‹ Les guerres de la Vendée et de la Bretagne, 1790-1832Chapitre 8 sur 27 · CHAPITRE YU · texte numérisé non relu

CHAPITRE YU

Li Gonmmioii «nvoie dtt aonveltes tfoupes «a Vendée. — Combato de Vibien* de Coocourson et de Montreuil. — Prise de Saumur. — Gatlicllneau est nommé général en chef. — Le prince de Talmont. — Occupation d'Angors. L'armée Ycndéeime marcfae sur Nantes.

Les premiers succès de la Vendée avaient frappé la Convention de stupeur ; mais» bientôt revenue à sa confiance habituelle , elle s^était habituée à ne plus regarder cette insurrection que comme un accident de courte durée. Après la victoire de Fontenay , elie dut reconnaître officiellement que la guerre de TOuest réclamait autant d'attention que celle de la frontière. Déjà, d'ailleurs, les chefs du gouvernement savéïient à quoi s'en tenir sur ce point Les rapports des généraux, des administrateurs, des conventionnels en mis^ sion, étaient trop explicites pour les laisser dans Tignorance; mais ils avaient cru habile et prudent de taire leurs craintes : ils connaissaient des cœurs faibles parmi les révoiutioniiaires en apparence les plus exaltés. La destruction presque complète du corps d'armée de Ghalbos imposait désormais une autre tactique. Elle fut promptemi ni adoptée. On avoua les avantages remportés par les brigands^ et l'on ût de chaleureux aiqpefe au dévouement des vrai$ pairioies.

De nombreux corps de troupes furent dirigés sur la Vendée ; la commune de Paris fournit à elle seule une armée de douze mille hommes ; les districts voisins du théâtre de Tinsarrection portèrent^ en quelques jours, à ce même chiffre^ les fbrœs républicaines réunies à Niort; Orléans envoya plusieurs bataillons; enfin, des

ronforto Arrivàrwl (to départemenUi fort éloigBéi» ▲ la tête de ces nouvelles troupes , de nouveaux géné* raux parurent en Vendée. La ConvenLioii n'admeltwt pas que de misérables paysans pussent vaincre ses années; dans chaque défaite elle voyait une trahison, et la plupart des offieiera supérieurs qui eurent à lutter contre 1 iusun^tion vendéenne périrent sur i'éehafaud ; les «utraa tombèrent en disgrdee* Parmi les mmveaiix généfanx, on remarquait le brasseur Santerre, dont Témeute av<iit tait un comn^andant supéfieur de la gardf nalkiiiale de Paris; Westermann , que noua aurooa tant de fins à nommer maintenant, iÀ qui recevra plus tard avec orgueil le surnom de hÊmhec des Vendéens; Bâroni autrefois duo de Lau- «un } il a quitté se» nom pour servir la république, ^ e* néanmoins le» terroristes lui accordent peu de eonôanee ; sou camp est toujours rempli de conven* tteim^ M mis^im.

Les généraux républicains, qui se trouvaient déjà sur la fix)ntièrti de la Vendée, enhardis par la certitude d^ètre promptement et énergiquement soutenus^ se hâtèrent de reprendre Foffensîve. Salomon, rentré à Thouai^ avec trois mille hommes, s'emparait de la Fdugereuse et envoyait des tirailleurs jusqu^ux portes

d^Ars^nton; L^gonyer s^était porté de Doué sur

Vihiers, et menaçait Cholet. Santerrc devait faire, en cinq jours, bien qu il ne parut point trop pressé, le trajet de Pana à Saomar. Comprenant qu'tîn plus long repos pourrait compromettre leur cause, les chefs vendéens s'occupèrent partout de rassembler leurs volontaires. On allait avoir à combattre quarante mille hommes, qui, divisés en plusieurs corps, tenaient Yihiers, Doué, Montreuil, Thouars, Saumur, et pouvaient fodl^ent se replier les uns* sur les autres.

Stofllet, prêt le premier, se porte, le & juin 1793, ' avec un faible détachemenl, sur Vihiers, et s'en empare; Leîgonyer revient en force deux heures plus tard , et chasse à son tour les Vendéens ; vers la fin de la môme journée , Lescure et Larocheiacquelein, accourus au secours de Sto£Qet, recommencent l'attaque et entrait dans Vihiers, malgré la défense éner^ gique des bleus retranchés derrière une batterie de six pièces de canon. Le 7, de nouveaux renforts ar«* rivent aux insurgés et ils marchent, en toute hâte , contre Leîgonyer. Ce général a campé ses troupes sur les hauteurs de Concourson, dans une position avantageuse qui loi permet de ooonir, tout à la lois^ Doué et Sammir. Les Vendéens voient les avuitages de l'ennemi, mais ne s'en mquiètent point; CaUieti<* neau et Larodiejacqueleîn donnent le signai de Tatta^ que et emportent, au pas de corne, les avant-postes des bleus. Le corps d'armée tient bon et la mêlée devient très-vive ; pendant dnq heures, la victoire reste

raie et ia postUon est enlevée. Les républicains ne parent se rallier qu*à une demi^lieue de Saumur, me les

hauteurs de Bournan, où se trouvaient deux batteries destinées k protéger la ville que les paysans voulai^t attaquer immédiatement, bien qu'ils la suss^t en très-bon état de défense. Salomon avait repris Toffensive en même temps que Leigony^er, il fut encore plus maltraité que lui. Gathelineau, présent partout» et le marquis de Donnissan , qui eut les honneurs de cette journée, F attendirent le 8, à Montreuil, et Ty écrasèrent. Après avoir rallié quelques fuyards, il battit en retraite sur Niort, car la route étant coupée par les Vendéens, il ne pouvait songer à rejoindre rarmée de Saumur. Toute une division manquait donc aux républicains.

L'armée catholique n'était sous les armes que depuis trois jours, et .déjà elle comptait trois victoires; les paysans montraient une très-grande ardeur; on avait jjiis à l'ennemi de rartillerie et des ♦ munitions; on résolut d'attaquer Saumur, Cette ville, située sur la rive gauche de la Loire, un peu au des* sous de son confluent avec le Thouet, eût été facile à défendre même contre une armée régulière et abondamment pourvue de tous les moyens d* attaque* Elle renfermait les divisions réunies de Berruyer, de Santé rre, de Bertliier, de Menou, et les débris de celle de JL^gonyer; en tout, quinze à seize mille hommes et quatre-vingts pièces d'artillerie. Ces troupes étaient protégées par le château, que l'on devait croire imprenable, par la l>utte de Bouiuan, qui était garnie de

redoutes, et par le Thouei, rivière large et rapide, dont le passage offrait de grandes difficultés. Sur les points que ces fortificatîoi^ naturelles ne garantis-^ saient pas sufTisamment, divers travaux, bien qu'inachevés, pouvaient déjà offrir quelques obstacles aux assaillants. En outre, obéissant immédiatement à des craintes (jue la prise de Thouars avait éveillées, les patiiotes saumurois s'étaient empressés d'abattre les murs des jardins, les haies, les bouquets de bois; en un mot, tout ce qui aurait pu permettre aux Vendéens de s'avancer sans être vus et d'engager l'affaire , selon leur habitude, en ségaiUant^

Malgré les avantages d*une telle position, les républicains n'étaient point sans inquiétude. Les deux défaites de Montreuil et de Concoureon avaient porté Talarme parmi les habitants et le désordre parmi les soldats. On voulut relever le courage des amis et intimider les tièdes ou les traîtres par une cérémonie patriotique*' Le dimanche 9 juin fut choisi pour Tinauguration à Saumur du bonnet rouge. La fête consista surtout en harangues violentes et en motions frénétiques contre les modérés et les aristocrates, c'est-à-dire contre les riches. On déclara que le peuple devait se débarrasser de tous ceux qui ne pensaient pas comme lui et qui venaient d'être signa* lés à ses fureurs. La journée du 10 eût été probablement marquée par d'affreux massacres, si les orateurs et cette populace avaient pu songer à autre chose qu*à se défendre ou à fuir.

L'attaque conmiença le 10 au matin sur plusieurs

point» à la fois et avec plus de désordre que de coutume; .tandis que les chefs, inquiets des suites que poorrait entraîner un échec, se demandent encore s'ils n'attendront pas liii jour de plus , siiiuri pour prendre une décision nu moins pour être renforcés par la division de Bonchamps qui ne peut arriver que le 11 , les paysans s*ébranlent en criant : < à SaumuT ! à Saumur! et vive le roi! » J^s officiers ne discutent plus; ils ont senti qu'une plus longue hésitation peut tout perdre. Lescure , à la tête de l'aile gauche, tourne les redoutes de Buunmn et marche sur le pont Fouchard« où se trouve la plus forte division républicaine, car c'est la principale entrée de Saumur; Larochejacquelein s'avance le long de la rivière contre le corps républicain qui occupe le camp retranché de la prairie de Varin ; Cathelineau, Stoflflet, Dessessart se dirigent sur les hauteurs, aûn de tromper l'enneuivpar une fausse attaque sur le château; Marigny menace lea redoutes deBouman.

L'aiïaire est engagée par Lescure; il a devant loi Menou , général en chef par intérim, et Berihier* Ses troupes avancent rapidement et attaquent avec vigueur. Bcrthier ordonne un feu de mitraille et charge aussitôt à la tcte de deux bataillons ; les Yen-» déens^ d'abord rompus, se rallient; ils font, à leur tour, plier les républicains. Mais tout à coup ils s'aperçoivent que leur général est couvert de sang , une balle vient de lui traverser le bras. « Nous ^m* mea perdua» a'écrîentnilSy ik est blessé ! » Beaucoup

prennent la fuite , ot toute la colonne recuis en dé^ Bordrd* « Me» amiai ce n'ait rien l • \ewt dit Lescur»^ ei| pour tout pAnaement, il te ttài Mrfer le biraé «m un mouchoir. Néanmoins la confusion est extrême \ m régiment de cuirassiers i comnifmdé.par le colo^. nei Chaillott , s'avimae pour aohevtr la dérolite d6s insurgés ; Dommaigné &e précipite au galop aveô la cavalerie vendéenne, arrête T ennemi et attaque cûrp» k corps la colonel républicain ; il reçoit Au mémo instant un coup do sabre et un coup de fmiraillei tt tombe mortellement frappé; mais, en tombant, il décbaryo sa carabine sur CbaiUou et le met bore de, combat. Privée de son cbef i la cavalerie vendéenne recule ; un seul cav alier , Loyseau ^ du village de Trémentinest veut défendre le corps de Dommaigné } il tue trois cuirassiera et^ voyant qu'il est abondonnéi se laisse tomber comme atteint d'un coup morteh La défaite des Yendéens senoble inévitable. Leur dé^ Bordre les sauvera. Deux caissons renversés par la rapidité de la fuite, sur le pont Fouchard, arrêtent la cavalerie républicaine. Les paysans se retournent, etf voyant que leurs balles ne peuvent traverser les cuirasses, visent leurs ennemis & la tête; les bleus hésitent, une volée de coups de canon les force à reculer, et les Yendéens reprennent Toffensive ; Loyseau, qui s^est relevé» combat « comme toujours^ au. premier rang.

Le défaut d'ensemble dans Tattaque des Yendéens avait compromis leur position. Chaque division combattait isolément et pouvait être détj uile sans r^ce-

voir aucun secours. Galhelineau, placé sur les hauteurs du côté du château , observe attentivement , sous le feu de l'enneini, la situation des divers corps engagés; ii voit que» pour rallier les efforts de l'armée et les rendre fructueux , il faut enlever au plus vite le canip de Yarin; il donne cet avis aux autres chefs et se porte lui-même sur le point où raffaire doit se décider. Le général républicain Coustard, qui est arrivé depuis la veille seulement et qui commande le centre, saisit Timportance de ce mouvement; il ordonne à deux bataillons de marcher au secours du camp ; les soldats refusent de lui obéir ; tioidis qu'il parlem^te, june batterie vendéenne vient fermer le passage. « Charge sur cette batterie , t crie-t-il à ses cuirassiers. « Où nous envoyez-vous, général ? » demande le colonel Weissen. « A la mort, répond Goustard, le salut de la république Texige. » Les cuirassiers s'élancent, leur choc est vaillamment soutenu et ils périssent presque tous; néanmoins la batterie est enlevée; mais Tinfanterie refuse d'avancer. Weissen regagne sa division couvert de blessures et n'ayant plus de soldats.

Les Vendéens font de rapides progrès» La Ville de Baugé se porte par Saint-Just sur le camp républicain , et le prend à revers ; Larochejacquelein , chargé de continuer Tattaque de front, jette son chapeau au milieu des ennemis , en criant : « Qui va me le chercher? » 11 saute le premier par dessus les retranchements; Cathelineau le suit avec les paysans les plus intrépides; La Ville de Baugé exécute, de

son côté, le ihéme mouvement; le camp est pris, les républicains rentrent en désordie dans Saumur. Larochejacquelein» La Ville de Baugé, et trois autres cavaliers ee précipitent sur leurs pas et pénètrent

dans les rues, lorsqu'on se bat encore à l'entrée des faubovffgs; un bataillon qui descendait du château débouche devant eux ; ils Tattaquent et le bataillon

prend la fuite en jetant ses arines ; ils avancent toujours, sans s'inquiéter des coups de fusil que leur ti* rent quelques fuyards; Larochejacquelein tue d*un revers de sabre un dragon qui, plus intrépide que les autres, était venu lui lâcher son coup de pistolet à bout portant; eniln , ils sont rejoints par leurs soldats et par ceux de la division de Lescure , car Tarmée vendéenne est dans la ville , bien que les redoutes de Bournan et le Château tiennent encore. Les redoutes furent évacuées pendant la nuit , et la garnison du château, qui avait d'abord menacé de faire leu sur Beauvollier Fainé, envoyé en parlementaire, capitula le lendemain; elle éïdi forte de cfuatorse cents huiiiincs. L'armée républicaine ne put nieme réussir à nàettre uîi peu d'ordre dans sa déroute ; les fuyards se répandirent dans toutes les directions, semant partout l'alarme. Au lieu de poiu'suivrc l'ennemi, les insurgés courent aux églises en criant : « Vive le roi ! vive la rdigim catholiqmJ • les cloches sonnent, et ces hommes qui, avant la bataille, avaient remis leur vie entre Ips mains de JDieu , le remercient de leur avoir donné la victoire.

Par la prise de Saumur, les Vendéens étaient maî-

tm 4tt ptetafe de 1* Mif « ûi it irouvtfiiit «bon»

damment pourvus de munitions de toutes &ui tes ; quatre-vingts pièces de canon, des miiiiers de fuéil»» de la poadre » du ploiab * du aelpdtre » de» équipe^ ments et cinq ou six mille prisonniers restaient au pouvoir défi vainqueurs. En contemplant ces dépouiilM^ ' Larochc||acqueltiji »'écri& 1 1 Lt plus étonné de pe* rnlê succès, c'est moi; ils me confondeiU. Tout vient de Dieu« » ^lon i' usage, on lit tondr» les ph'^ eoimien et où ke renvoya eprèe qu'Us eurent promis de ne plus porter les armes contre les défenseurs de la religion el du trôhe. Le général Quiétineau, qui à Tbouars avait refusé de rester prisonnier sur parole parmi les Vendéens, fut repris à Saumur où il avait été mis en état d'arrestation par son propre parti; Lescure le pressa de nouveau d'accepter Vho^ pitalîté de ses vainqueurs. « Non^ répondit-il, on me soupçonnerait dt" trahison. » On le laissa partir et bientôt il mourut sur Téchafaud, ainsi que sa iemme* Lescure était resté sept heures à cheval aVeole bras traversé â*une balle; il dut quitte^ Tannée le ISDdemain. Avant de partir , il convoqua les oiïiciers cfaes lui et leur fit comprendre qu'il importait de nonmier un général en chef. « Quant à moi , ajouta* t-il , je donne ma voix à M. Cathelineau. » Tout le monde recoimut la sagesse de cet avis« et Thumbld colporteur du village de Pin^en^ugee Ait nommé

h ruiianirnilé généralissime des armées catholiques et royales. D*Ëlbée et Bonchamps^ que leurs blessures avaient empMié de.se trouver h Taltaque de Sau-

mur, IMnoiiMii» Botey, DiâiOiii, kwkft ch«fe« w

an mot, qui n'asdstaient point à la réunion tenue chez Lescure» approuvèrent ei ratifièrent ia détermination qu^on y avait prise. Voici en quels termes fut rédigé ie brevet de Gatheiineau :

« Aujourd'hui , 12 juin , Pan i'' du règne de Louis XVII, nous soussignés, conmiandant les armées catholiques et royales, voulant établir un ordre stable et invariable dans nos armées « avons arrêté qu^il sera nommé un général en chef de qui tout le monde prendra Tordre. T)*aprè» cet arrêté, tous les vœux se sont portés sur M. Gatheiineau , qui a com* mencé la guerre, et à qui nous avons voulu donner des marques de noire estime et de notre reconnaisdance. £n conséquence, il a été arrêté que M« Gatheiineau serait reconnu général de Farmée, et que tout le inonde prendrait ordre de lui.

« Fait à Samnur, en conseil, les jours et an que dessus.

tLESCURE, DE BEACVOLtrER , MaRIGNY, StOF- FLBT, DB LaUGRENIÈRE, D£ HaROCB^ La VlLLB DE BaOG^, LAROCHBMGQDBLEm, D^El>

Bf?E, Dmoux-n'HAUTERivE , DR BoïSY, Des-

SESSARTS, TOi\N£L£T, DE BONGHAMPS.

Catlielioeau accepta, mais non sans pmne, car lui

seul ne se croyait pas de force à supporter un tel faideau. ^

On a souvent représenté cette élection comme un chef-d'œuvre de politique de la part des gentilshom-

mes, en ce sens qu'elle flattait les paysans. C*est voir les choses par leur petit côté. Cathelineau n'était pas seulement le chef le plus influent de rin8urrection« c'était ^core Thoninie qui lui avait rendu le plus de services ; il brillait autant sur le champ de bataille par la rapidité de son coup d'œil et Thabileté de ses mouvements, que par sa sérénité et son courage ; dans le conseil, ses avis portaient toujours remprcintc (Wme grande sagesse ; en un mot» Cathelineau était vraiment un générd ; ses compagnons le savaient» et voilà pourquoi ils le mirent à leur tête. Sans doute , ils trouvaient heureux, pour leur cause, que cet homme» â digne de les commander et dont le choix ne pouvait soulever aucune réclamation, fût un simple paysan; mais cette raison, présentée comme déterminante, ne fut qu'accessoire, La Vendée ne connaissait point ces petites habiletés *,

On lit à Saumur de nouvelles recrues; quelques soldats républicains passèrent sous le dr ipoaii catholique, et rétatrmajor se fortifia de trois chefs importants : Charles d'Autichamp, qui , à vingt-trois ans , avait mérité d'être placé au premier rang, parmi les . officiers de la garde constitutionnelle de Louis XYI; Piron, qui arrivait de Bretagne pour partager les périls et les gloires de la Vendée ; et le prince de Talmont, Ce dernier av^it alors environ vingt^huit ans. C'était un homme de cinq pieds dix pouces et d'une très4ielle

* Gatbdlneia tvaU du reste quelque Instruction. Noos vnm tu n gnature sur les registres de Pégjise de Pln-en-M auges , dont 11 était mar^ gttiUer; l*écrilttre en est feme et asws rapide.

figure ; il avait fait lacanqkagne de 1792 avec les émigrés, comme aide-de-carap du comt« d'Artois; rentré en France, il s était rendu dans ses immenses propriétés de rOuest pour y organiser la révolte ; arrêté et conduit à Angers avant d^avoirrien entrepris, il fut sauvé par son frère, l'abbé de la Trémoille, qui, à force d*argent, obtint d*un membre de la Convention quMl favoriserait Tévasion du prince. Talmont avait de brillantes qualités que ternissait malheureusement le désordre de ses mœurs. 11 doit être compté parmi les politiques et non point panm les honmies qui représentaient vraiment la Vendée. Forestier, nommé commandant supérieur de toute la cavalerie après la mort de Donmiaigné, voulut absolument être remplacé par Talmont. Cette preuve de dévouement et de modestie donnée par un jeune homme de dix-huit ans, fils d'un pauvre cordonnier de village, nous parait aussi digne d*être signalée que le choix même dont il avait été Tobjet par ceux qui, depuis trois mois, le voyaient agir sur le diamp de bataille.

La possession de Saumur olTrait de si grands a\ antages que Ton voulut s'y établir. On aiTéta que Lar rochejacquelein y resterait avec une partie de sa division. La difTiculté était de rcleinr les paysans. Les effoils que Ton fit à cet égard ne servirent qu'à prolonger Toocupation de quelques jours»

Toutes les routes étaient ouvertes devant rarméc royale. 11 avait suffi de deux faibles détachements pour enlever Loudun et Chinon. La garnison d* Angers, forte de quatre mille hommes, s'était repliée

sur La Flèdiô, et d« là sur Tours, ahuidonnaiit, bien epie rennemî n^eût pas encore paru, sa grosse artillerie, ses approvisionnements et ses munitions. 11 [allait profiter de cette terreur. Marcherait-on sur Tours, pour dominer les deux rives de la Loire? se porterait-on sur Niort pour en chasser les troupes commandées par Biron et Westermann? pénétrerait-oo ou Ereta^e, ob rou pourrait faire de nouYelles recrues et oonsti* tuer une armée qui permettrai L peut-être de marcher sur Paris, seul moyen dVriver à une heureuse solution? car, on aurait beau détruire des divisions républicaines, il s'en présenterait toujours de nouvelles, et la Vendée , malgré ses victoires , tinirai^ par être écmsée ; chaque combat, qu'il fût heureux ou malheureux, diminuant le nombre de ses défenseurs. Attaquerait-on JNantes, alin de s'assurer d'abord la domination de tout le pays déjà insurgé et de domier on point d'appui formidable aux opérations ultérieures? La discussion porta particuiièremeut sur ces deux derniers projets, fionchamps, dont rarmée contenait toute une division composée de paysans appartenant à la rive droite de la Loire, et qui avait d'ailleurs des relattons assez nombreuses en Bretagne, însistail pour que Ton pénétrât immédiatement dans cette province ; la majorité pensa, au contraire, qu il fallait uiarcher sur NanteSf et l'attaque de cette ville fut résohie* On 80 réservait, d^ailleurs , de faire ensuite «ne tentative sur îa Bretagne, et de là sur la Normandie. On croit que c*est dans cette séance que Stofflet, dont Tardeuf teudtait quelquoMs à ht bnxtaSté, proposa im dvet fc

Bonchainps. «Non, monsieur, lui répondit ce dernier, je n^accepte point votre défi ; Dieu et le roi peuvent seuls disposer de ma vie, et notre cause perdrait trup si elle était privée de la vôtie. »

L^armée eathoU^iae et royite« après avoir occupé Angers sept ou huit jours, se mit en raarclie poui* Nantes, le il juin.

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