‹ Les guerres de religionChapitre 26 sur 51 · Arch. de Sienne, Del. Montalcino, II, 51 ve · texte numérisé non relu

Arch. de Sienne, Del. Montalcino, II, 51 ve

2 Arch. commun. de Montalcino, Memorie di governo, fol. 8.

3 Arch. commun. de Montalcino, Memnorie di governo, fol. 3.

4 R. Ancez, Nonciatures de Paul IV, I, 2, pp. 293-305.

$ $. Renard à Philippe II, 4556, 27 mai (Papiers de Granvelle, t. IV, p. 574). 8 Arch. de Sienne, Del. Montalcino, III, passim.

1 À. Serristori au d. de Florence, 16 novembre, Rome (Arch. de Florence, Mediceo, 3274, fol, 438; orig.). — A. Saraceni à la Balia de Sienne, 1555, A7 novembre, Rome (Arch. de Sienne. Lett. alla Balia, CCXXI, 24 ; orig.).

démarches fut qu’on inséra, dans le traité de ligue que signèrent Paul IV et le cardinal de Lorraine, l’article suivant, déjà cité : « Si l’on vient à s'emparer de Sienne, cette ville et son territoire apparliendront à l'Eglise ; ou bien, avec le consentement de Ja population, ils seront donnés au comte de Montorio jneveu du pape], ou à tout autre souverain que Sa Sainteté choisira‘. » Comme on le voit, cette proposition était conditionnelle : le Saint-Siège devait acheter le présent qu’on lui offrait, en aidant à l’expulsion des troupes hispano-florentines. Les fuorusciti rattachaient ainsi, fort habilement, leurs projets de revanche aux grands desseins des Carafa et du cardinal de Lorraine, en même temps qu’ils trouvaient un moyen élégant de se soustraire à la protection française, jugée par eux insuffisante. Pendant tout le mois de janvier 4556, deux personnages influents de la République, Mario Bandini et Giulio Vicri, discutèrent cette question, à Rome, d’abord avec le cardinal de Lorraine, puis avec le cardinal de Tournon?.

Soubise était venu en Toscane à contre-cœur : l'épreuve, qu'il fit du caractère des Siennois, ne l’encouragea guère à y rester. [1 demanda bientôt son congé*. Naturellement, ses administrés souhaitaient qu’il s’en allât. Le Roi lui-même, dès le mois de janvier 1556, songeait à le remplacer‘. Mais la conclusion de la trève de Vaucelles ct l'influence prédominante du Connétable dans les affaires d'État éloignèrent des choses de Toscane l'esprit du souverain ; aussi bien, il était plus prudent, si l’on voulait observer la paix, de ne pas envoyer aux Siennois de Montalcino un gouverneur qui favorisât leurs désirs. A la fin de l’été, l'orientation politique changea complètement : suivant la demande exprimée par deux ambassadeurs extraordinaires, Henri Il choisit Blaise de Monluc pour succéder à Soubise‘. Le tempérament solide.

* Voy. plus haut, I. I, ch. r.

* A. Saraceni à la Balia, 1556, 15 janvier, Rome (Arch. de Sienne, Let, alla Balia, CCXXIIL, 34 : orig.). — Del. Montalcino, III, fol. 6-8.

* Soubise au d. de Guise, 4556, 20 janvier, Radicofani (Bibl. Nat., ms. fr. 20554, fol. 6ÿ ; orig.).

* Corr. de Lanssac, t. I, p. 486.

* Voy. P. CourteauLT, Bl. de Monluc historien, pp. 310-511.

les manières décidées et l'éloquence savoureuse du Gascon répondaient à la situation. À vrai dire, les Siennois appréciaient surtout en lui l’homme de guerre.

Car ils pensaient toujours à la guerre : ils n’aspiraient qu'à rentrer dans leur patrie en vainqueurs. Depuis la chute de Port'Ercole, au mois de juin 1555, les Français en Toscane, par nécessité, étaient restés sur la défensive. Tous les efforts des fuorusciti tendaient à créer une situation générale qui obligeât leurs protecteurs à prendre l'offensive, seuls ou avec le secours du Saint-Siège, contre le duc de Florence. A l’automne de 1555, une première fois, il avaient cru saisir leur rêve. Carlo Carafa, l'ambassadeur D'Avanson, le cardinal Farnèse et son frère Octave se concertaient alors, on l’a vu, pour une grande expédition de délivrance en Toscane. Même, le duc de Parme avait rassemblé des troupes importantes dans la région de Viterbet, L'échec de ce projet causa beaucoup de peine aux exilés, qui durent supporter, quelque temps après, l'épreuve plus douleureuse encore que leur infligea la trêve de Vaucelles.

Aussi, dès qu’on annonça le départ prochain d’une expédition du duc de Guise en ltalie, s’efforcèrent-ils d’attirer « l'incendie » vers Sienne. Pendant l'automne 1556, ils mul. plièrent les démarches, même auprès de Montmorency°. Et c'est leur impatience, sans doute, qui entraîna Monluc à rompre la trêve en Toscane, avant que François de Lorraine eût passé les Alpes*. Lorsqu'’à la fin de février 1557, fut connue l’arrivée prochaine du duc à Rome, ils chargèrent aussitôt le cardinal Mignanelli, l'archevêque de Sienne, Francesco Bandini, et l'ambassadeur Andrea Landucci de le circonvenir*. Déjà Monluc, dans les derniers jours de janvier, avait dépêché un émissaire, Bartolomeo da Pesaro, à la rencontre de Guise pour le prier d’orienter son expédition du côté de Sienne*. On a vu que le général inclinait de luimême à suivre celte direction et qu'il fallut, pour l’en détour-

* Cf. plus haut 1. I, ch. r et 11. — Sur les opérations militaires en Toscane, pendant l’automne et l'hiver de 1555, lettres d’'Arnolfini, 1555, décembre, Rome (Arch. de Lucques, Ambascerie, carte orig., 584; orig.).

? Arch. de Sienne, Del. Montalcino, V, 12 ve. # P. CourTEAULT, Op. cit., p. 321.

* Del. Montalcino, V, fol. 92 vo.

$ Cf. plus haut, I. IT, ch. nr.

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