CHAPITRE IL
Conjuration de La Rouërie.
Annand Tuffîn de La Rouerie était fort mal en cour
au moment de la révolution, Quoique jeune encore, il avait eu déjà beaucoup d'aventures de diverses sortes. D*abord officier dans les gardes françaises, il s*y était promptement fait remai quer par ses désordres, au milieu de compagnons, qui semblaient, sous ce rapport, défier toute rivalité. Imbu des idées à la mode , il frondait volontiers le gouvernement monarcinque, donnant à la politique et à la philosophie le temps que lui laissaient le jeu, la table, les ruelles et les coulisses. Cétait enfm un de ces gentilsliuiiiniL'S étourdis et déréglés qui secondaient avec tant de force, sans y rien comprendre d'ailleurs, le mouvement qui devait les perdre. Un duel heureux , au sujet d'une actrice qu'il aimait au point de vouloir Tépouser, et qui le payait mal de toute cette tendresse, lui mérita le courroux du roi. Vivement affecté de sa disgrâce, il s'empoisonna, fut secouru à temps, et s'enferma chez les trappistes, pour expier ses fautes. Bientôt il apprit, dans son cloître, que de jemies genliisiionniies français allaient se battre en Amérique contre les Anglais;
il partit avec eux sous le nom de colonel Armand* Les Américains lui confièrent le commandement d'une légion, à la téte de laquelle il se distingua dans piasieurs rencontres. Revenu en France, il se retira dans son ch&tesau patrimonial , près de Saînt-Malô. Nommé, en 1788, membre d'une députatioii chargée de réclamer près du roi la conservation des privilèges de sa province, il fut mis à la Bastille , où il ne r^ta que quelques senuunes. Les premiers événements de 1789 le trouvèrent partisan des réformes.
Mais, esprit vif et clairvoyant, La Rouerie corn» prit bientôt que le mouvement ne se bornerait pas à la suppression de quelques abus, et que l'organisation tout entière de la société était en péril ; dès lors il devint uii des champions les plus actifs de la royauté, et mit à son service une énergie à toute épreuve, une intelligence capable de concevoir et de mener à bonne fin les plus difTiciles entreprises. Chez de pareils hommes, l'action suit de près la pensée : La Rouerie étudia les dispositions des gentilshommes ses voisins et ses amis, se rendit compte de la situation des campagnes, des. tendances du clergé, et résolut, sans trop espérer le succès, de réunir en faisceau toutes les résistances isolées que la révolution rencontrait en Bretagne. Le Poitou et l'Anjou ne figuraient qu'indirectement dans ses combinaisons. L'approbation des princes lui était nécessaire ; il partit pour Coblentz. Ses plans ne furent pas compris; par politesse et peut-être aussi pour se débarrasser de lui, car il était tenace, on voulut bien le louer de son zèle. Que lui
importaient ces éloges? il avait besoin d*autorité. Avant d*abandonner la partie, il voulut tenter un dernier ef*
fort; le l;^ janvier 1790, il remit au comte crAi'tois une note pleine de raisons vraiiiQcnt politiques conti'e rémigration, et où son plan est indiqué avec autant de clarté que de précision. Cette tentative fut vaine, comme toutes les autres, et La Rouerie quitta, le défle^ïoir dans le cœur, cette aveugle cour de Cobientz, où Ton croyait que le plus sage était de vivre au milieu des plaisirs, en attendant le secours de Tétrangeré
La Rouêrie était parti de Goblentz découragé et résolu à ne rien entreprendre. Mais dès qu'il se retrouva seul dans son vieux château, les espérances qu*il avait si longtemps nourries Tagitèrent de nouveau; il les repoussa, elles revinrent; enfin il essaya de faire par lui-même ce qu'il n*avait d'abord cru possible qu*avec le secours des princes. Le résultat fut digne de sa persévérance; il fit accepter ses plans à rimmcnse majorité des gentilshommes bretons; fort de ce succès, il retourna à Câblent^, et obtint, le 5 décembre 1791, Tapprobation qu'il avait vainement sollicitée deux ans plus tôt, U mit immédiatement la dernière main à son œuvre.
La confédération bretonne eut bientôt des commissions centrales d'insurrection dans les villes les plus importantes, et des commissions correspondantes dans les villes intermédiaires. Cette organisation s'étendait jusque dans les campagnes. Les travaux de tous les aflidés devaient avoir constamment pour but de pro* cui'cr h l'association des honmies et de l'argent; il
était atm ^cialement recommandé de nouer des intelligences avec les troupes de ligne. Des dépôts d'aimes et de munitiouB existaient à Jersey^ où un grand nombre d'émigrés bretons se tenaient prêts à passer la mer. Conformément aux ordres de La Rouërie, des royalistes se glissèrent dans les corps administratifs et judiciaires, dans les établissements publics et surtout parmi les douaniers, auxquels était confiée la garde de plusieurs points importants,
La Rouërie ne s^en tint pas là. Comprenant qu'il pouvait et devait, par conséquent, rallier autour de lui tous ceux dont la révolution avait froissé les prin* cipes ou compromis les intérêts, il s'assura le concours des contrebandiers du Maine , nommés fauxsauniers, et des anciens employés de la gabelle, que la suppression de l'impôt sur le sel avait laissés sans emploi. I.es faux-sauniers étaient des recrues importantes par leur nombre et plus encore par leur cou« rage. Quant aux paysans, on espérait qu'ils se soulèveraient au premier signal, et Ton ne s'occupa point d'eux.
Un ordre parfait présidait à cette vaste organisa^ tion. La confédération avait son courrier, Fontevieux; son trésorier, Desilles; son secrétaire, Loisel. Les principaux chefs militaires étaient : pour le Morbihan, Lantivy-Dureste , La Bourdonnaye-Coëtcandec , de Silz, Guillemot, Le Roi de Bignan, de Troussier ; poui' TAvranchin, le marquis de Saint-Gilles; pour Tllle-et- Vilaine» La Haie Saint-Hilaire, Aimé du Bois-Guy, du Bernard et Garadeuc ; pour le Finistère , Dampherné
et Kerbalanec ; pour ie pays nantais, Palierne et La-
barillais ; pour les Côtes-du-iNord , Charles de Boishardy et de Pontbnand; Du Boberil commandait à Monfort, et Ton comptait sur le prince de Talmont pour le Maine. Plus tard, })resque tous ces noms, sauf le dernier, qui se rattache à la Vendée, reparaîtront dans les guerres de la chouannerie. Les messagers habituels étaient des mendiants. Ils inspiraient une confiance absolue et la méritaient : jamais on n'eut la moindre indiscrétion à leur reprocher.
Pour arriver à de tels résultats, La Rouerie avait du déployer une ténacité, une patience et une habileté incroyables; on acceptait ses idées, on ne lui contestait nullement le droit de sacrifier à la confédération bretonne, sa fortune, sa santé, sa vie ; mais on se résignait difficilement à le reconnaître pour chef, on redoutait de n'être dans sa main qu'un instrument. Homme vraiment supérieur, \\ tenait compte de ces faiblesses, les flattait au lieu de les irriter et savait ainsi les faire servir au triomphe de sa cause. Insinuant et plein de prévenances, il paraissait demander des conseils lorsqu'il donnait des ordres. Nul ne savait mieux commander à ses égaux. Au fond, les seules personnes complètement initiées à tous les secrets du complot étaient le chevalier de Tinténiac, Loisel; Fontevieux, le major américain Chafner et une jeune fille, Thérèse Le Moëlien, parente de La Rouërie. De Pontavice, ancien officier au régiment d'Armagnac, qui restait d'ordinaire en observation à Paris ; TufRn et le jeune Limoelan , auxquels on confiait, le cas échéant, des missions assez
importantes, bien que mieux instmits que la niasse des conjurés étaient, sur beaucoup de points , dans une complète ignorance. Entré dans la confédération par suite de son intimité avec La Rouerie , Chafner y était retenu par un sentiment plus tendre : il aimait Thérèse Le Moêlien et en était aimé. Cette jeune fille comptait parmi les agents les plus actifs et les plus heureux du complot. Belle, intelligente, enthousiaste, elle commandait les adhésions. En la voyant jouer si hardiment sa tête, aucun honime n'osait parler de prudence; lorsqu'elle ne rassurait pas les thnides, elle savait du moins les forcer à paraître résolus.
Les princes, qui n'avaient encore donné à La Rouerie qu^une simple approbation, lui conférèrent, sous la date du 2 mars 1792, de pleins pouvoirs, « ordonnant à tous les sujets fidèles de quelque état et condition qu'ils puissent être, d'obéir aux ordres du chef de l'association bretonne, » qui était autorisé « à joindre à i a&sociation les pai ties limitrophes des auti'es provmces. 9
Armé de cette pièce, qui couronnait son œuvre, La Rouerie réunit dans son château les principaux conjurés, leur expose son plan avec tout le feu qui lui était naturel , et termine en s'écriant : « Braves compagnons! si vous me croyez digne d'être votre chef et de vous mener h la victoire, jurez avec moi fidélité au roi, haine aux démagogues, soumission aux ordres des princes et entier dévouement à Tassociation bretonne. »Les conjurés, pénétrés de l'enthousiasme de leur chef, venaient de prêter le serm^t qui leur était
demandé, lorsqu'un émissaire, envoyé par le comité
de Dol, entre et annonce que les gardes nationales de Saint-Malo et de Saint-Servan marchent mv le château. Le premier mouvement de La Rouërie fut de recevoir cette visite à coups de fusil ; mais comprenant bientôt qu'une pareille démonstration compromettrait les intérêts qu'il avait mission de défendre, il s^échappa avec ses amis par des souterrains. Lorsque ie& républicains entrèrent dans le château, ils n'y trouvèrent que les domestiques commis habituellement à sa garde.
L'inutilité de cette visite domiciliaire, appuyée sur quatre cents bayonnettes, atténua, sans les dissiper complètement, les soupçons que certains indices
avaient fait concevoir aux autorités ; leur surveillance ne cessa point, mais elle fut moins active. La Rouërie pensait que le moment d*agir était venu. Les tristes résultats des tentatives isolées et prématurées de Nédélec à Fouesnant, de Charles Ëlliot et René Maiœuvre à Lorient; les luttes ardentes qui agitaient la Convention, et dont il était raisonnable d'espérer l'aflaiblissement du parti révolutionnaire; les lettres des princes, qui recommandaient d'attendre, pour agir, que les armées confédérées eussent remporté quelque avantage incontestable ; les doutes qu'inspiraient les campagnes où le mécontentement ne paraissait pas encore assez vif pour produire une insiii'rection générale, l'empêchèrent d'obéir à cette première impression : le soulèvement fut ajourné. C'était la mort de r association, car un danger plus grand que tous
— as —
ceux qu'elle avait déjà courus la menaçait : elle comptait un espion parmi ses membres.
Latouche-*€heftel possédait depuis longtemps, comme ami et comme médecin, toute la conliance de La Rouerie. D'abord , partisans touâ deux des réformes jugées indispensables par les esprits les plus mo* dérés, La Rouerie et Cheftel n'avaient point tardé à suivre des voies diUérentes : le premier était devenu le zélé défenseur du trône, le second, sans se jeter dans tous les excès du parti révolutionnaire, n'avait point cessé de lui appartenir» Leur vieille intimité n'en subsistait pas moins. Instruit, par hasard, de Texistence de la confédération bretonne, Cheftel qui, depuis quelque temps, résidait à Paris, se rendit près de Danton, alors ministre de la justice , lui révéla le peu qu'il savait et lui fit comprendre qu'il pourrait facilement pénétrer tous les secrets du complot Ses services étant acceptés, il partit pour la Bretagne. C'était après le 10 août; Tespion révolutionnaire se montre profondément affligé de la catastrophe qui avait marqué cette journée; il dît que de pareils crimes doivent rallier tous les cœurs lionnêtes à la cause royale , que pour lui il comptera désormais parmi les adversaires de la révolution; enfin, il fait plus, il déclare à La Rouerie que les sentiments dont il est pénétré sont aussi ceux de Danton, que ce fougueux tribun, qui a fait tant de mal à la royauté, est instruit des efforts de la confédération bretonne et veut les seconder. La fiouërie n*était pas crédule ; malgré toute son amitié pour Latouche-Cheftel, il hésite à le croire; alors
celui-ci produit , comme preuves sans réplique , une lettre de Danton et de pleins pouvoirs qui T autorisent à déplacer les troupes cantonnées en Bretagne. Venant d'une personne inconnue , de telles ouvertures eussent ^ donné des soupçons à La Rouerie, mais faites par Latouche-Gheftel, il les crut sérieuses et en ressentit une grande joie. Bientôt Tagent de Danton connut presque toutes les ressources de la confédération et sut que le soulèvement général aurait lieu le 10 octobre au plus tard. Le gouvernement, informé jour par jour, prit ses mesures en conséquence. Cheftel montrait tant de zèle qu'il obtint de partager avec Fontevieux une mission près des princes, alors en Angleterre. La Rouerie, qui avait partout des agents et qui entretenait une très-vaste correspondance , ne tarda pas à voir qu*on le trahissait et su découvrir le coupable. Sans se décourager, il s'occupa de conjurer ce nouveau péril; mais cette fois encore» le mouvement dut être ajourné. Afin de ne point inquiéter les membres de Tassociation, La Rouerie leur cacha la traliison de Latouche-Cheftel.
La Convention voulut enfin avoir raison de cet audacieux conspirateur, elle ordonna qu'il fût recherché avec la dernière activité; doux des agents les plus habiles de la haute police, Lalligant- Morillon et Barthe, eurent la direction des poursuites. La Rouêrie leur inspirait de telles craintes qu'ils demandèrent , pour appuyer leurs manœuvres, une force de sept mille hommes de troupes de ligne. Ce renfort leur fut promis, mais ils ne T obtinrent pas. Néauaiuins, ils se mirent à l'œuvre.
Forcé, par les ordres des princes, de passer tout rhiver sans rien entreprendre, La Rouerie dot se borner à fuir devant ses ennemis. Aucun asile n'était sûr pour lui ; il errait à travers les forêts, couchant la plus souvent sur la dure et n*ayant d'autres compagnons que Saint-Pierre, son domestique, et le courageux Loisel, secrétaire de la confédération. Déjà épuisé par des fatigues et des inquiétudes de toutes sortes, La Rouerie ne put supporter longtemps un pareil genre de vie ; il tomba malade et se réfugia au château de la Guyomaraîs, sous le nom de Gosselin. Après quinze jours d'une maladie qui laissait encore des espérances, il mourut le 30 janvier i79â, dans un accès de délire que lui causa la nouvelle de Texécution de Louis XVI. La Bretagne perdait en lui le seul homme qui pût , pour le moment, réunir toutes ses forces et lui faire jouer un rôle pareil à celui de la Yendée.
Barthe et Morillon apprirent bientôt par Latouche que La Rouerie était mort et que la plupart de ses papiers avaient été enterrés avec lui. Intimidé par les menaces de Morillon, le jardinier de M. de La Guyomaraîs indiqua Tendroit où reposait le cadavre du chef de Fassociation bretonne. L^exhumation eut lieu aussitôt; des pièces importantes furent saisies,. D'autres papiers, contenant la preuve matérielle du complot et compromettant plusieurs conjurés, avaient été portés chez Desilles, à la Fosse-lngant, mis dans un bocal et cachés à six pieds sous terre au milieu d'un des carrés du jardin, le tout en présence et sur les con* seils de Latouclie-Cheftel. Le lendemain de son expé-
dition au château de La Guyomarai», Morillon se préfiente à la Fofise-lngant, cerne l'habitation et ordonne des fouilles juste à Tendroit où le bocal était enfoui* Dès lors, toute la conjuration fut complètement dévoiiée. Un seul document manquait, mais un document d*une grande valeur : la liste des conjurés. Thérèse Le Moëlien, dépositaire de cette liste depuis la mort de La Rouerie, se voyant sur le point d'être arrêtée, Tavait jetée au feu. Grâce à cet acte de générosité, la plupart des conjurés purent tranquillement attendre des jours plus heureux. Quelques-uns seulement furent compromis, et même, parmi ces derniers, beaucoup réussirent à s'échapper. Afin de grossir le nombre des victimes, Barthe et son collègue impliquèrent dans la conspirs^ tîon de pauvres femmes qui avaient à peine pu la soupçonner; les trois filles de Desilles, par exemple. Vingtsept personnes furent transférées à Paris et compa* Furent devant le tribunal révolutionnaire. On respecta dans ce procès les formes de la justice; il y eut des débats publics, on entendit des témoins. Quinze ac^ cusés furent acquittés, douze furent condamnés à mort: François de La Guyomarais, Marie-Jeanne de Mainville, sa femme; Picot de Limoëlan, beau-frère de Desilles; Victor Thibault, Maurice Delaunoy, Locquet de Granville, Gront de La Motte, Georges de Tontevieux, Louis de Pontavice, qui avait été arrêté â Paris, Julien Vincent, interprète de langue anglaise , Thérèse Le Moëlien et Angéliquo Desilles, femme Desclos de La Fonchais. Ils montèrent sur Téchafaud le 19 juin 1798, & cinq heures du soir, après avoir unanimement
refusé l'assistance des prêtres constitutionnels. Leurs douze têtes tombèrent en treize minutes; ils montrèrent un tel courage, une telle rrsignation, que la population parisienne, bien qu'habituée à de tels spectacles» fut émue et murmura le mot de martyrs. Ce glorieux titre pouvait au moins être donné à Angélique Desilles; condamnée pour sa belle-sœur, dont elle portait le nom, elle refiisa d'éclairer les juges et mourut en priant Dieu de veiller sur ses enfants.
Nous teruûoerons Thistoire de la conjuration de La Rouerie en citant la lettre par laquelle Barthe et Mo^ rillon aniioacLient au g:ouvernement républicain la mort de ce grand conspirateur, et Farrestation de plusieurs de ses complices :
« Citoyen ministre,
K La Rouerie est mort dans un accès de rage;
ses partisans sont aux mains de la loi on poursuivis . par r éternel remords. La ci-devant province de Bretagne est paisible : il n'y a rien à craindre d'elle pour la république. Nous pouvons en dire autant des départements limitrophes. La calotte et les vieux parchemins sont vaincus; mais il faut élever ce peuple ignorant à la hauteur de notre bello révolution ; nous devons le contraindre à savoir étie libre. De longtemps il ne sera tenté, sans aucun doute, de se révolter contre les principes sauveurs proclamés par la Convention; mais si vous n'avez rien à craindre de lui, il n'en est pas ainsi des patriotes qui se sont affadis dans un modérantisme ignominieux. Nous allons
nous mettre à la chasse des prêtres et des nobles qui n*ont pas encore expié leur incivisme par l'exil ou par la guillotine. Cette œuvre de sans^sulotisme ne sera pas longue à accomplir. Nous connaissons les terriers où se cachent ces odieux soutiens des tyrans; mais pendant que nous purgerons le pays d*eux, nous croyons devoir signaler à Tattention des comités Fhypocrisie de quelques faux républicains qui regrettent la mort de Gapet, et qui surtout affectent des craintes chimériques sur la tranquillité des paysans. Que les levées s'effectuent avec du canon et des coups de fusiU et personne ne songera à se révolter; nous vous le garantissons sur notre foi de bons républicains et de sans-culottes. »
Cette lettre, qui répond de la tranquillité de la Bretagne et des départements limitrophes, porte la date du ô mars 1793. — Cinq jours après, la Bretagne, TAnjou et le Poitou, étaient en complète insurrectiôn.