Alexandre, colonel de Hainaut, tué à Fontenoy
10. Anne, mariée en premières noces à Henri de Lorraine, prince de Lixen, tué en duel par Richelieu (voirie premier volume des Guerres sous Louis XV, p. 240) ; en secondes noces à Gaston de Levis, marquis de Mirepoix, ambassadeur, mare chai de France.
13. Mario, mariée à François-Louis, marquis de Boufflers, colonel des dragons- Orléans.
(♦) La famille de Lignivillc est une des plus anciennes familles de France. A partir de 1200, dans tous les actes des étals de Lorraine se trouve le nom de Lignivllle.
CAMPAGNE DK PORTUGAL (1762;. 129
Vaisseaux, le 18 mai, M. d'Argence (1), lieulenant-colonel; 2 B. du régiment de Cambis, le 20 mai, M. de laNoblay, lieutenant-colonel; 2 B. du régiment de la Sarre, le 22 mai, M. Montpouillan (2), brigadier; 2 B. du régiment d'Artois, le 24 mai, M. de Brienne (3), brigadier; 1 B. du régiment de Cantabre, le 31 mai, M. le cbevalier de Beauteville, lieutenant-colonel.
Le prince de Beauvau devait avoir sous lui MM. d'Egmont et de la Tour du Pin, maréchaux de camp; M. de Marbeuf, brigadier, et un major général.
Il fut arrêté que, tant qu'elles resteraient à Bayonne, ces troupes seraient aux ordres de M. le maréchal de Richelieu (qui commandait à cette époque la province de Guyenne), et à ceux de M. le prince de Beauvau aussitôt qu'elles sortiraient du royaume.
Le 8 janvier 1762, il avait été déjà question de former un camp composé de 8 B. d'infanterie (Sainl-t^hamond, 2; Royal -Vaisseaux, 2; Artois, 2; Aumont, 2); d'un détachement de 150 hommes du corps de Royal-Artillerie et d'une compagnie de mineurs. Ce corps de troupes devait être absolument aux ordres de M. de Narbonne, lieutenant général, chargé de l'expédion particulière de i'ile d'Aix. Mais l'expédition dont il est ici question semble n'avoir eu aucune suite, et ces troupes paraissent avoir été seulement destinées à la garde des côtes contre les tentatives de la marine anglaise.
La rupture entre l'Espagne et l'Angleterre devait naturellement influer sur le royaume de Portugal, ce royaume étant trop voisin de TEspagne et trop lié à l'Angleterre pour qu'il ne donnât point ombrage à l'Espagne. La France et l'Espagne sommèrent Jo-
(1) Argcnce (chevalier d'), lienlenant-colonel de la légion Royale; meslie de canip. 1758 ; brigadier, 20 février 1762.
(2) Montpouillan (Louis-Guy de Toinbebeuf, marquis de), né le 13 septembre 1714; page du roi, 22 avril 1734; liculeuant au régiment duRoi, 20 juillet 1736 ; blessé à la défense de Prague; colonel de la Sarre, 2i février 1747; brigadier, 10 février 1759 ; maréchal de camp, 25 juillet 1762.
i3) Brienne (Louis-Marie de Loménie, comte de), né le 20 avril 1730; cornette aux Cuirassiers, 8 janvier 1743; blessé gravement aux lignes de Weissembourg; colonel d'Artois, 7 août 1747, reniplaçanl son frère mort à Exiles ; brigadier, 10 février 1759.
sephi" de s'unir à elles contre l'Angleterre, la France se plaignant qu'il ne gardait pas la neutralité ou ne la faisait pas suffisamment respecter, car il était arrivé plusieurs fois que les Anglais avaient poursuivi nos vaisseaux jusque dans ses ports. Charles III conçut le projet d'attaquer les Anglais dans le Portugal, devenu pour eux, grâce au traité de Methuen (1), une sorte d'entrepôt. 11 n'y eut pas d'exemple d'une attaque aussi injuste, moins provoquée ; mais c'était un moyen de contraindre le ministère anglais à la paix. L'incapacité du roi Joseph, les conséquences du tremblement de terre qui, en renversant Lisbonne, avait ruiné les finances portugaises, l'abandon des fortifications des villes frontières, faisaient croire que le Portugal tout entier serait une conquête facile.
Au moment de la déclaration de guerre avec l'Angleterre (janvier 1762), l'armée espagnole, répartie en trois divisions, occupait les frontières du Portugal. Ces troupes n'avaient qu'un rôle d'observation, alors que la politique espagnole cherchait seulement à écarter le Portugal de l'alliance anglaise.
Le 3 mai, l'armée réunie, sous le commandement de M. de Sarria , sur la rive droite du Duero , entre en opérations et s'empare de Miranda (2) le 9, puis, le 15, de Bragance. A l'approche du détachement commandé par M. de Zucallo, lieutenant général, cette dernière ville envoya à sa rencontre des députés qui lui en remirent les clefs. La faible garnison s'était déjà retirée.
Le Portugal, devant cette agression de l'Espagne, avait, le 23 mai, publié une déclaration de guerre. A l'appel du souverain, plus de
(1) Traité ainsi désigné du nom de l'ambassadeur anglais, John Methuen, qui le fil signer en 1703 au roi de Portugal, Pierre II, et par lequel l'Angleterre s'emparait du commerce de ce pays.
(2) La corregidorie de Miraiula contient une ville éjiiscopale, douze bourgs et environ 24,000 habitants. Miranda avait des fortifications à l'antique; mais en 1762, lorsque les Espagnols vinrent l'assiéger, le magasin à poudre sauta, par un accident, enleva une partie des ouvrages, fit périr 000 hoiiimes, tant de la garnison que de ses habitants et laissa cette place démantelée : elle avait déjà essuyé des malheurs dans la guerre de la Succession. Sa position est avantageuse pour la défense de cette province, du côté du royaume de Léon, et plus encore pour favoriser les incursions des troupes légères.
100,000 paysans s'étaient armés pour la défense de leurs foyers. L'armée régulière, indépendamment de la marine et des colonies, comptait 33 B. donnant 20,000 hommes d'infanterie, et 20 E. d'environ 4,000 chevaux. Les paysans, qui marchaient sans paye, mais avec acharnement, allaient se rendre formidables aux Espagnols par leur genre de guerre, tandis que l'ignorance des généraux, la négligence ou l'indiscipline n'exposaient que trop l'armée envahissante aux surprises et aux assassinats. Après la prise de Miranda et de Bragance (1), il fut question d'aller mettre le siège devant Almeida (2); mais la plus grande hésitation régna alors pour l'exécution du plan de campagne, si tant est qu'il y en eût un, ce dont il est permis de douter.
Le 13 mai, le chevalier de Beauteville écrivait d'Aranjuez sur le Tage au duc de Choiseul : « Toutes les troupes vont passer à la rive gauche du Duero et aller faire le siège d'Alraeida, place de second ordre, à ce qu'on dit,, et qui demande un siège dans les for-
(i) L'ojdorie de Bragance contient une cilé, douze bourgs et 75,000 habitants. Cette ville est la capitale de la province ; résidence d'un évêque ; elle est située dans une petite plaine très agréable, sur les bords de la petite rivière de Fervença, à une lieue et demie de la frontière de Galice. On lui donne pour fondateur Brigo IV. roi fabuleux de l'Espagne; mais elle a une autre origine tout aussi noble et plus probable : elle fut fondée par Auguste en l'honneur de Jules César sous le nom de Juliobriga. Elle appartient à titre de duché à la maison royale. Il y a dans cette ville de bonnes fabriques de soie, velours et gourgourans *;; elle a des murs antiques garnis de seize tours et un bon château. Sa position est pareille à celle de Miranda pour les incursions des Portugais en Espagne; elle contient environ 2,700 habitants. ^D. G.)
(2) Almeida est la principale ville de la corregidorie de Pinhel et la plus forte place de guerre du Portugal; elle a six bastions royaux de pierre de taille et 6 ravelins; celui qui garde la Coria, à une derni-lieue, est d'une très grande étendue... A peu près au centre de la idace, dans une grande élévation, est un château célèbre par sa force et sa construction, avec des magasins à l'épreuve de la bombe... «■ Le siège et la prise de cette place en 1702, par l'armée espagnole, ont consommé un temps précieux, des vivres et de l'argent, le tout inutilement. La même chose arrivera toutes les fois qu'on voudra faire le même plan de campagne; cette place ne nuit ni ne sert eu rien à l'entrée en Portugal. Un préjugé enraciné nous engage souvent à aller méthodiquement faire tuer des hommes contre des remparts inutiles, parce que nos ancêtres ont eu l'absurdité systématique de la fortifier mal à propos. »
(*) Étoffe de soie des Indes.
mes. Tout cela prendra certainement du temps, surtout du train dont on y va, et j'aurai joint l'armée avant qu'on ne soit à portée de cette place. M. Wal m'a dit que le roi l'avait chargé d'écrire à M. de Vallière de venir pour les aider au siège d'Almeida, et je crois que c'est fort bien fait; vous voyez que jusqu'ici nous cheminons assez lentement et que les ennemis seront les maîtres de prendre toutes les précautions qu'ils pourront; les 12 B. français seront sûrement les très bien venus, car, quoique le roi d'Espagne ait 54 ou 56,000 hommes, il ne peut néanmoins opérer qu'avec une partie de ces troupes, ayant nécessairement à couvrir et à assurer les points essentiels du Férol, Cadix et Carthagène, qu'il ne veut point absolument dégarnir qu'il n'ait vu le parti que prendront les Anglais. Il veut aussi avoir un corps en Andalousie pour veiller sur cette partie, où les ennemis pourraient chercher à entreprendre tandis que nous opérerions entre le Duero et le Tage, hors de portée de la protéger. » (D. G., 3619, 8.)
Parmi nos officiers on augurait dès lors peu favorablement de la marche adoptée parles Espagnols, comme le fait bien voir ce fragment de correspondance : « Le plus mauvais parti qu'on puisse prendre est celui de se diviser; il semble que M. de Sarria devait marcher en force droit à Lishonne et faire ensuite sur ses derrières les expéditions et sièges, pour ne pas donner le temps au roi de Portugal de rassembler ses forces et de les augmenter par les renforts que les Anglais peuvent lui envoyer; car s'il peut avoir une armée de 25 h 30,000 hommes et que les Espagnols lui donnent le temps de préparer ses positions vers les sources de la Zezere, le siège d'Almeida deviendra difficile et occupera le reste de la campagne. Il est certain que les Espagnols n'ont aucune sorte de méthode, qu'ils marchent devant eux sans s'embarrasser de leur droite ou gauche etque leurs précautions pour leurs subsistances ne sont que momentanées. On croit qu'ils n'ont actuellement rien de mieux à faire que de marcher droit à Abrantès, s'ils le prennent; mais je doute qu'ils soient préparés à ce mouvement. » (D. G.,
Pour faciliter les marches, le prince de Beauvau forma ses troupes en six colonnes et partit à la tête de la première le 3 juin, entra en Espagne par Saint-Jean-Pied-de-Port, et fut suivi des cinq autres à deux jours d'intervalle, jusqu'à Valladolid, où la dernière
colonne arriva le 15 juillet (1). Après un séjour dans cette localité, ces 12 B. partirent, les 21 et 23 juillet, pour Salamanque où ils arrivèrent les 23, 26 et 27, et y attendirent jusqu'au 3 août, époque de leur départ pour joindre l'armée espagnole en Portugal.
Non seulement les Espagnols avaient maladroitement éparpillé leurs forces, mais ils ne sortaient pas encore dejeurs hésitations et de leurs tâtonnements. « Cette armée est toute par petits paquets, écrit M. de Beauteville au duc de Choiseul, le 6 juin, du camp de Dos Iglesias, et il me semble que jusqu'ici on ne sait ni ce qu'on
1) Tableau de la. marche des troupes se rendant de Bayonne à ValladoUd.