‹ Les guerres sous Louis XV (volume 4)Chapitre 297 sur 299 · I.KXIOIIK DKS LOIS, DHCIIKIS, K IC. ôô · texte numérisé non relu

I.KXIOIIK DKS LOIS, DHCIIKIS, K IC. ôô

pointemcnls, au delà du nombre fixé par l'ordonnance du 8 janvier 1737, resteront sans appointements aux régiments où ils sont, en attendant les places vacantes, et continueront, en vertu des lettres dont ils sont pourvus, de servir régulièrement dans leur compagnie pendant les mois de mai, juin, juillet et août seulement de chaque année; ils y auront leur logement partout, tant en marche qu'en garnison, et recevront l'étape en roule, et ensuite ils pourront s'absenter avec la permission du commandant de la place, ou celle du commandant du régiment.

Oriliiiairc. — Comme dans toutes les armées il était d'usage de se nourrir en commun, on confiait la gestion des dépenses alimentaires à un chef qui tenait les comptes, et les corvées se faisaient à tour de rôle par les soldats. Les ordonnances du 20 mars 1764, l*"^ janvier et T'' novembre 1760, 1<"' mars 1768, en arrêtèrent les bases. — Cet ordinaire se divisait en ordinaire de soldats et de sous-officiers.

Ordres militaires. — Les différents ordres militaires qui ont existé en France sont :

i° L'ordre de Saint-Rémi, créé par Clovis, le jour de son baptême, en

2" L'ordre de la Sainte- Ampoule, également institué par Clovis.

3" L'ordre de la Genefte, institué par Charles Martel en 732, à la suite d'une victoire dans laquelle on avait recueilli sur l'ennemi beaucoup de fourrures de genette, fourrure précieuse, parce que les Sarrasins avaient leurs vêtements ornés de menu vair. Cet ordre n'est plus en usage depuis

i" L'ordre de la Couronne royale, fondé par Charlemagne en 802.

'6" L'ordre de VÉtoile, créé par le roi Robert en 1022. Les dignitaires de l'ordre portaient des frémaillets qui ornaient l'armure d'une manière apparente; un anneau distinctify était attaché, sur lequel se lisait l'exergue : Monstrant regibus astra viam. Cet ordre s'éteignit sous Louis Xi.

6° L'ordre du Chien, établi en 1102 par Bouchard de Montmorency. L'insigne consistait en un collier sur lequel était gravé un chien, emblème de la fidélité jurée au roi, qui était alors Philippe I".

7" L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, ou de Malte, créé par Gérard en 1104. La croix est d'or, émaillée de blanc; elle a quatre branches et huit pointes; à deux des angles se trouve une fleur de lis.

8" L'ordre de Saint-Lazare, établi en Terre-Sainte par les croisés vers 1 1 19. La croix est d'or, à quatre branches et huit pointes, émaillée d'amarante, avec l'image de la Vierge entourée de rayons d'or. Elle se portait au cou ou en écharpe. Au dernier siècle, les quatre élèves de l'École militaire qui avaient obtenu le brevet de capacité avaient le droit de porter

une de ces croix. ' — Cet ordre militaire et religieux fut, par un édit d'avril 1664, réuni à celui du Mont-Carmel. Cette décoration, qui avait quelque analogie avec celle de Saint-Louis, se portait suspendue à un ruban couleur de feu. Il fut tenu encore en 1774 à Versailles un chapitre de Saint-Lazare.

9" L'ordre de la. Cosfe de Geneste^ fondé par saint Louis en 1234.

10° L'ordre du Chardon, établi par Louis, duc de Bourbon, en 1270.

11° L'ordre de Vécu d'or, également institué par Louis, duc de Bourbon, en 1303.

12" L'ordre de Y Hermine, créé en Bretagne par Jean IV, en 1381.

13" L'ordre de \'Éiit, fondé en 1445 par François r"", duc de Bretagne.

14" L'ordre du Croissant, établi par René d'Anjou en 1448.

15° L'ordre de Bethléem, institué en 14ol), lors des guerres contre les Turcs.

16° L'ordre de Saint-Michel, institué par Louis XI le 1''' août 1469, et qui se soutint avec éclat sous Charles VIII, Louis XII, François P'' et Henri IL Il ne devait compter que trente-six chevaliers; en le prodiguant sous François Il et (Charles IX, on le fit tomber en déconsidération.

17° L'ordre du Saint-Esprit, créé par Henri III. — Sans abolir l'ordre de Saint-Michel, ce prince résolut d'en établir un qui serait une marque de la plus grande distinction: il l'institua le l^"" janvier 1579, sous le nom de Saint-Esiv'it, parce que, le jour de la Pentecôte 1573, il avait été élu roi de Pologne, et qu'à pareil jour en 1574 il avait succédé à la couronne de France.

Il fallait être chevalier de Saint-Michel avant d'être reçu chevalier du Saint-Esprit. Cette réception se faisait le matin dans le cabinet du roi, et par lui. C'est pour cette raison que les chevaliers prenaient le titre de « chevaliers des Ordres du Roi ». Cette décoration consistait en un collier composé alternativement de la lettre H et d'une fleur de lis. A ce collier pendait une croix d'or. Le titulaire devait appartenir à la religion catholique, être gentilhomme de nom et d'armes de trois races paternelles. Cet ordre fut modifié sous Louis XIV.

18° L'ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel, fondé par Henri IV en 1608.

19" L'ordre de\a.Magdelei7ie, institué par Louis XIII en 16|4.

20° L'ordre de Saint-Louis, créé par Louis XIV. — Ce prince, sentant l'importance d'un ordre tout militaire ( 1), se complut à attacher son nom à une nouvelle chevalerie royale. 1! suivit le conseil de Vauban, en substi-

(1) ■ Jamais Louis XIV n'aurait i)u soutenir avec avantage la lutte contre l'Europe coalisée, lors de la guerre de la succession, s'il n'avait eu à sa disposition la monnaie de la croix de Saint-Louis. » (Napoléon, Discussion dans le conseil d'Élat sur l'iiislilutiuii de la Li''(/ion d'honneur.)

luaiit une croix et un ruban à des récompenses pécuniaires. Le 10 mai 1693, parut Tédit de création. La croix pouvait être accordée aux capitaines et aux officiers d'un rang plus élevé; elle ne devint que plus tard accessible aux lieutenants. L'ordre comprenait trois degrés liiérarchiques: grand-croix, commandeur ou cordon rouge et chevalier. Pour être membre de l'ordre, il fallait être catholique, avoir dix ans de service comme officier. L'insigne était une croix d'or à quatre branches et huit pointes, émaillée de blanc avec des fleurs de lis d'or dans les angles. Au milieu, un cercle entourait d'un côté l'image de saint Louis et de l'autre une épée dont la pointe s'engageait dans une branche de laurier, avec cette légende : IkUicii' cirtutis prœmium. Le ruban était couleur de feu (1).

On disait autrefois, dans le langage de la vieille monarchie : « Noblesse oblige. » Cette phrase renfermait tous les devoirs des chevaliers. Louis XIV ne doutant pas que les officiers ne redoublassent defTorts pour mériter cet ordre militaire, en portait toujours les insignes.

Généralement, on croit que tout chevalier de Saint-Louis devait être noble, et que jamais un militaire sans naissance ne pouvait obtenir cette distinction. C'est une erreur. L'ordonnance du roi touchant la nomination des chevaliers de Saint-Louis dit que la croix sera accordée aux colonels à dix-huit ans de service, aux lieutenants-colonels après vingt ans, aux majors, capitaines, lieutenants, quartiers-maîtres, trésoriers, souslieutenants et porte-drapeau après vingt-huit ans de service, les services des officiers ne comptant qu'à partir de l'âge de quinze ans et ceux des bas officiers, soldats, cavaliers ou dragons étant comptés à raison de deux années pour une. Le temps de service sera constaté par un certificat signé du mestre de camp ou colonel et des autres officiers supérieurs qui, lors de la revue d'inspection, se trouveront présents au régimenldans lequel servira l'officier proposé pour cette grâce. Une campagne de guerre sera comptée pour deux ans; le service dans les colonies sera compté comme service de guerre. A cette ordonnance est annexé un modèle de certificat qui porte les indications suivantes : né le... a commencé à servir le... soldat dans le régiment de... sergent le... sous-lieutenant le... lieutenant le... etc., etc. C'est précisément parce qu'un militaire sans naissance pouvait arriver à être officier et chevalier de Saint-Louis que son fils était dispensé de faire ses preuves de noblesse.

Les marins jusqu'à cette époque étaient récompensés par des primes en argent. L'institution de la croix de Saint-Louis ayant donné aux matelots le désir d'avoir aussi leur marque extérieure de distinction, M. de

(I) Roileau paraît avoir été le princiiial auteur de l'exergue. Racine aurait voulu que la légende lût renfermée dans ces deux mots : Ordo militaris. (Lettre de Racine à Roileau, datée du Quesnoy le 30 mai 1G93.)

Page 1