CHAPITRE PREMIER
Le dimanche, 21 avril 1555, au matin, conduits par Blaise de Monluc, les Siennois, qui ne voulaient pas vivre sous la domination hispano-florentine, étaient partis de leur cité pour se retirer à Montalcino, chef-lieu du pays resté libre. « Il y avoit plus de cent filhes suyvant leurs pères et mères, et des femmes, qui portoinct des bresseaux, où estoinct leurs enfants, sur leur teste ; eteussiés veu beaucoup d'hommes qui tennoinct en une main leur filhe et en l’autre leur femme; et feurent nombrés à plus de huict cens hommes, femmes et enfans. Oncques à mä vie je n’ay veu despartie si désolée.1 » Une lettre de Strozzi confirme ce récit : « Sire, Il est sorti de Sienne une grande partie de ce peuple avec les femmes, garçons et filles, emportant le peu de hardes qu’ils ont pu, abandonnant la patrie et tout pour suivre les gens de Votre Majesté, plutôt que de vouloir rester aux mains des Espagnols. ? » Les exilés arrivèrent à Montalcino le soir du même jour, « tous descharnés et presque ressemblans des morts * ». Le mercredi suivant, Monluc adressait à Henri Il ce billet, conclusion lapidaire du siège fameux : « Sire, Par M. le maréchal Strozzi entendrez la fin qui est succédée de vos affaires de Sienne, et ne me reste autre sinon vous supplier très humblement estre certain que si j'eusse sceu faire myeulx, je l’eusse faict. » Il ajoutait : « Je vous remercie du congé que m'avez donné pour m'en
1 B. de Monzuc, Commentaires, éd. de Ruble, t. IT, p. 102.
2 P. Strozzi à Henri II, 1555, 24 avril, Montalcino (Bibl. Nat., ms. fr. 20455, fol. 63-66 ; orig.). — BanrGiLut, Intorno all’assedio di Siena, pp. 18-19 ; P. Cour- TEAULT, Bl. de Monluc historien, p. 294.
$ Commentaires, t. II, p. 107.
retourner en France me fare guarir. ‘ » De fait, il partit aussitôt, laissant à Montalcino les restes glorieux de la liberté siennoise.
Dans la Toscane qui a fourni tant de sites à l’histoire, Montalcino est une des plus belles acropoles : crête de vie luxuriante, qui émerge d’un pays tourmenté où se culbutent les collines d'argile chauve. Tout proche, le Monte Amiata la domine du sourire blanc de sa neige, qui dure jusqu’à l’extrème printemps. De l'immense base vallonnée, que rayent des chemins compliqués et pénibles, monte la sonorité des chars de vins exquis. Le matin, un brouillard dense couvre le val d'Orcia et le val d'Ombrone et semble porter la cime de Montalcino comme un ciel inaccessible. Puis, le décor s’éclaire : au loin, les villages et les bourgs lancent vers l’azur leurs tours municipales ; derrière les montagnes boisées, on devine la Maremme fiévreuse. Plus près, à côté du rempart, des cyprès, veilleurs romantiques, attristent les vergers d’oliviers argentés.
Aujourd’hui ville charmante et inconnue, Montalcino fut, dans la Toscane du moyen âge, une cité farouche, héroïne d’un drame fameux. Sous ses murs, en 1252, les Florentins, ses alliés, écrasèrent les troupes de la république de Sienne. Celle-ci, en 1260, réunissant les forces des cités gibelines, confia sa vengeance à Jordan d'Anglona, vicaire général de Manfred, roi de Sicile. Pour secourir Montalcino, les milices coalisées de Florence, de Lucques, de Pistoie, de Prato, d'Arezzo, de Volterra, de Colle, de San Gimignano et d’Orvieto s’avancèrent par delà les monts du Chianti et furent écrasées, le 4 septembre, à la bataille de Montaperti.
Che fece l’Arbia colorata in rosso?.
Au Campo de Sienne, quatre jours après, les représentants de Montalcino apportèrent leur soumission entière. Les vainqueurs, au lieu de ruiner la cité ennemie, la fortifièrent et y
‘ Lettres, éd. de Ruble, t. INAD 07:
? Dante, Enfer, X, 85. — Cf. sur ces événements, E. JorDan, Les origines de la domination angevine en Italie (Paris, 1909, in-8e), pp. 205-207.
mirent une puissante garnison. Ces murs, élevés par les Siennois au treizième siècle, étaient encore inexpugnables au seizième siècle. En 1525, ils arrêtèrent l’armée du pape Clément VII, qui dut se retirer devant une résistance qu’illustrèrent des femmes et des enfants mêmes. En 1553, six mois après la révolte contre les Espagnols, tandis que la ville de Sienne, protégée par les lieutenants de Henri Il, jouissait de Ja paix et de la liberté, Montalcino avait porté tout le poids de la guerre en Toscane : du 27 mars au 15 juin, les Impériaux, au nombre de quatorze mille, commandés par Garçia de Toledo, avaient assiégé en vain la cité, que défendait une garnison française sous lés ordres de Giordano Orsini, aidée de toute la population. Au bout de deux mois et demi, les Espagnols s’en allèrent, laissant au pied de ce rempart fameux plus de trois mille morts‘. C’est là encore, nous l’avons vu, qu'après le désastre de Marciano, Piero Strozzi s'était réfugié avec son état-major, pour diriger plus librement les opérations contre les troupes de Cosme de Médicis et du marquis de Marignan, qui investissaient Sienne.
Vraie citadelle de la Toscane méridionale, il était naturel que Montalcino servit de refuge aux derniers représentants de la liberté siennoise. Ses habitants mêmes montraient une attitude d'héroïsme terrible. Le 19 mars 1555, un citoyen écrivait à quelqu'un de ses amis: « Je vous assure que notre cité est résolue en tout à rester libre : nous mangerons nos enfants de faim plutôt que de souiller par une capitulation quelconque cette liberté bien aimée. ? »
En 1555, le territoire de la république de Sienne, non conquis par les troupes espagnoles et florentines et dont Montalcino devint la capitale, comprenait une soixantaine de chäteaux, roche et villages. Sauf les variations qu’y apporta la guerre des années süivantes, en voici la liste d’après ün itinéraire administratif : Castiglione d’Orcia, Rocca d’Orcia, Radicofani, Campiglia d’Orcia, Contignano, San Casciano, Celle,
1 Giornale dell'assedio della ciltà di Montalcino (Archivio storico italiano, ser. la, appendice, t. VIII, pp. 345-385).
? Scipio Zondadari à Bonav. Barili, 1555, 19 mars, Montalcino : « Vi dico come la nostra città & risoluta in tutto di restare libera, dvero mangiarsi i figli per fame prima che venire a patti o accordi che machino quella amata libertà. » (Arch. d'Etat de Lucques, Ambascerie, 584; Grig.).
Fighine, Chiusi, Abbadia San Salvatore, Pian Castagnajo, Samprugnano, Montemarano, Manciano, Saturnia, Rochette, Montelaterone, Arcidosso, Monticello, Castel di Piano, Montegiovi, Seggiano, Pienza, Monticchiello, Montenero, Civitella, Pari, Castelnuovo dell’Abbate, San Quirico d’Orcia, Castiglioncello, Santo Angelo in Colle, Camigliano, Poggio alle Mura, Argiano, Sasso di Maremma, Montalcino, Cana, Castello di Cotone, Cinigiano, Montorgiali, Batignano, Grosseto, Pereta, Talamone, Montemassi, Roccastrada, Montepescali, Istia d’Ombrone, Sassofortino, Roccatederighi, Magliano, Campagnatico, Tatti, Montorsajo, Paganico!. C'était une partie du val de Chiana, presque tout le bassin de l’Orcia, les deux tiers du val d'Ombrone, la Montagnate et la Maremme Toscane.
L’Ombrone est l'artère vivante de ce territoire, le plus grand fleuve du Préappenin toscan : sorti des monts du Chianti, il coule longuement dans un lit tortueux et arrive, par le défilé d’Istia, à la plaine maritime qu’il a formée du produit de ses eaux troubles. Il traverse deux régions bien distinctes, la Montagne et la Maremme, dont Montaléino et Grosseto sont les chefs-lieux.
C'est au sud de l’Ombrone que l’activité volcanique a soulevé le cône du Monte Amiata, couvert d’une végétation de châtaigners, de hôtres et de sapins ; sa roche poreuse laisse échapper des sources abondantes et salubres, qui ont fait naître sur Île contour une couronne de gros bourgs fortifiés. Au couchant, l’Amiata est flanqué du Monte Labbro, et au midi, du Monte Civitella, masses de calcaires pittoresques. La grande voie /rancigena ou romea, ancien trait d'union entre Rome et la Haute-ltalie, traverse cette région pour aller de Sienne au lac de Bolsena. De toute la « montagne », c’est le val d’Orcia qui séduit le plus : la rivière, née entre Cetona et Radicofani, descend, presque en torrent, vers un lit qui s'étale au pied du Monte Amiata. Un aspect métallique et gris domine le reste du pays.
La plaine de Grosseto, entre la Bruna et l’'Ombrone, apparaît toute différente : vaste golfe marin aux temps préhistoriques, c'est une terre mal assise que désole aujourd’hui la fièvre.
‘ Liste des potestaries et vicariats (Arch. d'Etat de Sienne, Délib. de la rép. de Montalcino, passim). — Cf. Descrizione delle entrate e spese della repubblica, di Siena ritirata in Montalcino (5 avril-10 juin 1558), ms. de la Bibl. Nat. de Paris, publ. dans l’Arch. stor. italiano, s. 12, app. t. VIIL pp. 466 et suiv.
De nature, le territoire de la république de Montalcino était le plus pauvre de la Toscane. La guerre, en 1555, y avait pris un caractère infernal. À dix milles autour de Sienne, on voyait les plus belles églises, les châteaux, les villages détruits et brülés, seulement quelques murs debout. Les hommes s’y poursuivaient « comme dans une chasse aux porcs sauvages ». Une multitude de chiens affamés parcouraient la campagne, se disputant les cadavres. Les paysans, réfugiés derrière les remparts écroulés de leurs castelli, y mouraient de faim et de désolation, en foule. Le voyageur rencontrait sur les routes des petits enfants décharnés, perdus, qui périssaient d'abandon, n’ayant plus de parents ‘. Même en temps de paix, après la trêve de Vaucelles, la famine persista dans la région de Montalcino, et quelques-uns des Siennois qui s’y étaient retirés, durent s'en aller pour trouver ailleurs leur nourriture *?.
C’est pourquoi la première préoccupation des nouveaux venus, des fuorusciti siennois, fut d'ordre économique. Montalcino ne pouvait leur offrir qu'un refuge. La cité, forteresse de montagne, dominant un pays accidenté et peu cultivable, sauf quelques côteaux plantés de vignes et quelques champs de blé, enserré d’ailleurs par les troupes ennemies, était une place sans débouché, une acropole sans port de mer. Doués du sens pratique de leur nation, illustre par ses richesses dans le moyen âge, les fuoruscifi sicennois conçurent une audacieuse entreprise pour remédier à leur misère économique. Espérant d’intéresser Henri IT à leurs projets, ils rêvèrent de créer dans la Maremme de Grosselo un centre de vie agricole et maritime. Au début de mars 1556, le gouvernement de la République envoyail une ambassade au roi de France, le suppliant de vouloir bien « dépenser trois cent mille écus pour agrandir, fortifier et magnifier Grosseto eten faire la capitale d’un État riche et puissant »°. Une bonne fortune nous a conservé le projet qui fut soumis à Henri IT”.
4 Description par un marchand, Francesco del Bene, adressée à Bonav. Barili de Lucques, 1555, 24 janvier, Montalcino (Arch. d'Etat de Lucques, Ambascerie, carte originali, 584; orig.).
? Le card. de Tournon à Octave Farnèse, 1556, 8 juin, Rome (Arch. d'Etat do Parme, Roma; orig. ital.).
8 Adr. Saraceni à la Balia de Sienne, 4556, 7 mars, Rome (Arch. d'Etal de Sienne, Lett. alla Balia, COXXIIS, 84: orig.).
4 Discorso di M. Cesare Vajari sopra le cose di Montc-Alcino, publ. dans
On mettait d’abord en relief la position avantageuse de la Maremme : voisine de l’île de Corse, qu'occupaient alors les Français, et facilement protégée, au cas d’une attaque, par la flotte royale, elle s’offrait aux navires et aux commerçants venus des grands ports de Provence. Il s'agissait done seulement, pour l'enrichir, d'améliorer l’arrière-pays et de créer, sur la côte, un mouillage commode. Au dire des Siennois, la région était pleine de ressources mal exploitées. Riche de pâlurages dans la plaine maritime et de terres à blé, un peu plus haut, dans le pays de Marsigliana, elle avait, en outre, les salines d'Albegna et les pêcheries du lac de Castiglioni. Pour mettre en culture la Maremme, les ambassadeurs prièrent le roi de détacher de France un certain nombre de laboureurs, qui fonderaient, avec l’aide des habitants, une colonie fertile et peuplée, « comme faisaient les anciens Romains ». L
Plus difficile devait être la création d’un bon port. Port’- Ercole, où, depuis 1533, avaient débarqué la plupart des troupes envoyées en Toscane, n’appartenait plus à la République : les Espagnols et les Florentins s’en étaient emparés au mois de juin 1555‘. Naturellement, les Siennois demandaient qu’on le reprît. Mais leur rêve économique s’orientait plutôt vers le mouillage de Talamone. Le golfe de Talamone abritait, dans l'antiquité, un des ports les plus fameux de l'Etrurie maritime. Après les EÉtrusques, les Romains y avaient accompli de grands travaux d'hydraulique et orné le littoral de villas délicieuses. Au moyen âge, Florence et Sienne s'en étaient disputé la possession; mais Sienne, finalement victorieuse, n'y avait rien fait de solide : l'architecte Peruzzi, visitant Talamone, en 1531, y trouvait des ruines et, quelques années après, le corsaire Barberousse put saccager la ville sans difficulté, Tout pénétrés d'histoire antique, les représentants de Montalcino supplièrent Henri Il de faire déblayer le port envasé. Ils estimaient que, pour une dépense peu considérable, on obtiendrait un résultat magnifique : la salubrité relative du site y atlirerait une population nombreuse, la position naturellement forte de ce lieu
l'Arch. slor. ilaliano, s. 1a, app., t. VIII, pp. 389-393. L'original est aux Archives de Sienne.
Cam. Celsi à la Balia de Sienne, 1555, 8 juin, Florence (Arch. de Sienne, Lett. alla Balia, CCXX, 21; orig.).
et sa proximité de Grosseto en garantissaient le sûr développement. Ils demandèrent également qu'on aménaget le port de San Stefano et les calles environnantes, au pied du Monte Argentario.
Aux bouches de l’Ombrone, les Siennois, toujours avec les deniers du roi de France, projetaient aussi de grands travaux. [l y avait des salines naturelles, mais dans un site malsain. Tortueux et jaunâtre, entre des rives mortes, bordé à quelque distance de mares stagnantes, d’où s’élève, dans un paysage lugubre, une odeur de pourriture, l'Ombrone de la Maremme offre encore aujourd’hui un des tableaux les plus désolés de l'Italie. Inspirés par les écrivains de l’antiquité et surtout par Pline‘, les fuorusciti formaient le dessein d’endiguer ces tristes eaux pour les rendre navigables.
Le cœur de cette renaissance économique devait être Grosseto, création du moyen âge, prospère jadis sous la domination des Aldobrandeschi, nœud d'importantes voies stratégiques et commerciales. La ville appartenait aux Siennois depuis le quatorzième siècle : on sait qu’en 1336, le condottiere Puccio de Magliano emporta de Grosseto la cloche municipale pour la hisser, à Sienne, sur la éorre del Manqia. Au seizième siècle, il subsistait une forte enceinte, qu'avait réparée Piero Strozzi pendant la guerre de 1554. Située à cinq milles de la mer et presque sur les bords de l’Ombrone, Grosseto offrait de précieux avantages. Les fuorusciti siennois demandaient au roi de France de faire construire un grand canal pour relier la ville à la mer, avec des fortifications : « Cette cité deviendra bientôt une des premières de la Toscane et même de l'Italie. ? »
Montalcino et Grosseto, vassales rebelles de Sienne au moyen âge, recueillaient maintenant les fils exilés de leur reine asservie.
Pour exécuter de tels travaux, il fallait à la république une stabilité politique, une cohésion dans le gouvernement
4 Mox Umbro navigiorum capax. Puine, Histor., 1. II. ? Discorso supra cit.
et des moyens matériels que les pauvres réfugiés ne possédaient guère.
L'indépendance de l'Etat de Montalcino fut protégée ct l’ordre public assuré, comme jadis à Sienne, par des troupes à la solde du Roi, que commandait un gouverneur ayant titre de « lieutenant-général en Toscane ».
Le premier lieutenant, après le départ de Strozzi et de Monluc, fut Jean Larchevêque de Parthenay, baron de Soubise, qui vint à Montalcino au mois de juin 1555! A la suile du voyage de Carafa à la cour, en 1556, Henri II décida de renvoyer Monluc en Toscane au lieu de Soubise et, le 18 août, il annonçait aux Siennois cette nomination®. Soubise parlil de Montalcino au début de novembre, passa par Rome, qu'il quittait le 17, et prit la route de Ferrare pour rentrer en France”. Son successeur était arrivé en Toscane à la fin d'octobre, mais il ne s’y établit de manière définitive que dans les derniers jours de mars 1557, lorsque le duc de Guise commença la campagne des Abruzzes'. Au bout de quelques mois, Monluc demandait instamment son rappel : il reçut son congé le 15 novembre et partit le 195. Dès le 20 octobre, Henri Il avait nommé pour le remplacer, avec une provision de vingt-quatre mille « francs » l’an et trois cents « francs » par mois d'indemnité, Francesco d’Este, marquis de Massa en Lombardie et chevalier de l'Ordre, frère du duc de Ferrare, qui résidait alors à la cour‘. En attendant son arrivée, la lieutenance fut occupée par René d’Anglure, sieur de Givry, lequel ne partit de Montalcino que le 26 juillet 1558, pour rentrer en France”.
? Ses lettres de provision portent la date du 40 juillet (Bibl. Nat., ms. fr, 3915, fol. 125), mais, dès le 14 juin, il était débarqué à Civitavecchia. Soubise à Henri Il, 1555, 44 juin, Civitavecchia (Bibl. Nat. ms. fr. 20442, fol. 11120). — Cf. Mémoires de Soubise, p. p. J. Bonnet (Paris, 1879, in-8c).
* Henri IT à la république de Montalcino, 1556, 48 août, Fontainchleau (Bibl. Nat., ms., fr. 20462, fol. 25). Gianfiglazzi au d. de Florence, 1556, 5 octobre, Rome (Arch. de Florence, Mediceo, 3276 : orig.). — Cf. P. Counreauzr, BL. de Moniuc historien, pp. 310 et suiv.
* Gianfiglazzi, 1556, 21 novembre, Rome (Mediceo, 3276 ; orig.).
# Gianfiglazzi, 4557, 23 mars, Rome (Arch. cit. ; orig.)
° P. Counreaucr, Op. cil., p. 339.
*Alvarotti au d. de Ferrare, 4557, 2%4 octobre, Poissy (Arch. de Modène, Francia ; orig.). — Gianfiglazzi, 1557, 20 novembre, Rome (Medicco, 3277, fol. 269 ; orig.).
7 Franc. d’Este au prince de Ferrare, 1538, 26 juillet, Montalcino (Arch. de Modène, Fr. d’Éste ; orig.). — Arch. de Sienne, Del. Repubblica di Montalcino, VIII, 90 vo; XI, 4 ; XII, 38 vo.
Francesco d’Este avait pris congé du Roi le 12 décembre 1557, à Saint-Germain-en-Laye; il arrivait à Rome au mois de janvier suivant; le 11 mars 1558, il se mit en route pour Montalcino, où il entra le vendredi, 181. Au mois d'octobre, Francesco sollicita l'autorisation de venir à la Cour et d’y séjourner pendant une saison, afin de négocier diverses affaires’. Henri Il accorda ce congé le 15 janvier 1559 et nomma pour lieutenant intérimaire Cornelio Bentivoglio, qui se trouvait alors en France’. Bentivoglio partit de Saint-Germain le 27 février, passa par Ferrare le T mars et arriva, le 23, à Montalcino ; Francesco d’Este s’en alla aussitôt *. La situation n’était pas changée, lorsque sur vint la mort du Roi.
Sous la garde de ces lieutenants, les Siennois exilés s’efforcèrent d'établir, dans leur nouvel État, une constitution politique. Peuple singulier, qui, parmi les plus grands malheurs, cherchait encore des formes idéales de gouvernement. Déjà, au quatorzième siècle, Dante avait noté : « Futil jamais une engeance plus frivole que Sienne? Non vraiment, pas même la France.» Le cardinal du Bellay appelait ce peuple « une terrible beste ». Et Monluc se rappelait avec irritation le caractère de ses anciens protégés : « Or là, il ne me fallait pas faire le mauvais, car ils étaient plus forts que
* Henri Il au d. de Ferrare, 1557, 12 décembre, S. Germain (Arch. de Modène, Enrico IT; orig.). — Herc. Strozzi au d. de Mantoue, 1557, 17 décembre, Poissy (Arch. de Mantoue, Francia ; orig.). — Arch. de Sienne, Del. Repubblica di Montalcino, XI, fol. 2. — Fr. d’'Este au pr. de Ferrare, 1558, 1® février, 15 février, 24 février, Rome (Arch. de Modène, Fr. d’Este; orig.). — Gianfiglazzi, 1558, 11 mars, Rome (Mediceo, 3277, fol. 435; orig.). — Pasino de Giusti au card. Farnèse, 1558, 11 mars, Rome (Arcb. de Naples, Carte Farnes., fasci nuovi IL ; orig.). — Fr. d’Este au pr. de Ferrare, 155$, 49 mars, Montalcino (Arch. de Modène, Fr. d’Este ; orig.). — Arch. de Sienne, Del Montalcino, XI, 37-38.
?J. Alvarotti, 1558, 11 novembre, Paris (Arch. de Modène, Francia ; orig.).
$ Henri II au d. de Ferrare, 1559, 15 janvier, Paris (Arch. de Modène, Enrico IT; orig.). — Le card. Trivulzio au card. de Naples, 1559, 10 février, Paris (Arch. Vatic., Principi, XI, fol. 379 ; orig.). — Alph. d'Este au d. de Florence, 1559, 18 février, Paris (Mediceo, 2879; orig.).
* Cornelio Bentivoglio au d. de Ferrare, 1559, 27 février, S. Germain (Arch. de Modène, Francia ; orig.). — Le d. de Ferrare au d. de Florence, 1559, 8 mars, Ferrare (Mediceo, 2879 ; orig.). — Agnolo Niccolini au d. de Florence, 1559, 25 mars, Sienne (Mediceo, 1869, fol. 40 ; orig.). — Arch. de Sienne, Del. Montalcino, XIV, passim.
5 Enfer, XXIX, 121-123 :
.… Or fu giammai Gente si vana come la Sanese ?
Certo non la francesca si d'assai.