puis entendant quelques oificiers républicains qui erieni : Rendes^-vousi rçndefr-vousi ci voyant Humbert qui s'avance comme pour parlementer, il marche au-devant de lui. Après quelques minutes de conversation, le chef des éoûgrés quitte. le« général ennemi, et dédare à ses soldats qu'il a fait une capitulation dont il est seul excepté. Beaucoup le blâment et veulent combatte, malgré Tarrivée de Hoche avee toute son armée; mais la majorité approuve Som^ breuil. Ou donne à la corvette Tordre de cesser son feu. Les royalistes attendent, Tépée à la main, les effets de la capitulation; sept cents grenadiers les chargent à la baïonnette et en tuent un grand nombre; les autres rendent leurs armes. La bataille est finie. Un conventionnel s'avance vers Sombreuil t « Votre fainiile ebt bien malheureuse, » lui dit-il. t J'espérais la venger, • répond l'infortuné jeune homme. L'évéque de Dol se trouvait au nombre des prisonniers. A l'approche des bleus, son frère s'était jeté à genoux, en lui disant : t Voici le moment de faire à Dieu le sacrifice de notre vie. i c Mon sacrî* fice est fait, » avait répondu le saint évêque* Nous

pQurriofift remplir vingt pages avec les mot» et les

actions sublhues qui gignalèrent cette terrible jour* pée,

D*umiiaD86ft approvisioimemenlA ot quatre mille

hoiiimes étaient au pouvoii- des bleus. Les soldats se pariagèreot les dépouilles de reonemi» Quant aux prisonnierav ils furent divisés en deux oolonnes, ti

cuiiduiU à Aiiray. Les émigrés, au iiombie de huit à neuf centSf formèrent la premier convoi* Les soldats qui composaient leur faible, esoortei ivres pour la |riu« pari et accablés de ialigue, n'exerçaient qu'une surveillance illusoire; les chemins étaient d'ailleurs \xap difficiles pour qa*on pûit marcher en bon ordre i la nuit ajoutait à toutes ces facilités d'évasion. Cependant très-peu de royalistes voulurent profiter de oet4e chance de saint ; il y a capitttiation« disaient-ils, nei» n'avons rien à craindre. La seconde colonne fut conduite avec la méu^ négligence, et montra la méniie confiance. .

Quelques heures après la prise de Quiberon , les représentants Blad et Tallieu étaient partis pour Paris, et Hoche avait marché sur les Gôtes-du-NonL Is gé^ nérai républicain désirait que la Convention se mon^ trât généreuse, mais il n'osait Tcspérer, et voulait au moins ne pas présider aux exécutions qu'il prévoyaiti Le rapport de Tallien devait exercer une grande influence sur le sort des prisonniers. Le conventionnel n'était pas cruel, mais il était lâche. Voyant que beaucoup de ses collègues désiraient qu^on complétât la victoire de Quiberon par le massacre de tous les émi-

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grés qui avalait survécu, il ,8eooiida leurs fureurs

« Les IMs, s'écria-t-il, ont rejeté les stipendiés de Piti sous le glaive de la loi ; il faut que la rigueur et l'opprobre du châtiment qu'ils subiront soient proportionnés à leurs 'crimes. » II eut Taudacieuse infamie d'ajouter que les poignards trouvés sur c ce vil ramas de complices » de TAngleterre étaient empoisonnés. On ordonna immédiatement au général Lemoine de se conformer k la loi, en faisant fusiller tous les émigrés^ 11 s'empressa d'obéir.

. Gepmidant on voulut respecter les formes de la justice. Lemoine forma des commissions militaires, Sombreuil fut interrogé le premier. Il dit à ses juges:

c J*ai vécu et je mourrai royaliste ; prêt à paraître devant Dieu , je jure qu'il y a eu capitulation et qu'on s'est engagé à traiter les ^grés comme prisonniers de guerre. J'en appelle aux soldats qui m'entourent. » (Quelques mouvements, aussitôt comprimés par la terreur, répondirent seuls à cet appel, L'évêque de Dol fut condamné en même temps que Sombreuil, et le lendemain ils niarchèrent au supplice avec quatorze de leurs compagnons. Ils avaient passé une partie de la nuit en prière. Les commissions militaires furent plus expéditives les jours suivants. Au bout d'une semaine, on comptait cmq cents exécutions. Les hommes que Lemoine avait choisis pour présider à cette boucherie, finirent par se fatiguer, et menacèrent de prononcer des acquittements. On les destitua, mais il fut imposable de trouver dans toute la gan^son un seul officier qui voulût les remplacer. Le

nombre des fiuilléB a*dlevaii à sept cent treize, et ce*

lui des blessés morts dans les hôpitaux, à quatre cents. On arrêta que les paysans qui n'avaient exercé aucun commandement, seraient mis en liberté, à ia con* dition que les communes auxquelles ils appartenaient rendraient leurs armes, ou paieraient une rançon en fourrage ou en Mé,

Pai'mi les gentilshommes pris h Quiberon, beaucoup avaient depuis longtemps renoncé aux pratiques de la religion ; mais, en présence de la mort, ils mon* trèrent tous autant de foi que de courage. Les prisons de Vannes et d'Auray virent des scènes dignes des premiers siècles de TEglise* Les condamnés récitaient en commun l'ofTice des morts et priaient pour leurs bourreaux. La population d*Auray nomma ie champ où se faisaient les exécutiom le Champ des Martyrt ; ce nom lui est resté.

Le parti révolutionnaire a toujours nié ia capitulation de Qoiberon. Hoche, Tallien, I^emmne, Hum-» bert, protestèrent, dès les premiers jours, contre les réclamations de leurs prisonniers, c bi quelques oâiciers, écrivirent les deux conventionnels, ont invité- les patriotes qui étaient dans le fort Neuf, à mettre bas les armes, ils n*ont adressé la parole qu*aux prisonniers français enrôlés de force, et aux cultivateurs arrachés de leurs foyers par la violence. » Comment * deviner que cet appel ne s'adressait qpLBJdx. patriotes? Il est certain d'aiHeurs quMl n*y eut pas de capitulation écrite ou seulement publiée à hante voix par les généraux répulriicains. Mais il est certain aussi qu'a-

près quelques mioute» de pouq^lers &veo tiumbert^ Sombreail le rapprocha de m soldats et leur dit : J'ai fait uiie capitulation. Cest sur cette assurance que la plupart d'eutre eux défioaèreDt les armes, et que la ooryette anglaise « the JLareftj cessa le feu ifi empêchait les bleub U avancer. Suiabreuil a^tr'Umeuii dans ce moment» menti devant ses jugw et, en quel** que sorte, devant Dieu mâioei car, en marchant au supplice, à côté de Févêque de Doi qui venait de l'absoudre, il disait encore ; • 11 y a au ca|Htulation« t Mgr de Hercé s'estril rendu campUoe de<$e mensonge? Assurciiieut non. D'ailleurs, pour établir qu'aucun doute . ne régnait parmi les éiuigrés sur TexistenGe d'une capitulation, il suffît de rappeler quMl leur eût

été facile d'échapper à leurs gardes et qu'ils ne le tentèrent poiuU Ou a dit que le générai Hui^bert ne pouvait rien promettire. C'est possible* liais les émi<grés étaient de bonne foi, la CuiivenUon le savait, et cependant elle les lit massacrer.

On a longuement recherchi^ les causes du désastre de Quiberon. Nous croyons les avoir fait connaître par le simple exposé des événements. La preiuière et la plus grande faute fut a^urément de ne pas mar-* cher immédiatement sur Rennes, Cependant, sans les intrigues de TAgence, cette faute eût pu être répai'ée. Après la défaite du 16 juillet, Texpédition avait échoué, maïs il aurait sufTi, pour éviter sa complète destruction, de faire garder le fort Pentbièvre par des troupes dévouées. Ëniln, même après la prise de ce fort, tout n'eûtpeuMti^ pas caioûre été perdu si

PuiêÀye était resté à la téte de ses troupes, ou si Sombreuil avait montré autant de décision que de courage. Malheureosement, il ne sut que s^exposer à la mort*

Les royalistes et les républicains ont souvent dit, d*un commun accord, que TAngleterre avait prévu et même préparé cette catastrophe ; qu'elle avait voulu , tout à la fois , se décharger des dépenses que lui imposaient les émigrés et ruiner Favenir de la marine iîpan^se^ en Meant tuer le» trois cents officiers de cette arme qui se trouvaient dans le régiment d'Hector. Ce reproche, il faut le dire, n*est pohit fondé. Un examen attmitif des faits le détruit complètement. L*Angleteri^e prépara et seconda avec aèle rexpédition de Quiberon. Son intérêt le lui oxmh mandait. An moment où la République, maStresse de la Hollande, était reconnue par FEspague et négociait avec la Prusse, il importait à la Grande-Bretagne que la guerre dvile reprît en France mie nouvelle activité. D'ailleurs, MM. Pitt, Dundas et \Vindimm, si habiles qu'im les suppose, ne pouvaient prévoir les fautes de toutes sortes qui firent échouer Puisaye , fautes dont la responsabilité pèse avec la plus complète évidence sur des hommes qui paraissaient et qui sê croyaient exclosiv^mifc dévouéi nxa princesi trançais.

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